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30/06/2009

Les inégalités face aux vacances

La moitié des ouvriers partent en congés chaque année, contre 90 % des cadres... et des aides au départ inéquitablement réparties. Une fraction très minime des enfants des catégories les plus aisées, de l’ordre de 3 %, ne part pas en congés contre plus de 40 % des enfants des familles les plus démunies.

Le taux de départ en vacances a légèrement augmenté entre 1994 et 2004 [1], de 62 à 65 %. Il n’en demeure pas moins que 21 millions de personnes n’ont pas bougé de leur domicile par choix ou par contrainte selon l’Insee (Insee première n°1093 - juillet 2006). Ainsi, 37 % de ceux qui ne sont pas partis l’ont fait faute de moyens, contre 20 % par choix, 15% pour des raisons de santé et 10% pour des raisons professionnelles. Ces inégalités se retrouvent aussi dans le type de congés : les plus modestes préfèrent les longues vacances estivales (17 à 18 nuitées), principalement dans la famille, alors que les plus aisés partent moins longtemps, mais plus souvent, de préférence en circuit, à l’étranger et à l’hôtel.

Taux de départ en vacances selon la catégorie sociale

Taux de départ en vacances selon la catégorie sociale
Unité : %

1994
2004
Agriculteurs2438
Artisans, commerçants, chefs d’entreprise5767
Cadres, professions intellectuelles supérieures8690
Professions intermédiaires8078
Employés6563
Ouvriers4848
Retraités4853
Autres inactifs6066
Total6265

Source : Insee - Enquête Permanente sur les conditions de vie (EPCV)

Presque tous les cadres supérieurs partent en congés contre moins de la moitié des ouvriers. Le taux de départ progresse chez les indépendants, artisans, commerçants et agriculteurs, et de façon moins importante chez les cadres. Mais il stagne ou diminue légèrement pour les catégories moyennes ou populaires.

Taux de départ en vacances selon les revenus

Taux de départ en vacances selon les revenus annuels
Unité : euro

Taux de départ en %
Pas de revenus24,0
Moins de 3 00041,2
De 3 000 à 4 60054,7
De 4 600 à 7 00051,0
De 7 000 à 9 00049,8
De 9 000 à 12 00046,7
De 12 000 à 15 00053,0
De 15 000 à 18 00059,1
De 18 000 à 23 00060,3
De 23 000 à 27 00067,6
De 27 000 à 37 00077,3
De 37 000 à 46 00081,7
De 46 000 à 68 00088,9
68 000 et plus97,2

Total64,6

Source : Insee - Enquête permanente sur les conditions de vie. Année des données : 2004

Le niveau des revenus détermine en grande partie le fait de partir en vacances ou non : seuls 24 % des personnes sans revenu sont partis en vacances en 2004 contre près de 89 % de ceux qui ont un revenu annuel compris entre 46 000 et 68 000 euros.

Les vacances des 5-19 ans

Enfants de 5 à 19 ans qui ne partent pas en vacances (selon le statut socio professionnel de la personne de référence et le revenu de la famille)
Unité : %

1999
2004
Catégorie socioprofessionnelle
Agriculteurs exploitants46,3045,6
Artisans, commerçants, chefs d'entreprise23,5021
Cadres44,60
Professions intermédiaires19,1019,60
Employés28,7031,20
Ouvriers41,1034
Retraités40,1040,25
Autres inactifs22,8044,24
TOTAL28,3025,50
Revenu de la famille
- de 9 000 euros38,2045,9
9 000 à - de 12 000 euros43,943,20
12 000 à - de 15 000 euros40,7043,20
15 000 à - de 18 000 euros41,6035,90
18 000 à - de 23 000 euros39,2037,4
23 000 à - de 27 000 euros22,5027,50
27 000 à - de 37 000 euros20,6018
37 000 à - de 46 000 euros11,2016,40
46 000 à - de 68 000 euros8,203,60
68 000 euros et +4,202,70
TOTAL28,1025,50

Source : Observatoire des Vacances et des Loisirs des Enfants et des Jeunes (OVLEJ) Enquête permanente des conditions de vie des ménages - INSEE Enquête vacances 2004 – Direction du Tourisme

Pour un peu plus d’un quart des enfants de 5 à 19 ans, les vacances ne sont pas synonyme de départ du domicile, selon les données de l’Observatoire des vacances et des loisirs des enfants et des jeunes (OVLEJ). Le taux de départ est particulièrement faible chez les enfants d’agriculteurs (46 %), de retraités (40 %), d’inactifs (44 %) et d’ouvriers (34 %). Une fraction très minime des enfants des catégories les plus aisées, de l’ordre de 3 %, ne part pas en congés contre plus de 40 % des enfants des familles les plus démunies.

Des aides au départ en vacances inéquitablement réparties

Part des 5-19 ans bénéficiaires d'aides au départ des CAF ou des comités d'entreprise selon le revenu annuel de la famille

Comité d'entreprise (en %)
CAF (en %)
Revenu annuel en euros

< à 9 0002,606,10
9 à 12 0000,05,7
12 à 15 0002,309,0
15 à 18 0009,809,90
18 à 23 00010,408,80
23 à 27 00015,808,30
27 à 37 00020,501,60
37 à 46 00020,900,60
46 à 68 00025,502,50
> 68 00017,300,0

Source : Observatoire des Vacances et des Loisirs des Enfants et des Jeunes (OVLEJ) - Enquête permanente des conditions de vie des ménages - Insee, Enquête vacances 2004 – Direction du Tourisme

Un peu plus d’un quart des 5-19 ans dont le revenu annuel de la famille est compris entre 46 000 et 68 000 euros partent en vacances grâce à des aides de comités d’entreprise. A peine 6 % de ceux dont le revenu de la famille est compris entre 9 000 et 12 000 euros par an bénéficient d’aides de la Caisse d’allocations familiales (Caf) pour espérer quitter leur domicile pendant les vacances solaires, aucun de ceux-là ne reçoit d’aides de comités d’entreprise. La population aux revenus les plus bas ne dispose pas des aides au départ proposées le plus souvent par les comités des grandes entreprises et qui profitent plutôt aux enfants des cadres supérieurs. Quant aux aides des Caf, elles semblent mal réparties et ne ciblent pas en priorité les familles qui en auraient le plus besoin.

En savoir plus : "Les vacances 2004", Insee résultat n°86, coll. Société, Insee, octobre 2008. Lire en ligne.

[1] Dernière année disponible, l’Insee ayant arrêté de publier des données sur le sujet


Observatoire des Inégalités - 30.06.09

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