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02/07/2009

2009, année noire pour l'emploi des cadres

Après les ouvriers et les employés, les cadres découvrent à leur tour l'ampleur de la crise. L'Association pour l'emploi des cadres (APEC) prévoyait, début 2009, une baisse de 17 % de recrutements de cadres cette année, mais la chute serait plus sévère, puisqu'elle serait de 27 %, avec 145 000 recrutements. Comparé aux années 1990-1993 ou à la récession de 2002-2003 après l'éclatement de la bulle Internet, "la baisse serait deux fois plus forte", indique l'APEC, jeudi 2 juillet, qui a réactualisé ses prévisions annuelles.

Un record d'embauches avait été battu en 2007 avec 208 900 recrutements, chiffre à ne pas confondre avec des créations nettes de postes. Mais, depuis Noël, le nombre d'offres d'emploi diffusées – pas toujours suivies d'une embauche surtout en cette période – s'effondre (- 31 %) tous secteurs confondus, sauf dans les fonctions cadre de la santé, du social et de la culture (+ 8,1 %).

Le remplacement de partants est le premier motif pour chercher quelqu'un en externe et le recours aux jeunes diplômés se réduit, alors qu'un an avant les besoins de nouvelles compétences étaient la première raison d'une embauche de cadre. Cette raréfaction des postes à pourvoir s'explique par la baisse du niveau des investissements dans les entreprises. "La période est difficile", reconnaît le nouveau président de l'APEC, Eric Verhaeghe, issu du patronat de l'assurance (FFSA), tout en soulignant "qu'il subsistait des opportunités" dans le secteur financier ou le taux de remplacement des départs en retraite sera proche de 100 %.

Selon M. Verhaeghe "il vaut mieux cibler les entreprises ou le métier vers lesquels on veut aller", "la technique consistant à inonder les entreprises de CV est une stratégie perdante". En outre, "l'alternance, y compris à bac + 4 est une formule considérée comme nécessaire par les recruteurs", a-t-il dit. La rémunération en contrat de professionnalisation est de 55 % du smic pour les moins de 21 ans, 70 % (plus de 21 ans) et 100 % (ou 85 % du minimum conventionnel) pour les plus de 26 ans.

Par ailleurs, les cadres pourraient être davantage concernés par le chômage partiel. En théorie, il n'est pas possible d'être concerné par le chômage partiel pour un cadre qui ne compte pas ses heures et dont les heures sup sont compensées par des RTT, sauf si l'établissement est fermé. Depuis mars, l'administration prône une interprétation souple de la règle et le chômage partiel peut être décrété, sans attendre la fermeture totale de l'établissement mais dès l'arrêt d'une entité autonome, comme une unité de production, un service, ou même une équipe projet. Le patronat voudrait pousser les feux plus loin et modifier le code du travail, s'il obtient l'accord des syndicats dans le cadre de sa négociation sur les mesures d'urgence face à la crise d'ici à la mi-juillet.

Le Monde - 02.07.09

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