À procura de textos e pretextos, e dos seus contextos.

07/06/2010

Instituições de solidariedade social sentem a crise e adiam projectos por falta de dinheiro

Casos de fome entre as crianças aumentam a cada dia, são já 94 mil a depender do Banco Alimentar

Os agricultores da CNA manifestaram-se à porta do Ministério

Entrevista ao Padre Lino Maia

"Este Sábado", a jornalista Rosário Lira entrevista o Padre Lino Maia, presidente da Confederação das Instituições de Solidariedade Social, a propósito do impacto das medidas de austeridade no tecido social.


http://tv1.rtp.pt/antena1/index.php?t=Entrevista-ao-Padre-Lino-Maia.rtp&article=2038&visual=11&tm=16&headline=13

Método para confirmar se o valor da pensão da aposentação calculado pela CGA está certo

Eugénio Rosa

Devido a erros e às sucessivas correcções que se têm verificado no simulador da CGA após a publicação da Lei 3-B/2010, que alterou novamente o Estatuto da Aposentação, de que fomos informados por email, muitos trabalhadores duvidam, e com razão, desses cálculos, e têm-me pedido ajuda para os confirmar. Na impossibilidade de o fazer, decidi elaborar este documento onde explico, com base na legislação em vigor, a forma como é calculada a pensão da aposentação. Mesmo se não se tivesse verificado erros no simulador da CGA, é muito importante que cada trabalhador confirme o resultado desses cálculos assim como depois os feitos pela CGA quando se aposentar para ter a certeza de que eles estão certos. A experiência já me mostrou que vale a pena, pois nem o simulador da CGA nem a própria CGA são infalíveis, e se o trabalhador não fizer esse controlo poderá ser lesado. Por isso aconselho a que todos o procurem fazer, até porque não é difícil a cada trabalhador fazer se conhecer os passos que deve dar e os cálculos simples que deve fazer. - COMO SABER SE A PENSÃO DE APOSENTAÇÃO CALCULADA PELO SIMULADOR E PELA CGA ESTA CERTA

http://www.eugeniorosa.com/default.aspx?Page=1050

La flottille et l'escamotage de la question nucléaire

Selon un principe énoncé par Chomsky, les faits importants ne sont pas «cachés», en ce sens qu'en cherchant, on les trouve dans la presse internationale. En revanche, ils sont minorés par la place qu'ils occupent dans l'espace médiatique: le commentaire est soit totalement orienté et/ou farfelu soit, pour les sujets vraiments importants, le commentaire est totalement absent. L'idée est que les décideurs (politiques et, surtout, économiques) ont besoin d'être informés pour prendre les «bonnes» décisions (selon leurs propres critères); l'info est donc largement publique et accessible. En revanche, pour éloigner les citoyens de décisions qui les concernent pourtant directement, cette information doit être diluée et traitée comme si elle n'avait aucun intérêt.

Concernant l'attaque par Israël de la flottille internationale, il est donc intéressant de s'attacher au fait brut et, surtout, de rechercher les sujets qui sont totalement occultés. Chercher des faits ayant un rapport qui sont apparus dans la presse, mais qui ne sont pas commentés et ne sont pas réapparus depuis.

On peut s'aider en repérant l'aspect aberrant de certains commentaires, qui abordent le sujet selon un certain axe délirant. Se demander pourquoi le sujet est abordé sous cet axe, mais pourquoi le traitement et la conclusion sont aussi farfelus. L'axe général permet de détecter qu'il y a bien là une préoccupation profonde de l'auteur, et l'aspect aberrant permet de suspecter qu'on tente de s'éloigner du fond du problème (effet «nuage de fumée»).

Parmi les commentaires «bizarres» du moment, il y a cette prétention régulière selon laquelle l'action israélienne «profite aux extrémistes des deux camps», que le Hamas et le gouvernement israélien sont des alliers objectifs dans cette affaire, dans le but d'éloigner autant que possible la possibilité d'aboutir à la paix.

C'est exactement l'objet du communiqué des fumistes de JCall: «Arraisonnement de la flottille à Gaza : une crise qui ne profite qu’aux extrémistes des deux bords». C'est le sujet fréquent de bon nombre de commentaires en ce moment.

Pourtant, il est évident que la logique même de cette assertion est inepte. Ça n'est pas mon sujet ici, je ne vais pas développer ce qui me semble relever de l'évidence. Ce qui est intéressant:

  • pourquoi aborder le sujet sous l'angle des «négociations» (qui, en la matière, sont inexistantes et seraient basées sur des présupposés israéliens illégaux et inadmissibles – dont, notamment, la poursuite du blocus de Gaza et de la colonisation),
  • pourquoi présenter cette idée qu'un quelconque «processus» a été interrompu ou compromis par l'action israélienne contre la flottille?

Et là, si l'on cherche du côté des «processus» et des «négociations», qui concernent et préoccupent Israël et les fondements de sa «sécurité nationale», on a justement deux événements survenus quelques jours à peine avant la décision de transformer l'arraissonnement de bateaux civils en bain de sang dans les eaux internationales. Deux événements énormes, aux conséquences vitales, événements connus mais qui ont désormais totalement disparu de l'ensemble des commentaires. Si j'étais la «mouvance pro-palestinienne» (voir mon billet précédent), je me concentrerais actuellement sur ces sujets.

Le premier événement est énorme, et on a déjà vu le déploiement de la mauvaise foi occidentale pour tenter d'en contourner les conséquences. Le 21 mai, Alain Gresh l'analysait sur son blog: «Iran, vers “une communauté internationale” post-occidentale?»
«Finalement, tout s’est arrangé : M. Recep Erdogan a fait le déplacement à Téhéran et il a scellé, le 17 mai, son entente avec le président Lula da Silva et Mahmoud Ahmadinejad sur un texte en dix points qui trace une voie pour résoudre la crise sur le nucléaire iranien.»
Alain Gresh décrit les manœuvres occidentales pour enterrer un accord qui, pourtant, correspond point par point aux exigences de l'AIEA formalisée en octobre 2009, accord qui devait, alors, marquer l'arrêt du processus de sanctions et permettre l'ouverture de nouvelles négociations:
«Que dit le texte signé sous leur égide ? D’abord que, conformément au TNP, l’Iran a droit à l’enrichissement ; ensuite, que le pays accepte l’échange de 1 200 kilos d’uranium faiblement enrichi (UFE) contre 120 kilos d’uranium enrichi (UE) à 20%, indispensables au fonctionnement de son réacteur de recherche ; que les 1200 kilos d’UFE seraient stockés en Turquie, le temps que l’Iran reçoive ces 120 kilos d’UE ; que l’Iran transmettrait à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dans la semaine suivant le 17 mai, une lettre officielle formalisant son accord. En renonçant à une partie importante de son uranium, Téhéran limite sérieusement ses capacités à produire une bombe.»
Ban Ki-moon a salué l'accord:

«Le secrétaire général de l'ONU “salue l'initiative du président brésilien Lula et du Premier ministre turc (Recep Tayyip Erdogan)”, a indiqué le porte-parole de M. Ban, Martin Nesirky.
“Cela souligne que transparence et ouverture sont les clefs pour répondre aux préoccupations exceptionnelles que suscite le programme nucléaire iranien”, a-t-il ajouté.
“L'accord peut être une avancée positive (...) s'il est suivi d'une coopération plus étendue de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et la communauté internationale”, a dit le porte-parole.

La lettre officielle prévue dans l'accord a bien été remise par l'Iran à l'AIEA la semaine suivante:
«Lundi, l'Iran a remis la lettre de notification de l'accord tripartite signée par le chef de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne (AIEA), Ali Akbar Salehi, au cours d'une réunion à la résidence du directeur général de l'AIEA à Vienne.»
Nous avons un accord, à l'initiative de la Turquie et du Brésil, signé par l'Iran, correspondant aux exigences d'octobre dernier. Il est salué par le secrétaire général de l'ONU, et l'Iran signale formellement l'accord à l'AIEA.

Pourtant, avant-hier, on nous annonce avec joie que, suite à la rencontre entre Angela Merkel et Dimitri Medvedev, des santions pourraient être prises contre l'Iran. Cette dépêche de l'AP, à l'image de l'ensemble des commentaires médiatiques sur cette rencontre, n'évoque à aucun moment l'accord signé il y a deux semaines.

Et, il y a à peine une heure, le Monde nous informe des conclusions d'une nouvelle réunion de l'AIEA. L'accord turc-brésilien-iranien est totalement occulté, et seul le sujet des «sanctions» est abordé. On ne saura pas pourquoi l'accord n'a aucune «importance», et rigoureusement rien ne permet au lecteur de se poser la question.

Un autre accord international doit être rappelé. Le 28 mai (trois jours avant l'attaque contre la flottille), un accord du TNP appelle à un Moyen-Orient dénucléarisé.
«C'est un accord crucial auquel sont arrivés, vendredi 28 mai, les 189 pays signataires du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en adoptant par consensus un document qui propose de débattre sur l'interdiction totale des armes de destruction massive dans tout le Moyen-Orient. Il s'agit du premier accord de révision du TNP en dix ans. Il évoque également d'autres volets de la non-prolifération, comme le désarmement, la vérification des programmes nucléaires nationaux pour assurer qu'ils sont pacifiques, et l'usage pacifique de l'énergie atomique.»
[...]
«Cette conférence implique donc la présence de l'Iran et d'Israël. Une "zone dénucléarisée" au Moyen-Orient aurait plusieurs conséquences, en premier lieu obliger Israël à signer le TNP, qui date de 1970, et à renoncer à son arsenal atomique, dont il n'a jamais reconnu ni démenti l'existence. Israël serait également tenu de placer ses installations nucléaires sous surveillance de l'Agence internationale de l'énergie atomique.»
Une mise en cause du nucléaire israélien dans une grande instance internationale, voilà qui n'est pas commun. Qui plus est, rompre l'approche unilatérale du «nucléaire iranien» en liant cette question à l'ensemble de la région, on sent le danger pour les israéliens (on ne doute évidemment pas que les Iraniens utiliseraient cet argument, avec cette fois la légitimité d'une déclaration du TNP).

Enfin, pour vraiment se rendre compte du danger: l'ami américain n'a pas mis son véto, ni fait de déclaration suggérant que le machin serait rapidement enterré. Au contraire:
«Washington s'est engagé à œuvrer au succès d'une telle conférence en "créant les conditions" nécessaires, selon Ellen Tauscher, sous-secrétaire d'Etat chargée du contrôle des armements et de la sécurité internationale. Peu après l'accord, le président Obama s'est réjoui de cette avancée. "Cet accord comporte des étapes équilibrées et réalistes qui feront avancer la non-prolifération, le désarmement nucléaire et l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, qui sont des piliers importants du régime global de non-prolifération". Toutefois, M. Obama s'est dit "fortement" en désaccord avec le fait que la conférence ait singularisé Israël.»
Et trois jour plus tard, l'intervention héroïque de l'armée israélienne dans les eaux internationales avait pour effet, non de retarder un inexistant «processus de paix» israélo-palestinien, mais de faire totalement disparaître de l'agenda international et des commentaires publics ces deux événements portant sur le nucléaire iranien et sur le nucléaire israélien.

On lit beaucoup de commentaires sur l'effet désastreux de l'attaque sur un hypothétique processus. Question totalement saugrenue. En revanche, l'effet spectaculaire de l'intervention israélienne, c'est l'escamotage pur et simple du calendrier politique et médiatique des avancées sur le nucléaire iranien et de sa mise en perspective officielle avec le nucléaire israélien.

Vraiment, si j'étais la «mouvance», je consacrerais toute l'énergie possible à remettre ces deux événements au centre du commentaire public. Car au-delà du martyre intolérable de Gaza, c'est la sécurité globale de la région et la possibilité d'une nouvelle guerre régionale qui sont en jeu.

http://tokborni.blogspot.com/2010/06/la-flottille-et-lescamotage-de-la.html

¿Por qué necesitamos Banca Pública?

Alberto Garzón Espinosa

La crisis financiera internacional ha recuperado el debate sobre la propiedad privada o pública de la banca. Los millonarios rescates bancarios acometidos por diferentes gobiernos (con Estados Unidos y Reino Unido a la cabeza), los extraordinarios beneficios que han tenido los directivos antes, durante y después de la crisis, la distorsión generalizada que han provocado con sus actividades especulativas… y la sin duda sangrante consecuencia final de la crisis: el pago de la misma por las clases populares que nada han tenido que ver en la gestación de la misma. Todo ello está ahora mismo encima de la mesa.

El debate no es sólo moral, como podría parecer en primera instancia, sino que va mucho más allá. Se trata, también, de una cuestión económica de cuya resolución dependerá el futuro de la actividad económica mundial. No en vano, hablamos del funcionamiento de un sector crucial para el capitalismo.

Costas Lapavitsas, profesor de la School of Oriental and African Studies (SOAS) de la University of London, y miembro del Research on Money and Finance (RMF), escribió el año pasado un paper en el que argumentaba las razones por las que, según él, era necesario abogar por una Banca Pública. Recupero aquí las principales aportaciones de aquel documento, que en todo caso recomiendo leer al completo, de cara a fortalecer nuestros propios argumentos.

Para Lapavitsas la actual es una crisis sistémica, y no accidental. Estaríamos ante los efectos más drásticos de la transformación que el capitalismo contemporáneo acometió en torno a la década de los setenta y ochenta. Dicha transformación, resultado de las reformas políticas de los gobiernos de inspiración neoliberal, habría llevado a la banca a perder la cuota de mercado que tenía con las grandes empresas productivas. Éstas, aprovechando el nuevo contexto financiero (bautizado por muchos autores con el término de “financiarización“) habrían reducido su dependencia de los bancos gracias a una mayor facilidad para financiarse a través de operaciones de mercado abierto (fundamentalmente a través de la emisión de acciones y títulos). Los bancos, en respuesta a ello y para mantener los niveles de rentabilidad previos, habrían desplazado su actividad en dos sentidos: involucrándose de forma creciente en operaciones de mercado abierto e intensificando sus relaciones con los trabajadores individuales.

La crisis habría puesto de manifiesto la debilitad de dicho esquema. Las operaciones de mercado abierto habrían sido fundamentalmente especulativas, derivando en una fuerte inestabilidad financiera, y la intensificación de la actividad sobre los trabajadores individuales habría llevado a lo que se define como “expropiación financiera” de los bancos sobre los trabajadores, agudizando la desigualdad y la transferencia de rentas desde las clases sociales más desfavorecidas hacia los directivos bancarios y los accionistas de los bancos. El estallido final de la crisis habría supuesto, también, una fuerte transferencia desde el sector público hacia el sector privado; las inyecciones de capital y la compra de activos tóxicos habrían sido, además, ineficaces al no conseguir recuperar los flujos de crédito hacia las empresas.

La necesidad de una Banca Pública tendría dos pilares fundamentales. El primero, superar la crisis actual de forma justa y verdaderamente eficiente. El segundo, recuperar el sentido del sistema financiero y promover que el mismo sea un canal efectivo de transferencia de capital hacia la inversión productiva. Además, se plantea, serviría también como parte de una estrategia más amplia de recuperación del poder económico y democrático de la ciudadanía.

Efectivamente, las inyecciones de liquidez, los tipos de interés cero, la compra por parte del Estado de activos tóxicos (títulos financieros que ya no valen nada y que permanecen a precios ficticios en los balances bancarios disimulando así las pérdidas reales), y otras medidas del mismo sentido, no han tenido el éxito esperado. Han servido para recuperar la rentabilidad de los bancos, y de ahí que publiciten tantos beneficios en años de crisis, pero no se ha reactivado el flujo crediticio. ¿Cómo es posible? Fundamentalmente porque todas esas inyecciones de dinero público se han destinado a nuevos procesos de inversión financiera especulativa y no de financiación de la inversión productiva. Es decir, los bancos que recibían dinero barato de los bancos centrales lo destinaban a prestárselo a otras unidades económicas a precios mucho más caros (incluyendo al propio Estado a través de la deuda pública).

Los bancos no se atreven a reconocer las pérdidas porque tendrían que enfrentar una posible quiebra y una caída espectacular en la cotización de sus acciones. Por eso los estados están ayudando en todo el mundo a los bancos de una forma muy poco transparente. Y, como salvaguarda de los principios del sacrosanto mercado, tampoco pueden controlar a qué destinan los bancos el dinero. De ahí que durante la crisis escucháramos a presidentes como Zapatero casi pedir por favor a los bancos que movieran el dinero a la economía.

La Banca Pública sería una alternativa mucho mejor para enfrentar todos estos problemas. En primer lugar, restauraría al completo la confianza en los mercados. Al estar su actividad respaldada por el Estado, no habría razones para dudar de sus solvencias, y reduciría las tensiones en los mercados interbancarios (reduciendo los tipos LIBOR y EURIBOR). En segundo lugar, se solucionarían también los problemas de falta de transparencia, falta de democracia y, claro está, de solvencia. No habría razones para ocultar pérdidas, y la liquidez se recuperaría. En tercer lugar, se podría establecer un criterio justo y solidario para pagar el coste de dichas pérdidas, diversificando el mismo entre clases sociales.

En lo que respecta al comportamiento de largo plazo, los bancos privados se han comportado -como es lógico- como empresas capitalistas maximizadoras de rentabilidad y, como es propio del contexto actual, basando su actividad en un cortoplacismo que ha obviado las estrategias a medio y largo plazo. En su labor original los bancos privados se han mostrado muy poco eficientes. Así, han destinado los recursos a actividades especulativas, dejando de lado la financiación de la economía real y llevando a menores tasas de crecimiento económico en todo el mundo desarrollado. El sistema financiero, en definitva, se ha distorsionado y no está cumpliendo su función.

La banca pública sí puede cumplir esas exigencias de forma satisfactoria. Las grandes empresas no se financian a través de los bancos, pero sí las medianas y pequeñas empresas así como también los hogares. Un sistema financiero eficiente propulsa la demanda agregada a través del incremento de la inversión y del consumo, llevando a mayores tasas de crecimiento económico. Además, el funcionamiento “ético” de la Banca Pública tendría prohibidas las actividades especulativas y las prácticas depredatorias (altos tipos de interés, estafas, etc.) con los trabajadores individuales. La Banca Pública se convertiría así en el instrumento más eficaz para hacer política económica, pudiendo dirigir las decisiones de inversión de las empresas y, por ejemplo, ayudar en la configuración de un nuevo modelo productivo (fomentando a través de líneas de crédito barato, por ejemplo, la inversión en sectores estratégicos como las energías renovables).

Lapavitsas precisa algunas puntualizaciones finales. No se trataría de una simple sustitución de gestores privados por burócratas estatales, sino de un cambio profundo y radical en la naturaleza de la misma institución. Una banca pública que estuviera organizada democráticamente, con unos criterios sociales bien diferenciados y con total transparencia y representación social. Y dentro de un marco de cambio económico en el que se revertiera la tendencia regresiva de las políticas económicas, llevando fundamentalmente a una recuperación en la provisión de servicios públicos por parte del Estado.

Para llevar a cabo todo esto y poder reiniciar un ciclo económico expansivo, Lapavitsas insiste en que no hacen falta técnicos cualificados (que los hay, y muchos en paro) sino simple voluntad política. He ahí la cuestión.

http://www.revistapueblos.org/spip.php?article1888

Las aguas del señor

Allan Macdonald

http://www.rebelion.org/

En defensa del déficit público

James K. Galbraith

La Comisión Simpson-Bowles1, amparada en las farisaicas enaguas de la reducción del déficit público, acaba de declarar –por boca de su Presidente- que propondrá recortes a la Seguridad Social. (Quizás, para rememorar su ecológico pasado, el ex Senador Alan Simpson se da a la prometeica tarea de podar la Seguridad Social). La congelación del gasto público por parte de Obama constituye otro sacrificio simbólico a los dioses del déficit. La mayoría de los observadores cree que la referida decisión no tiene vuelta atrás pero, ¿qué ocurriría si la tuviera? La respuesta es que una reducción demasiado grande del déficit público puede destruir la economía (o lo que queda de ella) y conducirnos, en un par de años, a una Gran Depresión.

Precisamente por eso la fobia al déficit que predomina en Wall Street, en la prensa, entre algunos economistas y prácticamente, entre todos los políticos es, en realidad, uno de los mayores peligros al que nos enfrentamos actualmente. No se trata, tan sólo, de los pensionistas: ¡todos estamos amenazados! De hecho recortar el déficit público sin reconstruir, previamente, el engranaje del crédito privado es un camino, casi seguro, a la estagnación, a la recesión e incluso a una posible Gran Depresión. Asimismo, obsesionarse demasiado en garantizar recortes del déficit público a largo plazo, también puede contribuir a obstruir aquello que es necesario hacer para reestablecer un crecimiento fuerte y una recuperación del empleo.

Dicho crudamente: sólo hay dos maneras posibles de lograr crecimiento económico a largo, generando déficit público o concediendo préstamos bancarios. Los Gobiernos y los bancos son, de hecho, las dos únicas instituciones con poder para crear algo de la nada. Si de lo que se trata es de aumentar la capacidad de inversión, necesariamente, uno de esos dos grandes motores financieros tiene que ponerse en marcha.

Para el ciudadano de a pie el déficit público es, pese a su mala reputación, mucha mejor idea que los préstamos privados. De hecho es una forma de que el dinero llegue –limpio de polvo y paja- a sus bolsillos, listo para empezar a gastar cuando quiera y en lo que quiera… incluso, para saldar sus deudas. Eso es lo que, técnicamente hablando, se llama un “aumento del patrimonio financiero líquido”. Para la gente de la calle eso es bueno pero para los bancos no, porque no ganan nada...

Y eso es, precisamente, lo que explica las fobias clásicas de las bolsas, de las grandes empresas y de los economistas de derechas. A los banqueros no les gusta nada el déficit fiscal porque compite con los préstamos bancarios como fuente de crecimiento. Cuando un banco presta, sus ganancias también lo hacen porque hay intereses que alguien tiene que pagar e incluso, si la deuda no puede ser saldada, puede terminar habiendo un activo financiero –en forma de inmueble, fábrica o empresa- del que se terminará apropiando el banco. Aparentemente sencillo ¿verdad?

Pues no tanto, porque aunque todo esto debería resultar evidente, suele permanecer opaco. Y suele permanecer opaco porque legiones de esbirros de Wall Street –coordinados, sobre todo, por la Fundación Peter Peterson pero también por el ex Contralor General David Walker; el ala derecha del Partido Demócrata, con Robert Rubin a la cabeza y numerosas iniciativas “bipartidistas”, como la Coalición Concordia o el Comité para un Presupuesto Federal Responsable- trabajan arduamente para generar la mayor confusión pública posible en estos asuntos. De hecho, todos esos irresponsables no expresan, jamás, la más mínima autocrítica por la crisis financiera que se originó en Wall Street y les estalló en sus narices. Al contrario, ellos siempre advierten -con un cinismo impresionante- que los Gobiernos podrían ser generadores de “subprimes” y de “Pirámides Ponzi” [NDT: timos], cosas que no son ciertas.

Ésas son, también, las persona a las que les encanta la vieja cantinela de que la Seguridad Social está en “bancarrota” o aquella otra de que la “pesada carga” del déficit público “la terminarán pagando nuestros nietos” o decir que “estamos endeudados hasta las orejas”. Todas esas idioteces no son más que parte de una de las mayores campañas de desinformación de todos los tiempos.

Dicha campaña se fundamenta en lo que muchos llaman “sentido común”. De hecho es fácil vender como “sabiduría casera” que los Gobiernos no pueden, como las familias, “vivir por encima de sus posibilidades”. El problema es que los Gobiernos no son como las familias: éstas últimas dependen de las rentas para saldar sus deudas, y los Gobiernos no.

Además, en el peor de los casos, los deudores privados pueden quebrar: la bancarrota es una protección que brindan las sociedades civilizadas como alternativa al sistema penitenciario. La otra es que, si se trata de hipotecas, los deudores pueden hacer entrega de los bienes que no han podido pagar y punto.

En el caso de los Gobiernos no hay riesgo de impago. Por eso gastan dinero (y pagan intereses) sin importarles demasiado. Lo curioso es que, a diferencia de los deudores privados, no necesitan liquidez. Como le gusta subrayar al agudo economista Warren Mosler, el funcionario de Hacienda que firma los cheques de la Seguridad Social no sabe quién es y mucho menos conoce el teléfono del colega que recaudó esos impuestos. De hecho si usted, de repente, desea pagar sus propios impuestos en dinero contante y sonante, el Gobierno de turno le dará un recibo y ya le cobrará. Como es la fuente de dinero, siempre está ahí.

Quizás por eso los Gobiernos gastan impunemente. Se trata, además, de gastos sin costo ya que la inflación se puede eliminar, por ejemplo, vía depreciación de la moneda nacional. El gasto suntuario –por ejemplo, en aventuras militares innecesarias- seca las fuentes reales de recursos pero lo bueno es que ningún Gobierno puede quebrar jamás en la moneda que él mismo controla. Las moratorias de deuda ocurren, solamente, cuando los Gobiernos que las decretan no controlan la moneda en la que se endeudan –como Argentina, que tenía deuda en dólares o ahora Grecia que, aunque todavía no ha decretado una moratoria de pagos, debe en euros. Sea como fuere, cuando la soberanía es un hecho real, la bancarrota es un hecho irrelevante. Cuando Obama afirma, inopinadamente, que Estados Unidos “no tiene dinero”, dice algo sin sentido y por ende peligroso: me pregunto si él mismo se lo cree.

Tampoco es cierto que el déficit público sea una herencia envenenada para las generaciones venideras. De hecho, más bien, nunca termina de pagarse ni se terminará de hacerlo. Las deudas personales se son contraídas durante la vida del deudor o incluso a su muerte pero son difícilmente heredadas. El déficit público, por el contrario, siempre está ahí porque los Gobiernos nunca mueren y aún en el improbable caso de que lo hicieran (como consecuencia de una guerra o de una revolución) nadie heredaría ese fardo.

El déficit público siempre aumenta. Estados Unidos siempre ha tenido –salvo en seis cortas ocasiones seguidas, todas ellas, de recesión- presupuestos deficitarios. Ello, lejos de suponer una pesada carga, ha constituido la espoleta del crecimiento económico. Los títulos de deuda pública, a diferencia del endeudamiento privado –que únicamente transfiere rentas de una parte del sector privado a otra- alimentan la liquidez de las empresas.

Los que son una amenaza para la solvencia son los intereses. Una reciente proyección del Centro de Presupuesto y Prioridades Políticas –basada en simples declaraciones de la Oficina Presupuestaria del Congreso (que es un gabinete encargado de realizar análisis presupuestarios para el Congreso de Estados Unidos)- afirma que el pago de intereses de la deuda pública frisará el 15% del PIB en 2050, lo que supondría un déficit total de, aproximadamente, un 300%. El problema es que eso es, sencillamente, imposible. Si los intereses se pagasen a personas que lo más lógico es que gastasen en bienes y servicios generadores de empleo, entonces estaríamos hablando de una forma de gasto público como otra cualquiera. Pagos de intereses de esa categoría afectarían a la economía tanto como la movilización para la Segunda Guerra Mundial. Lo más irónico del asunto es que, mucho antes de llegar a esos extremos, alcanzaríamos pleno empleo con una inflación creciente que dispararía el crecimiento económico y estabilizaría la deuda. Lo que en ese improbable caso probablemente haría la Reserva Federal sería garantizar el pago de intereses manteniendo los tipos de interés a corto a precios muy bajos.

¿Y qué decir de los extranjeros? ¿Acaso es cierto que nos hacen un favor comprándonos títulos de deuda? Para hacer eso China, por ejemplo, tiene que vendernos bienes sin que nosotros [NDT: Estados Unidos] podamos venderles nada a cambio. Eso supone un esfuerzo para China; un esfuerzo que Pekín está dispuesto a realizar porque tiene razones para ello: exportar productos industrializados promueve la formación de la fuerza de trabajo, las transferencias de tecnología y mejora de la calidad de los productos manufacturados. Todo esto activa, además, la generación de empleo. Pero esas son cosas de los chinos.

Para China los títulos de deuda son una especie de tesoro sin valor. Pekín no puede hacer gran cosa con ellos. China ya importa todas las materias primas, maquinaria y aeronaves que puede utilizar y si quisiera más, compraría más. Entonces, a menos que Pekín decida cambiar su política de exportación, su stock de títulos de deuda estadounidense seguirá creciendo… y nosotros [NDT: Estados Unidos] vamos a seguir pagando los intereses que esos títulos generan, pero no con un esfuerzo real, sino digitando números en ordenadores… y eso no cuesta nada: ni ahora ni nunca. (Si los chinos acumulasen los intereses, podrían ayudarnos a crear empleo. Así que el hecho de comprar muchos bienes a los chinos implica que tendremos que ser muy imaginativos y audaces si lo que realmente deseamos es crear todo el empleo que necesitamos). Una última cuestión ¿China podría vender sus dólares? En principio podría hacerlo comprando, por ejemplo, deuda griega (lo que revalorizaría el euro frente al dólar). Lo que ocurre es que, si se reflexiona bien, no da la impresión de que a ningún burócrata chino eso le parezca una buena idea.

Lo que es cierto para el Gobierno como un todo, también lo es para sus partes. Lo es, por ejemplo, para la Seguridad Social, que ni puede declararse en quiebra ni dejar de pagar por las buenas, salvo que el Congreso decida –o digamos mejor, que el Congreso, siguiendo las recomendaciones de la Comisión Simpson-Bowles- decida cerrar el grifo. El argumento que vincula la viabilidad de la Seguridad Social a una supuesta curva descendente de las cotizaciones sociales es definitivamente falaz y tiene motivaciones políticas de fondo. Ese planteamiento es una farsa. El primero en emplearlo fue Franklin Delano Roosevelt quien, así, pretendía proteger a la Seguridad Social de los intentos de recorte. Paradójicamente, su argumento terminó sirviendo para todo lo contrario: ahora se ha convertido en una recurrente forma de generar ansiedad y en el mejor argumento para evitar la expansión universal del sistema de Seguridad Social.

La Seguridad Social es un programa público que se financia a partir de las cotizaciones. Promueve, por consiguiente, la circulación de recursos en un lapso determinado de tiempo. La principal circulación no va, como suele creerse, del joven hacia el mayor puesto que incluso si la Seguridad Social no existiera alguien se ocuparía de los ancianos. Lo que suele argumentarse, de hecho ocurría, más bien, antiguamente: los más jóvenes se ocupaban de sus mayores. Desde que la Seguridad Social existe eso ya no es igual: la transferencia real, efectiva, se da de los padres que tienen hijos hacia los que no los tienen y de los jóvenes cuyos progenitores han fallecido hacia los padres que no tienen descendencia. En ambos casos se trata de una distribución equitativa, progresiva y sobre todo sostenible. Es cierto que hay un problema con el coste de la asistencia médica pero, también, que ese no es un problema de la Seguridad Social. No es algo que, por consiguiente, deba resolverse a través de recortes en la asistencia sanitaria, precisamente porque, si por algo se caracteriza la asistencia sanitaria pública es por su bajo coste. Ése es precisamente el problema que explica que la Seguridad Social sea odiada, desde hace décadas, por los peores depredadores de Wall Street.

El déficit público y el endeudamiento están interconectados. El endeudamiento contribuye, de hecho, a la reducción del déficit. Eso es lo que ocurrió durante toda la década de los 90. Un colapso en el crédito genera, sin embargo, mayores gastos e impagos: eso es lo que está ocurriendo ahora. Como los bancos no pueden prestar el déficit aumenta. El único problema es hacia dónde se orienta ese déficit: ¿hacia inversiones productivas que reconstruyen el país -como durante el New Deal- o hacia acumulaciones improductivas de capital, en un clima de inseguridad y de desempleo, que más bien podrían estar siendo invertidas en la generación de empleo?

Si se pudieran revivir los endeudamientos, ¿sería bueno volver a endeudarse? Siempre que haya buenas razones, por qué no. Los Gobiernos suelen estar, por definición, burocratizados y tener pesadas conducciones políticas. Operan, fundamentalmente, en los ámbitos del derecho y de la regulación. Los bancos privados, por el contrario, al estar descentralizados y ser competitivos, suelen tener mucha mayor flexibilidad. Un buen sistema bancario conducido por gente competente, con buen criterio para los negocios y que conozca a su clientela, es bueno para cualquier economía. El hecho de que usted tenga que pagar los intereses que genera una deuda también puede constituir un elemento de motivación para seguir invirtiendo.

El problema es que actualmente no existe ese tipo de banco. Lo que hay es un cártel dirigido por una plutocracia incompetente cuyos tentáculos llegan hasta las faltriqueras de los Estados. Para que un crédito tenga retorn hay que descontar las deudas impagables, que ahora se han convertido en exorbitantes; restaurar la renta privada (creando empleo) y el sistema de garantía (o sea, el valor de los bienes inmuebles) pero, sobre todo, hay que reestructurar el sistema financiero. Hay que intervenir los bancos, combatir el fraude, generar incentivos para préstamos orientados al ahorro energético, a la construcción de infraestructuras y a otros sectores [productivos estratégicos]. Una posibilidad alternativa es promover la creación de un sistema bancario nuevo y paralelo, que es lo que se hizo durante el New Deal [NDT: en Estados Unidos] con la banca pública e incluso, con las promociones sociales de vivienda protegida (Fannie Mae y Freddie Mac [NDT: los dos bancos de inversión en los que se originó la crisis financiera actual] salieron de ahí)…

De todos modos, hasta que no se emprenda una reforma financiera seria, el déficit presupuestario es la única manera de recuperar la senda del crecimiento económico. No es necesario que éste sea de su agrado; simplemente usted tiene que ser consciente de que hace falta para recuperar el crecimiento y el empleo y de que, además, va a hacer falta durante mucho tiempo: por lo menos, hasta que se diseñe un plan estratégico de inversiones en energía y en medio ambiente parcialmente financiado por un sector financiero reformado, restaurado y disciplinado.

Pero más allá de mis impresiones y deseos personales es muy posible que la actual histeria imperante -en relación con el déficit público- no sea más que una cortina de humo orientada a desviar la atención de las disfunciones estructurales que caracterizan al actual sistema bancario: sería la única forma de detener una reforma financiera. Si ese fuera el caso, lo que yo me preguntaría es si eso es intrínsecamente bueno. Porque puede serlo pero también puede no serlo…

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=107376

BCE, avec un B comme BANKSTERS

La Banque Centrale Européenne est au petits soins pour les destructeurs du système financier mondial. Inaugurant un nouvel oxymore, Trichet le bien-nommé prête aux banquiers nécessiteux des sommes absolument inouïes en puisant dans la cassette de 750 milliards d’euros que les volontaires désignés que nous sommes ont alloué à l’UE.

200 milliards d’euros de prêts en huit jours. Au taux ridicule de 1%. Montagne d’argent destinée aux banques dans la zone euro. Les mêmes banques qui veulent multiiplier les ponctions sur l’activité de nos petits comptes, continuer à refuser un crédit au salariés en CDD et persistent dans la spéculatop à mort, avec les produits dérivés qui ont déjà cassé la machine et la casseront encore.

Ces deux cent milliards d’euros devraient permettre aux banques françaises d’éponger, à terme, leurs actifs « pourris ». Autour de 195 milliards d’euros, d’après l’établissement du même Trichet, s’ils ne nous gave pas de mirages comme d’habitude, ou n’a pas cru trop vite les banquiers. Actifs impossibles à convertir, dont l’existence résulte du krach mondial que les banques ont elles-mêmes déclenché.

Petit rappel pour compenser un peu l’oubli généré par la masse d’insignifiances que nous déversent les médias aux ordres et la désinformation continue autant qu’insultante des institutions européennes, et autres politiciens aux mains sous la table.

Tout cela a commencé, il y a plusieurs années, et aux USA, naturellement, puisque la grande majorité des krachs trouve sa source dans le berceau du capitalisme très peu pur et très dur.

Les marchands de biens US vendaient du mirage immobilier comme d’autres de la came à Medellin, sans limites. Les mêmes ont fourgué des baraques à des gens qu’ils savaient structurellement insolvables, ce malgré leur expérience et malgré les ratios d’endettement. Les banques US et étrangères installées aux Etats-Unis finançaient les réseaux des’agences immobilières US, quand elles ne les possèdaient pas.

La machine s’est emballée, mais dans les directions des agences, des banques et de tous les organismes d’assurances diverses ou de construction tout le monde fermait les yeux. On prêtait, on vendait à qui ne pouvait acheter, et après nous le déluge, tant que la thune est là. L’évidence qu’un crédit ne peut être remboursé que par qui a les moyens de le faire n’arrêtera jamais un système où la pure avidité a supplanté et éliminé toute autre considération. Il arriva évidemment à ces acteurs délirants ce qui arriva au scorpion transporté au travers des eaux par la grenouille.

Prêt croissants jusqu’à devenir insoutenables. Des milliers d’américains noyés sous les dettes. Impossible de payer les traites, on vend la maison. Mais plus personne ne veut, ne peut acheter. Personne ne remboursera plus les dettes. Les crédits forment des kilomètres de papier-toilette.

Les banques US, françaises et autres canailles prévoyantes, pensaient s’être couvertes en jetant sur le marché ces dettes insolvables, mélangées avec d’autres titres de dettes plus ou moins valables. Ce fut à peu près aussi pertinent que d’empêcher l’éclatement d’une grenade en la planquant dans un tas d’avocats, sur les rayons d’un hyper. Le réel finit toujours par gagner. L’astuce minable et perverse allait exploer en plein vol, devenant en 2008 la mega-crise mondiale nommée crise des « subprimes », dont tout le monde goûte, peu à peu, la saveur amère et absolument pas douce.

Aujourd’hui, les banques de la zone euro ont, donc, durablement cassé le monde financier. La fracture s’étend à toute l’économie, pour disloquer bientôt le corps social dans son entier.

Voyons les conséquences dans le coeur du capitalisme pourrissant.

A l’avant-garde des métastases, il n’est pas très difficile de voir qui opère : Les bourses mondiales et leurs investisseurs instituttionnels. Au tout premier rang desquels on trouve les banques. Ces "zinzins" [1] constituent les plus gros requins dans le marigot boursier mondial. Ce sont eux qui achètent et vendent en masse, font bouger les cours, au besoin avec des méthodes qui dénient toute liberté au marché boursier, comme le HFT [2] Les zinzins veulent essentiellement faire bouger à la hause ou à la baisse le cours des actions de toute nature qui circulent dans les réseaux boursiers planétaires.

Ce qui revient à monter une mayonnaise dans le vide spatial.

Le support possible, et réel d’une croissance boursières ne peut être que la crédibilité des entreprises les plus grosses. Hors, parmi celles-ci on trouve les banques. Plombées aux yeux de tous, aujourd’hui. Quant aux autres entreprises, elles sont également en sérieuse difficulté, vu que les banques ne leur font plus crédit, que le consommateur est aux abonnés absents. Les jeux de la partouze boursière, à 90% spéculatifs, se déroulant sur ce plancher troué ajoutent à la déstabilisation. On est aux antipodes de l’argent en Bourse investi durablement, pour soutenir l’activité, comme le serine toujours le baratin que nous servent les acteurs boursiers.

Tout lemonde le voit, il suffit de regarder les courbes s’incliner vers zéro, le CAC, le Nasdaq, le Nikkei, toutes les bourses chuter de plus en plus, malgré des sursauts, s’effondrer de plus en plus vite. Le système est moribond, il était malade dés le départ. Malade de la valeur, qui n’a aucune valeur sans le travail, Baudrillard l’expliquait brillamment déjà dans un livre paru en 1973 [3] Les bourses sont menées en dépit des raisons économiques évidentes, pour ne pas dire contre la simple logique et les comportements anthropologiques fondamentaux, sans doute. En tous cas, contre l’incontournable fondement de l’économie qui est le travail fourni par les salariés et autres.

Le Casino Mondial est aujourd’hui brisé. Le CAC 40 a perdu 42% de sa valeur en quelques semaines. Il venait de remonter à peine. Il s’était écroulé déjà en 2008. Comme il l’avait fait en 2001, pour la crise de la bulle Nouvelles Technologies...On ne peut créer de l’argent avec uniquement de l’argent, même en employant les moyens les plus indignes pour y parvenir.

C’est une évidence économique et une revanche morale pour tout le monde, sauf pour M. Trichet et M. Sarkozy de Nagy-Bocsa qui a fait des pieds et des mains pour constituer le fond de 750 milliards d’euros, empêcher Merkel de s’y soustraire, et continue à pousser de toutes ses forces la BCE à financer les banques françaises, notamment.

C’est-à-dire sauver une nouvelle race de prédateurs sans la moindre once de morale, sans la moindre empathie sociale, qui handicapent l’avenir de toutes les sociétés civilisées.

Si Trichet ou Sarkozy sortaient de leur bunker dorés à la feuille, ils pourraient constater et subir au quotidien, par plans de rigueur interposés, que les européens souffrent grandement, et pas par leur propre faute, comme le répètent les médias soumis, qu’ils soient privés ou financés par notre argent.

La vie quotidienne est amputée, la perennité des emplois et des services sociaux pourtant indispensables anéantie. Le repos minimal et tant mérité de la retraite est lui-même brisé par un travail en extension, qui nous amènera bientôt directement au cimetière s’il n’arrive pas à nous faire sauter par la fenêtre avant. Elles sont énormes les blessures directes et indirectes infligées par cette perfusion de liquidités dans les coffres des banquiers à la cohésion sociale, à l’impression d’appartenir à une même société avec les mêmes valeurs.

Trichet et les politiques qui le commandent, par ce soutien à quelques-uns, dont les moyens, le pouvoir et les valeurs manifestées sont aux antipodes des existences communes, répliquent à une échelle continentale et très médiatisée les asymétries sociales insupportables que l’on constate et ressent dans chaque pays de l’UE. En sont-ils conscients ?

10% de la population française possède 40% du patrimoine du pays ; en 2004 le patrimoine des 10 % des plus fortunés était 2 135 fois supérieur à celui des 10 % les moins riches, d’après l’Observatoire des inégalités. J’ai bien peur, pour vous, Messieurs de la nouvelle noblesse non de titre mais d’argent, qu’on ne vienne bientôt vous ébranler les oreilles avec ces constats, faute de remettre à l’endroit votre entendement.

Quand on a fait le tour du problème et inventorié les impasses comme les dénis, on est bien obligé de le reconnaître : c’est une régession sans précédent qui est opérée par des dirigeants absolument sous contrôle des banques. Au coeur de ce cap vers les Sargasses, la ponction des forces vitales de l’UE par les banques, via la BCE et sous complicité des gouvernants.

En résulte un divorce brutal entre la réalité et les fondements même de l’UE, comme de la BCE qui en résulte, au plan sociétal – faire une meilleure société par la coalition des peuples – et économique, puisque les élites nous emmènent délibérément vers une vie plus mauvaise et jettent au panier les principes centraux du modèle économique libéral de l’UE, que Trichet et ses compères politiques prétendaient promouvoir et défendre.

Comment suivre le gouverneur de la BCE et le quarteron de décideurs UE, Barroso, Rompuy, ou la Commission Européenne avec sa « Nouvelle stratégie 2020 pour la croissance » qui annonent leurs ritournelles pesantes sur la libre-concurrence, quand ils ne laissent pas les banques se débrouiller alors qu’elles sont des acteurs privés qui ont choisi leur marché, leur stratégie et ont perdu d’elles-mêmes leur chemise ?

Comment peuvent-ils ces mêmes responsables et politiques invertébrés interdire formellement, ce dans tous les traités, de soutenir les éléments majeurs de cohésion et d’égalité républicaines en France et ailleurs, que sont les services publics, tout en versant des centaines milliards d’aide aux banques privées. dont les immenses fautes pour augmenter leurs profits privés gangrènent les institutions et les moyens publics de 400 millions d’européens. ?

Comment, enfin, Trichet peut-il distribuer notre argent à poignée pour un intérêt quasi-nul, alors qu’ils prête aux Etats - dans les rares cas où cela est permis par les traités de cette UE si douce aux banksters -, à des taux trois à quatre fois plus élevés ?

Notes

[1] investisseurs institutionnels, en jargon boursier.

[2] achat et vente à haute vélocité de produits boursiers grace à des logiciels très sophistiqués et des capacités informatiques très performantes, pour réaliser un nombre faramineux de transactions.

[3] Jean Baudrillard Le miroir de la production Ed. Casterman

http://www.oulala.net/Portail/spip.php?article4595

Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’euro

Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits « de rigueur » ou « d’austérité » se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la « rigueur ».

Ils sacrifient ainsi la substance - à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir - à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

Les politiques de rigueur constituent une grave erreur pour des raisons qui devraient être évidentes : elles vont déprimer la demande intérieure de la zone euro et rendre ainsi encore plus difficile le retour progressif à un relatif équilibre des dépenses publiques, ce qui est pourtant le but officiellement recherché. Tel fut d’ailleurs le résultat de politiques analogues conduites en Europe et ailleurs au début des années 1930. Ces politiques ne font que commencer, et il ne faut nourrir aucune illusion à leur sujet car nous sommes entrés dans une logique de déflation compétitive. Aux plans grec, espagnol, portugais, italien et bientôt britannique viendront s’ajouter d’autres. Ces plans seront très probablement renforcés dès cet automne, en particulier dans le cas de la France [2].

Ces politiques trouvent, bien entendu, leur origine immédiate dans la crise que la zone euro est en train de subir, et il est en quelque sorte logique de voir Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), en appeler à davantage de « surveillance mutuelle » [3]. L’accumulation des dettes souveraines des États a provoqué une inquiétude légitime. Mais, en réalité, elle résulte du fonctionnement même de la zone euro qui oblige les pays à financer la totalité de leurs dettes par des appels aux marchés financiers. L’interdiction faite à la BCE, par les traités européens, d’assumer une partie du financement de cette dette (alors même qu’elle a repris une partie des dettes des banques et qu’elle est autorisée, depuis le 10 mai, a racheter, en cas d’urgence, des titres publics détenus par ces mêmes banques), ne semble laisser d’autres alternative que cette « rigueur ».

La conjonction de telles politiques sur un grand nombre de pays aura des résultats cumulatifs. Ainsi, l’effort particulier demandé aux Grecs, mais aussi aux Espagnols, au Portugais et aux Italiens, verra une partie de ses effets annulés par la récession européenne qui viendra affaiblir les recettes fiscales de ces pays. Les péripéties des derniers jours de mai montrent d’ailleurs les limites de ces politiques.

Voté à une voix de majorité par le Congrès des députés espagnol, le plan de rigueur n’a pas évité à ce pays de voir sa note dégradée le 28 mai. De fait, le gouvernement de Zapatero sort affaibli de ce vote et s’effondre dans les sondages [4]. Notons ici que l’agence Fitch, souvent critiquée avec ses consoeurs, a fait preuve en l’occurrence de beaucoup de sagesse puisqu’elle pointe dans ses attendus l’ampleur de la dette privée et la baisse de la croissance qui ne sauraient que résulter de cette politique. L’Espagne croyait acheter l’adhésion des marchés par sa « rigueur », mais c’est l’inverse qui se produit.

Il faudra donc immanquablement, si l’on veut que cette politique soit cohérente, en rajouter sur ces plans. Nous sommes donc bien entrés dans une logique de contraction budgétaire, qui va faire sentir ses effets les plus pernicieux dans les mois à venir. L’effet psychologique de ces politiques, venant après la crise de 2008-2009, sera désastreux sur la demande des ménages qui, il ne faut pas l’oublier, conditionne la demande des entreprises et l’investissement. À l‘effet direct de ces politiques, il faudra ajouter les effets indirects qui vont se manifester sur la dépense des ménages, mais aussi sur celle des entreprises.

Par un inquiétant acharnement dans l’erreur, le gouvernement français est en train d’aggraver cet effet psychologique par une nouvelle « réforme » des retraites. Cette dernière, ne tenant aucun compte des nouvelles tendances démographiques ni de la possible évolution de l’emploi, est particulièrement mal venue car elle va renforcer les inquiétudes des ménages.

Pourtant, ces politiques semblent acceptées par la majorité (nous ne disons pas l’unanimité) de la classe politique. En fait, cette tendance vient de loin. On se souvient peut-être des déclarations du porte-parole du PS, Benoît Hamon, en septembre 2009. Je les avais critiquées à l’époque en pointant le fait que, dans le discours de l’opposition, tout était sacrifié à l’euro [5]. De fait, une partie de cette opposition (le PS) est aujourd’hui bien silencieuse. Elle concentre ses critiques sur la « réforme » des retraites, et cela à juste titre, mais elle est muette sur la politique économique du gouvernement. Pourtant, ses conséquences – en particulier l’inévitable hausse du chômage – affecteront directement le financement du système des retraites. La récente sortie (30 mai) de Martine Aubry, première secrétaire du PS, contre Nicolas Sarkozy sur la question des déficits confirme, s’il en était besoin, cette analyse.
Or c’est bien la question de la « rigueur », et avec elle celle de la nature de la sortie de la crise de l’euro, qui déterminera l’avenir de l’économie, mais aussi de la politique, en France et en Europe.

Les deux crises de la monnaie européenne

On voit bien, en France en particulier, que l’attitude à l’égard de l’euro détermine une partie de la classe politique. Il faut donc revenir ici sur la crise de ces derniers mois, et plus généralement sur les conséquences économiques de la monnaie unique. Nous connaissons en fait non pas une, mais bien deux crises de la zone euro, dont l’imbrication dans les événements ne doit cependant pas cacher qu’elles sont différentes.

Il y a tout d’abord la crise conjoncturelle de la dette publique des pays de la zone euro, prévisible depuis septembre 2009 [6]. C’est elle qui sert de prétexte aux nouvelles politiques de rigueur. Nul ne contestera que les dettes publiques ont fortement augmenté dans ces pays, en réponse à la crise financière et économique. Mais on aurait pu s’attendre de la BCE qu’elle en finance une partie (par l’équivalent des anciennes « avances de trésorerie » que consentait, avant 1973, la Banque de France), dans la mesure où il s’agissait de mesures contra-cycliques. Il n’en a rien été, et les marchés ont alors sanctionné la zone avec la crise actuelle [7]. Cette dernière se poursuit, certes sur un rythme moins rapide que début mai.

L’annonce d’un plan massif de soutien aux économies les plus exposées n’a en rien changé la situation. Comme j’ai eu l’occasion de le dire par ailleurs, la seule chose que l’on a achetée avec ce plan a été du temps [8]. Ce n’est pas rien dans une phase de spéculation aiguë, mais cela ne saurait suffire. Comme aucune mesure d’importance concernant la gestion de la zone euro n’a été prise, et n’est même en discussion, il faut s’attendre à ce que le rythme de la crise s’accélère de nouveau avec l’été.

Mais il y a également une seconde crise : celle de la compétitivité au sein même de la zone euro. Elle découle directement du principe d’une monnaie unique appliquée à des économies aux structures et aux dynamiques fort différentes [9]. Ceci est connu depuis de nombreuses années [10]. L’argument des européistes bêlants, selon lequel des différences identiques existent aux Etats-Unis, ne tient pas. Les Etats-Unis ont en effet un budget fédéral représentant environ les deux tiers des recettes fiscales totales, et qui vise à résorber les disparités entre les États fédérés. Or le budget de l’Union européenne est plafonné à 1,29 % du PIB total des Vingt-Sept. La position de l’Allemagne et de quelques autres pays ne laisse aucune illusion sur une éventuelle augmentation de ces ressources.

En fait, l’euro a été construit sur l’idée qu’une monnaie unique provoquerait à terme un mouvement d’unification des dynamiques et des situations des pays membres. Cette idée s’est rapidement révélée être une vue de l’esprit [11]. Le seul marché sur lequel on a constaté une convergence à été celui des dettes. Encore faut-il savoir que, même sur ce marché, le mouvement de divergence s’est imposé depuis l’automne 2008. Les États membres ont été privés de la possibilité de faire jouer la flexibilité monétaire, et cela sans qu’un autre mécanisme ait été prévu à la place. Les dynamiques de l’ « eurodivergence », qui se sont affirmées depuis 2000 [12], sont porteuses d’une crise de la zone euro bien plus radicale que celle liée à la dette.

La surévaluation de la monnaie européenne que l’on a connue de 2003 à 2009 est venue aggraver cette crise. Elle a coûté fort cher à la France, ce qu’une étude de l’INSEE a démontré [13]. La baisse actuelle de l’euro est bien trop partielle pour constituer une solution. Son cours se situe aujourd’hui autour de 1,22 dollar, ce qui est certes mieux que les 1,44 dollar d’il y a quelques mois, mais qui reste encore sensiblement au-dessus du seuil qui permettrait à la zone de retrouver un certain dynamisme, et que l’on peut estimer entre 1 et 1,05 dollar. De plus, cette parité d’équilibre n’est pas la même pour tous les pays. Pour la Grèce, l’Espagne et sans doute l’Italie, une parité encore inférieure s’imposerait, alors que l’Allemagne peut s’estimer heureuse dès que l’on passe sous la barre des 1,30 dollar.

La crise de l’euro est donc à la fois conjoncturelle et structurelle. La combinaison de ces deux crises tend à en obscurcir les spécificités. Il est cependant évident aujourd’hui que ce n’est pas en harmonisant les budgets que l’on trouvera une solution. Les budgets publics sont en effet situés en aval de l’économie, tant du point de vue de leurs recettes que de leurs dépenses. On ne saurait donc procéder à une harmonisation durable sans harmoniser aussi ce qui se trouve en amont. Or, il faut le répéter, une telle harmonisation n’est pas aujourd’hui pensable. Les efforts que l’on consentira sur les budgets auront des résultats désastreux sur l’activité économique, ce qui viendra déséquilibrer à nouveau ces budgets par les baisses des recettes. On le voit bien, le problème est global, et il tient à l’euro dans sa forme actuelle.

Le glas d’un compromis

Si l’idée d’une coordination des politiques monétaires entre pays européens s’était à juste titre imposée depuis la fin des années 1970, il convient, à ce point du raisonnement, de revenir sur les raisons qui ont poussé les gouvernements à choisir la solution de la monnaie unique. Si nous mettons de côté les motivations idéologiques, l’hypothèse que, de l’unification monétaire, naîtrait l’unification économique, et de cette dernière l’unification politique, ainsi qu’un bénéfice plus matériel, mais mineur, à savoir la disparition des coûts de transaction au sein de la zone [14], il existe fondamentalement deux raisons correspondant à deux groupes de pays.

Pour des pays comme la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, il s’agissait, par le biais de l’euro, d’« acheter » les taux d’intérêt pratiqués pour des pays comme l’Allemagne ou les Pays-Bas [15]. Mais, pour l’Allemagne, il s’agissait avant tout de se garantir l’accès à un grand marché - la France, l’Italie et l’Espagne sont des clients très importants - en se prémunissant contre le risque de dévaluations compétitives. L’Allemagne, par ailleurs, n’était pas aussi fâchée qu’on le dit d’admettre au sein de la zone euro des « mauvais élèves » permettant de maintenir la parité de l’euro face au dollar dans des limites raisonnables. Ainsi a-t-elle fermé les yeux sur l’endettement public de l’Italie, mais aussi de la Grèce. Il fut donc un temps où Berlin trouvait son intérêt dans les « cueilleurs d’olives ».

Ce compromis a semblé fonctionner pendant dix ans. Les taux d’intérêt pour les pays de la zone se sont alignés sur ceux de l’Allemagne : la moyenne des écarts de taux - les spreads - a seulement été de 40 points, allégeant relativement ainsi la charge de la dette. Dans le même temps, l’Allemagne a pu accroître son solde exportateur vis-à-vis de la zone euro, alors que, au cours des dernières années, elle constatait l’érosion de ses exportations vers le reste du monde, et en particulier la Chine.

Ce compromis était cependant miné des deux côtés. Pour les pays du sud de la zone euro, des taux allemands (ou proches) impliquaient quand même un accroissement relatif de la dette publique. La croissance y est en effet restée en deçà des 3 à 3,5 % exigés par les marchés pour les titres à 10 ans. La dérive de l’endettement public a ainsi eu lieu rapidement, et l’on peut dire mécaniquement. Elle a été directement le produit des déséquilibres que provoquait la zone euro avec son contexte de faible croissance. Mais c’est bien le système de financement des déficits publics, tel qu’il a été adopté dans les années 1970 et consolidé par la BCE, qui est aujourd’hui en cause.

Cette dérive s’est fortement accélérée avec la crise actuelle et avec l’absolue nécessité de financer des mesures contra-cycliques plus ou moins fortes suivant les pays. L’augmentation brutale des écarts de taux avec l’Allemagne, que l’on a connue dès le début de la crise financière à l’été 2007, mais qui s’est dramatiquement accrue à partir de septembre 2008, a sonné le glas du compromis. Aujourd’hui les pays du sud de la zone euro ne bénéficient plus de l’effet d’accrochage de leurs taux sur les taux allemands.

Graphique 1
Évolution des taux sur les bons du Trésor à 10 ans des différents pays de la zone euro
(2007-mars 2009)

L’Allemagne aurait pu en tenir compte et accroître sa contribution à la zone euro, ou encore procéder à une politique massive de relance. Elle s’y est refusée, et s’y refuse encore, tout en ayant accru son avantage compétitif vis-à-vis des pays de la zone par le transfert massif des charges des entreprises sur l’impôt, la TVA en l’occurrence. Si cette politique, connue en France sous le nom de TVA sociale, avait été appliquée par les partenaires de l’Allemagne, la zone euro serait entrée dans une profonde récession dès les années 2003-2004. Nous assistons donc aujourd’hui à l’éclatement de ce compromis, tant dans sa dimension structurelle que dans sa dimension conjoncturelle.

On comprend alors l’inquiétude des Etats-Unis et de la Chine qui voient dans l’euro le dernier rempart avant un doute ravageur sur le dollar et, pour la Chine, la garantie de ses exportations en raison de la surévaluation structurelle de la monnaie unique. Contrairement à une idée fréquemment avancée, il n’y a nul « complot » de Washington contre l’euro. Si le gouvernement américain a bien compris le rôle de bouclier que joue – même provisoirement – la monnaie européenne contre une spéculation sur le dollar, il n’a pas les moyens d’intervenir. Par ailleurs, les intérêts immédiats des grands groupes financiers américains peuvent être contraires à une surévaluation, dans la mesure où ils cherchent surtout à se protéger des risques possibles représentés par les dettes, tant souveraines que privées, de la zone euro. Quant au gouvernement chinois, s’il souhaite conserver la possibilité de diversification de ses avoirs que permet l’euro, il doit aussi arbitrer en fonction de ses intérêts.
De ce fait, ni les Etats-Unis ni la Chine ne sont des « adversaires » de l’euro, mais aucun des deux n’a la possibilité de venir à son secours. De plus, tant le gouvernement américain que celui de Pékin doivent arbitrer avec les intérêts des fonds d’investissements et des banques.

Graphique 2

Reste alors une question : la monnaie européenne nous a-t-elle protégés de la crise financière actuelle ? L’exposition des banques européennes aux créances dites « toxiques » est, en réalité, le résultat direct de la faiblesse de la croissance dans la zone euro au cours des années qui ont immédiatement précédé cette crise. Et cette faible croissance est elle-même liée à la gestion de la zone euro [16]. Il y a ici un lien entre l’euro (tel qu’il existe aujourd’hui), la politique de faible croissance et les risques pris par les établissements bancaires face à la concurrence étrangère [17]. De manière certes indirecte, l’euro a plutôt été un facteur aggravant de la crise financière.

Quelles issues possibles ?

Si certaines issues sont théoriquement possibles, il nous faut aussi introduire la contrainte du politiquement possible. On verra qu’elle laisse seulement ouvertes des solutions qui, toutes, sont d’une certaine manière désavantageuses, même si certaines le sont nettement plus que d’autres.

Issue 1 : le sauvetage de la zone euro en l’état

Un sauvetage reste théoriquement possible, si l’on obtient, et cela très rapidement, une modification importante du statut de la BCE pour l’autoriser à pratiquer des avances de trésorerie aux pays membres jusqu’à hauteur de 6% à 8% du PIB (et qui se doublerait de sa responsabilité devant le conseil des ministres de la zone euro). Il faudrait, dans le même temps, obtenir l’engagement de l’Allemagne de pratiquer une politique de relance pour une période de 2 à 3 ans, et un accroissement substantiel (de 1,29% à 5% du PIB) de la contribution des pays membres à un « fonds fédéral ».

Une telle politique se heurtera à l’attitude allemande qui non seulement se crispe aujourd’hui sur la question de ses contributions à la zone euro, mais qui, le 30 juin 2009, a obtenu de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe un arrêt qui affirme la suprématie des lois allemandes sur les directives européennes [18]. Très clairement il ne sera pas possible d’obtenir toutes ces mesures, si tant que l’on puisse le faire, dans un délai compatible avec la temporalité de la crise. Aussi, pour souhaitable qu’elle puisse être, cette sortie « par le haut » de la crise actuelle est et restera un fantasme.

Issue 2 : la réduction du périmètre de la zone euro par le décrochage de certains des pays membres

Cette solution a certainement les faveurs de l’Allemagne. Elle supposerait que la Grèce et le Portugal quittent la zone euro et que d’autres pays (l’Espagne, l’Italie et la France) appliquent de douloureuses politiques de rigueur. Mais cette issue pêche par une sous-estimation de la dynamique des marchés et par une surestimation du poids politique de l’Allemagne. Une fois annoncée la sortie de la Grèce et du Portugal, la spéculation se déchaînerait et provoquerait probablement la sortie de l’Italie, voire de l’Espagne. Par ailleurs rien ne permet juridiquement à l’Allemagne d’exclure des pays de la zone, en dépit des rodomontades d’Angela Merkel.

En fait, c’est bien là l’une des difficultés institutionnelles qui provient de la précipitation avec laquelle a été élaboré et signé le traité de Maastricht instaurant l’union économique et monétaire. Admettons qu’un ou plusieurs pays décident de recouvrer la souveraineté de leur banque centrale, et décident de créditer en euros leur Trésor, en contravention flagrante avec le traité. Les autres pays de la zone désireux de faire respecter l’orthodoxie budgétaire et monétaire originelle ne disposeraient d’aucun mécanisme pour les en empêcher. En fait, leur seul recours consisterait à…quitter la zone euro et à recréer une nouvelle zone !

La position de Mme Merkel est donc en réalité assez délicate. Si elle fait preuve d’une trop grande rigidité, rien n’interdit à des pays comme la Grèce et le Portugal de s’approprier, de fait, la création monétaire en lieu et place de la BCE. Il s’agit bien sûr d’une hypothèse extrême, mais dont rien n’empêche la manifestation. L’Allemagne n’aurait alors d’autre solution que de quitter la zone euro, mais elle devrait alors persuader les autres pays de l’accompagner. Dans cette situation, la position de la France, si elle se décidait à suivre l’Allemagne, deviendrait très difficile. Paris n’aurait nullement intérêt à rester dans une pseudo-zone euro réduite à l’Allemagne. Ces raisons conduisent à penser que cette solution est, elle aussi, impraticable.

Issue 3 : le passage progressif de la monnaie unique à une monnaie commune

Dans une telle hypothèse, certains pays récupèreraient leur souveraineté monétaire, mais s’engageraient à se coordonner étroitement avec les pays conservant l’euro. Des dévaluations seraient alors envisageables (importantes pour la Grèce et l’Espagne, plus modérées pour l’Italie et la France). L’euro serait la seule monnaie totalement convertible de la zone, les monnaies nationales reconstituées ne l’étant que par rapport à l’euro avec des parités fixes, mais régulièrement révisables.

Ceci impliquerait que le marché des changes soit centralisé (à Francfort ou à Bruxelles) et largement réglementé, avec l’interdiction des positions à découvert, ainsi que des mouvements de capitaux à court terme. Nous aurions alors un marché monétaire restreint à la zone euro, largement déconnecté du reste du monde, et le marché « externe » avec un euro jouant le rôle de monnaie pivot. Cette solution aurait l’avantage de maintenir une étroite coordination monétaire entre pays européens, tout en conservant une flexibilité monétaire pour ceux d’entre eux qui en auraient besoin. C’est une solution que je préconise depuis la sortie, en 2006, de mon livre La Fin de l’eurolibéralisme, et qui a d’ores et déjà été évoquée par de nombreux autres économistes dont, récemment, Frédéric Lordon [19].

Issue 4 : une sortie immédiate de la France de la zone euro

Une telle sortie est parfaitement envisageable, mais il ne faut pas cacher qu’elle devrait s’accompagner d’une dévaluation importante (d’au moins 15%), d’un défaut partiel sur la dette, du retour au système des avances de la banque centrale et d’une politique de contrôle du déficit public afin de maîtriser l’inflation. La France retrouverait sa souveraineté monétaire, mais, pour pouvoir réellement l’utiliser, il lui faudrait recourir à des systèmes de contrôle des capitaux et des changes, au moins dans une période initiale. Loin de provoquer les catastrophes qu’Alain Duhamel nous promet dans sa chronique radio du 28 mai sur RTL, elle reste une solution de dernier recours parfaitement possible.

Comme on l’a déjà indiqué, la solution 1, tout en étant souhaitable théoriquement, est largement impossible du fait des impératifs politiques. Il n’est pas pensable que l’on aboutisse à un tel accord d’ici la fin de 2010, si tant est qu’il soit envisageable.

La solution 2, qui a en réalité les faveurs de l’Allemagne, doit être refusée avec la plus extrême énergie. De toute manière, elle impliquerait, pour être jouable, que trop de pays souscrivent à la politique allemande. Elle se heurte au même obstacle d’impossibilité.

La solution 3 apparaît comme une bonne solution, et probablement meilleure que la première à long terme. Elle a aussi l’avantage de pouvoir se construire progressivement. D’ailleurs, sans s’en rendre compte, l’Allemagne a déjà pris des mesures qui pourraient la préfigurer, comme l’interdiction de certaines positions à découvert. Mais elle implique des révisions déchirantes pour les classes politiques, en France et ailleurs. Le principal obstacle serait alors de convaincre les uns et les autres que la solution 2 n’est en aucun cas possible et que, si elle n’a pas d’autre choix, la France est prête à la guerre des monnaies et aux dévaluations compétitives.

La solution 4 peut apparaître aujourd’hui quelque peu désespérée. Pourtant, elle a l’avantage de mettre les partenaires de la France au pied du mur, et elle peut constituer une bonne base de négociations. Elle peut constituer, comme je l’ai avancé dès le début d’octobre 2009 [20], un pas nécessaire dans la direction de la solution coopérative (solution 3). En fait, la menace crédible (et donc préparée) de la sortie de l’euro est probablement la meilleure chance de ne pas avoir à faire ce pas.

Dans cette crise, on voit refaire surface la vieille obsession allemande de la « stabilité des prix ». Pourtant, l’Allemagne a payé au prix fort la politique de déflation qui fut menée par le chancelier Brüning au début des années 1930. C’est bien cette politique qui plongea l’Allemagne dans une profonde crise et permit aux Nazis d’arriver au pouvoir en 1933. Aujourd’hui, les dissensions entre la Bundesbank et la BCE deviennent de plus en plus visibles [21]. Il est donc clair que la Bundesbank pèsera de tout son poids pour retarder, si ce n’est empêcher, une adaptation de la BCE.

La crise actuelle nous offre une opportunité unique de remettre à plat l’ensemble de la construction monétaire que l’on appelle l’euro. La seule solution réellement envisageable à terme, à savoir le passage de la monnaie unique à une monnaie commune, peut résulter d’un accord entre les pays de la zone. Mais, elle peut aussi résulter d’une crise que nous saurions exploiter.

Il faut cesser de croire, ou de feindre de croire, qu’il existe une opposition radicale entre négociation et action unilatérale. Cette dernière n’est souvent que la poursuite de la négociation par d’autres moyens. Il convient donc de se préparer sérieusement à la sortie de la zone euro comme moyen d’aboutir à la refonte de cette zone. L’Allemagne aurait beaucoup à perdre de l’éclatement du marché européen et d’une situation monétaire dominée par des stratégies non-coopératives. Mais, pour que le gouvernement allemand en prenne conscience, habitué qu’il est aux renoncements français, et qu’il rejette le faux dogme de la stabilité monétaire à tout prix, il doit être mis devant la perspective d’une rupture.

(Ce texte résume et précise différents textes publiés dans Marianne2, mais aussi ailleurs, notamment sur le site de Mémoire des luttes.)

Notes

[1] Politique menée par le chancelier Heinrich Brüning dans l’Allemagne de Weimar (1930-1932), par le gouvernement d’union nationale de Ramsay MacDonald en Grande-Bretagne (1929-1935), et par celui de Pierre Laval en France.

[2] Reuters, 30/05/2010 à 21:02 : « L’objectif du maintien du AAA est "tendu", dit François Baroin » : http://www.lepoint.fr/actualites/2010-05-30/l-objectif-du-maintien-du-aaa-est-tendu-dit-francois-baroin/1037/0/461023

[3] Jean Claude Trichet, entretien avec Der Spiegel, repris dans Le Monde de l’économie, 15 mai 2010.

[4] Emma Ross-Thomas, « Zapatero Losing Credit as Fitch Strips Spain of AAA (Update2) », Bloomberg.com, 31 mai 2010 : http://www.bloomberg.com/apps/news ?pid=20601087&sid=ayqHX6VMUG7s&pos=5

[5] Jacques Sapir, « Dette : Benoît Hamon n’a rien compris ! », Marianne2, 5 octobre 2009 : http://nav.sfr.fr/default.php ?mac=00-1E-C2-C4-9C-0E&url=http://news.google.fr/

[6] Jacques Sapir, « La crise grecque, un camouflet pour l’euro et la BCE », Marianne2, 12 février 2010 : http://www.marianne2.fr/La-crise-grecque,-un-camouflet-pour-l-euro-et-la-BCE_a185102.html

[7] Jacques Sapir, « Crise de la zone euro : après la Grèce, à qui le tour ? », Marianne2, 29 avril 2010 : http://www.marianne2.fr/Crise-de-la-zone-euro-apres-la-Grece,-a-qui-le-tour_a192271.html et Mémoire des luttes : http://www.medelu.org/spip.php ?article428

[8] Jacques Sapir, « Crise : gagner du temps n’est pas suffisant », Marianne2, 15 mai 2010 : http://www.marianne2.fr/Crise-gagner-du-temps-n-est-pas-suffisant-1_a192800.html

[9] Jacques Sapir, « La crise de l’euro : erreurs et impasses de l’européisme », Horizons, 8 octobre 2009, texte initialement publié dans Perspectives républicaines, n°2, 2006 : http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/10/trois-ans-après-par-jacques-sapir.html

[10] C. Conrad et M. Karanasos, "Dual Long Memory in Inflation Dynamics across Countries of the Euro Area and the Link between Inflation, Uncertainty and Macroeconomic Performance", in Studies in Nonlinear Dynamics & Econometrics, vol. 9, n°4, novembre 2005 (publié par The Berkeley Electronic Press et consultable sur : http://www.bepress.com/snde

[11] Jacques Sapir, "La crise de l’euro : erreurs et impasses de l’européisme", op.cit.

[12] Jacques Sapir, « From Financial Crisis to Turning Point. How the US ‘Subprime Crisis’ turned into a worldwide One and Will Change the World Economy », Internationale Politik und Gesellschaft, n°1, 2009, pp. 27-44.

[13] F. Cachia, “Les effets de l’appréciation de l’euro sur l’économie française”, Note de Synthèse de l’INSEE, INSEE, Paris, 20 juin 2008.

[14] Il faut signaler que la création de l’euro n’a nullement entraîné d’unification des prix, comme le constate pourtant un de ses partisans : voir Michel Aglietta, "Espoirs et inquiétudes de l’euro" in M. Drach (ed.), L’argent. Croyance, mesure, spéculation, La Découverte, Paris, 2004, pp. 235-248, p. 237.

[15] Agence France Trésor, A Metric for Spreads Between Government Bonds, 9 octobre 2003, Paris, ministère des finances.

[16] Jacques Sapir, « Grèce : Les trois mensonges des médias et des experts (3) », Marianne2, 4 mai 2010 : http://www.marianne2.fr/Grece-Les-trois-mensonges-des-medias-et-des-experts-3_a192314.html ?com

[17] J. Bibow, “Global Imbalances, Bretton Woods II and Euroland’s Role in All This” in J. Bibow and A. Terzi (eds), Euroland and the World Economy : Global Player or Global Drag ?, New York (NY), Palgrave Macmillan, 2007.

[18] Cet arrêt, pris le 30 juin 2009, stipule en effet, dans ses 147 pages d’attendus, que seuls les États-nations sont le cadre de la démocratie, que la politique fiscale relève des seules compétences nationales et que si le traité de Lisbonne est bien conforme à la Constitution allemande, ce n’est pas le cas de la dynamique qu’il impulse. Ainsi, il réaffirme le « droit de co-décision » du Parlement allemand, compte tenu de ce qu’il appelle un « déficit structurel de démocratie » dans les institutions européennes. Lire H. Haenel, Rapport d’Information n°119, Sénat, session ordinaire 2009-2010, Paris, 2009. Lire également Bernard Cassen, « Le coup de semonce de Karlsruhe » : http://www.medelu.org/spip.php ?article264

[19] Frédéric Lordon, « Crise, la croisée des chemins », Le Monde diplomatique, blog « La Pompe à Phynance », 7 mai 2010 : http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins

[20] Jacques Sapir, « Dette : Benoît Hamon n’a rien compris ! », Marianne2, 5 octobre 2009, op.cit.

[21] B. Blackstone, « After Debt Crisis, New Tension Between ECB and Germany », The Wall Street Journal, 28 mai 2010 : http://online.wsj.com/article/SB10001424052748703957604575272463950198700.html ?mod=WSJ_latestheadlines#

http://www.medelu.org/spip.php?article439

Related Posts with Thumbnails