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21/04/2009

Qui est parti avec 825.000 euros d'indemnité?

L'ex-patron de la banque franco-belge Dexia a perçu ce parachute doré. Contredisant le décret initié par Sarkozy selon lequel une entreprise percevant de l'argent de l'Etat ne peut plus offrir d'indemnité de départ.

Cochon qui s'en dédit? Fin septembre, sous la pression du gouvernement français, l'ex-patron de la banque franco-belge Dexia démissionnaire, Axel Miller, avait annoncé qu'il ne demanderait aucun dédommagement de départ. Et voilà qu'un rapport annuel nous apprend qu'il a perçu a reçu une indemnité de 825.000 euros, équivalente à une année de salaire fixe. En outre, il a reçu 636.500 euros en 2008 au titre de son salaire fixe sur 9 mois.

Victime d'investissements risqués, principalement aux Etats-Unis, Dexia a accusé sur l'année 2008 une perte nette de 3,326 milliards d'euros, dont 2,6 milliards au quatrième trimestre.

Sauvée de la faillite

L'annonce de l'indemnité de départ d'Axel Miller n'est pas du meilleur effet après les récentes annonces de Nicolas Sarkozy, validées par un décret, selon lesquelles une entreprise percevant de l'argent de l'Etat ne pourrait plus offrir de parachute doré à son dirigeant lors de son départ, qu'il soit volontaire ou contraint.

Car c'est grâce à l'Etat français que Dexia vit toujours. Fin septembre,la banque, au bord de la faillite, a été sauvée grâce à l'injection de 6,4 milliards d'euros par les Etats français et belge ainsi que par la Caisse des dépôts (CDC), qui détient désormais 17,6% du capital de la banque. Ce qui en fait le premier actionnaire de l'établissement. De leur côté, les Etats français et belge détiennent chacun 5,73%.

C'est d'ailleurs sous la pression du gouvernement français, qui avait menacé de ne pas débloquer l'argent nécessaire au sauvetage de la banque, que Axel Miller avait officiellement renoncé, fin septembre, à l'indemnité de 3,7 millions d'euros initialement prévue en cas de départ.

L'embarras de Lagarde

Dans son communiqué, Miller avait expliqué s'en remettre «à la sagesse du conseil d'administration pour déterminer (...) le bilan de [son] action au sein du groupe Dexia». Il semble qu'il ait été entendu 5 sur 5 par ses ex-amis.

Très légèrement embarrassé, l'entourage de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, précise que les représentants de l'Etat et de la Caisse des dépôts au conseil d'administration «ont voté contre» cette proposition qui émanait du comité des rémunérations. Problème: ils «ne sont pas majoritaires».

Les esprits les plus chagrins pourront se consoler en se souvenant qu'initialement l'indemnité de départ d'Axel Miller était fixée à 3,8 millions d'euros.

Libération - 21.04.09

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