À procura de textos e pretextos, e dos seus contextos.

07/12/2009

En hommage aux soutiers de l’information : les agenciers ou journalistes d’agence

René Naba

L’Agence France Presse (AFP) est la doyenne des agences de presse, première agence francophone et troisième agence mondiale derrière l’américaine Associated Press (AP) et la britannique Reuters. Elle est présente dans 165 pays et compte près de 4 000 collaborateurs à travers le monde. Elle fournit en continu, à plus de 7 000 clients, un contenu prêt à l’emploi (dépêches, photos, infographies et vidéos), rédigé et hiérarchisé dans un souci de qualité éditoriale et d’objectivité. Son statut fait l’objet d’un débat qui pourrait remettre en question son indépendance.

Nous publions ci-dessous, sous forme de « tribune » [1], un article rédigé, selon son auteur, ancien agencier lui-même, « en hommage aux soutiers de l’information » [2] (Acrimed)

A la mémoire de Jean Marin, Bernard Cabanes, Boni de Torhout et Jean Vincent [3]

Plante sauvage qui pousse dans des lieux désertiques, la figue de Barbarie correspond parfaitement à l’image de l’agencier, le journaliste d’agence, épineux d’apparence, savoureux de substance. Premier arrivé sur les lieux, dernier parti, observateur permanent et méticuleux de l’actualité, loin des phénomènes de mode, l’agencier est un historien de l’instant, non un rapporteur factuel des évènements, c’est-à-dire un être dépourvu de réflexion comme se sont plus à le présenter longtemps de faux confrères envieux de sa position, encore moins un retransmetteur passif de communiqués comme projettent de le réduire des fossoyeurs de la démocratie en mal de notoriété.

Le travail de l’agencier, invariablement, se décompose selon un rituel immuable : comme une partition en trois temps, l’entrée en scène se fait crescendo, le factuel, la description des faits à l’état brut, puis la mise en perspective, « la contextualisation », selon le jargon moderne, enfin l’éclairage, où se glisse parfois un zeste d’analyse politique. Vigile solitaire, son travail est rythmé par les fuseaux et les contraintes horaires et son lexique emprunte parfois au langage guerrier : Deadline, le délai impératif au-delà duquel un papier est décrété caduc et « poubellisé » en conséquence. Cauchemar des journalistes en panne d’information ou tributaires des aléas des transmissions, le deadline équivaut à une mort subite.

L’agencier, c’est aussi une discipline et une rigueur qui ne s’encombrent pas de fioritures : les faits bruts impérativement « sourcés ». L’anonymat est une donnée inhérente à sa fonction et « le quart d’heure de célébrité médiatique », selon l’expression chère à Andy Warhol, ne constitue pas son obsession de vie. Longtemps anonymes, ses papiers, souvent reproduits quasi intégralement par les journaux clients, ne seront revêtus de sa signature que très tardivement vers la fin du XXème siècle, plus exactement dans la décennie 1980. Auparavant, leur signalement résidait dans les initiales de l’auteur en bas de texte de la dépêche que les spécialistes décryptaient avec le plus grand soin pour juger de la valeur d’un papier et jauger son auteur.

Lorsque parut l’informatique

Moment charnière de l’histoire des médias, l’avènement de l’informatique va provoquer un bouleversement radical dans la conception de l’information, dans la chaîne de production et l’économie du secteur de l’information. Le passage de la machine à écrire, et son prolongement le couple télex perforatrice, à l’ordinateur va ainsi s’accompagner, parallèlement, d’un bouleversement psychologique et structurel de la profession, signant au passage l’arrêt de mort des deux symboles séculaires du travail d’agencier, le télex et le « pneumatique », ce module à compression couvant en son sein un message propulsé dans des boyaux souterrains spécialement aménagés dans le ventre de Paris et les étages de l’AFP. Tonitruant mais efficace messager, plus discret et moins onéreux en tout cas que les coursiers contemporains.

Dans la décennie 1970, la vitesse d’écoulement de la copie par télex était de 70 bauds par minute, soit pour un papier journée (le Lead), une moyenne de trois minutes… Une lenteur bienvenue en ce qu’elle prévenait d’éventuelles erreurs de précipitation. Une décennie plus tard, l’introduction de l’informatique va induire un phénomène d’accélération des particules, triplant la vitesse d’éjection de la copie, propulsant une dépêche de 1.000 mots en une minute, contre trois minutes pour un papier moindre de 600 mots dix ans auparavant. La fébrilité, l’état naturel de l’agencier en temps normal, cède alors la place à la frénésie, l’information à la communication, la célérité à la précipitation.

Concomitante de la mondialisation, l’informatique va accélérer la circulation de l’information et démultiplier les sources d’information par le développement de la diffusion satellitaire, la multiplication des chaînes transfrontières et d’autres canaux de diffusion tels l’Internet (Web), le courrier électronique, le blog ou encore le fax ou le mobile (téléphone portable). Au point que les sociologues et analystes politiques viendront à célébrer l’avènement d’une « société de l’information » comme la marque caractéristique du XXI me siècle, l’échec du totalitarisme et le terme ultime de la démocratie néo-libérale.

Mais ce phénomène va, par contrecoup, impulser un processus de concentration capitalistique, donnant naissance à des groupes multimédia agrégeant contenant et contenu, producteur et distributeur de flux et favoriser la mise des principaux vecteurs d’information sous la coupe des conglomérats financiers, assurant la constitution d’une nouvelle « caste médiatique » technologique propulsée par des promotions fulgurantes avec ses codes, son langage et ses usages. La prolifération des bases de données et des moteurs de recherches va, de surcroît, atrophier quelque peu la mémoire vive au sein d’une large fraction de la corporation, le véritable centre de documentation humain, constitué par l’effet cumulatif de l’expérience, l’antidote au risque de désinformation généré par la surinformation.

Jamais dans l’histoire de l’humanité, en effet, l’information n’a été si abondante et si instantanée et sa diffusion si générale. Cette information mondialisée a certes aboli les frontières physiques et linguistiques et transformé la planète en un « village planétaire ». Mais cette concentration médiatique va poser d’une manière récurrente le problème de la préservation du rôle de la presse, et partant de l’amélioration de l’information du citoyen et du débat démocratique.

[Selon une étude de John Stauber et Sheldon Rampton, qui passent pour être les meilleurs spécialistes de la profession et co-auteurs d’un remarquable ouvrage sur la question (Toxic sludge is good for you- Common Courage presse, 1995), le nombre des salariés des agences des relations publiques (150.000) dépassait à partir de la décennie 1990 celui des journalistes (130.000).]

Aux Etats-Unis, 40 pour cent de ce qui est publié dans la presse est directement reproduit, sans altération, des communiqués des « Public relations » soutient Paul Moreira, producteur de l’émission de référence de Canal + et auteur d’un ouvrage documenté sur Les nouvelles censures- dans les coulisses de la manipulation de l’information [4]

Tragique retour de choses : la communication a tendu ainsi à se substituer à l’information, et ses dérives avec les « spin doctor’s », ont tendu à renvoyer à la propagande de base des régimes totalitaires que les pays démocratiques étaient censés combattre, comme ce fut le cas notamment lors de l’invasion américaine de l’Irak, en 2003 [5] Le « quatrième pouvoir », le garant de la démocratie, est apparu alors comme le vecteur d’une idéologie dominante et le langage de ses opérateurs comme un marqueur d’une d’identité culturelle avec les enjeux économiques que sous tendait la guerre sémantique qu’elle impliquait (précarité versus flexibilité).

Pis, le contrôle accru des grands conglomérats industriels sur les vecteurs d’information, l’importance prise par ailleurs par les stratégies de communication, au détriment de l’information proprement dite, l’endogamie croissante au sein du couple média et politique, de même que l’interactivité des divers acteurs au sein de ce même couple, vont poser dans toute son acuité le problème du rapport entre Média et démocratie, et d’une manière sous jacente la question de la viabilité d’un débat démocratique dans une société où les principaux vecteurs d’information sont dominés par les puissances d’argent et la promotion des intérêts privés.

En France, la phagocytose des entreprises de presse par le complexe militaro industriel a eu pour curieux résultat de placer les grands quotidiens nationaux et les grands vecteurs audio visuels sous la coupe des grands conglomérats adossés aux commandes de l’état : TFI Bouygues (Bâtiment et téléphonie mobile), Le Figaro Dassault aviation, Libération-Edouard de Rothschild (Banque) ainsi que Lagardère armement et édition (Le Monde, Paris Match, Europe 1, VSD, Le journal de dimanche). Autrement dit, l’Etat et partant le contribuable ont nourri de grands groupes qui se sont emparés de vecteurs pour formater l’opinion publique au service de la satisfaction des objectifs particuliers des entreprises privées.

Face à un tel déferlement, l’AFP apparaîtra comme un îlot isolé d’indépendance. L’agencier sera ainsi relativement préservé de ce chamboulement par son mode opératoire et son statut hydride, voté en 1957 à l’initiative du ministre de la justice de l’époque François Mitterrand, garde fou contre une dérive collaborationniste du type de la presse française du temps de Vichy.

Ce que fut l’agencier de l’AFP…

Bien avant l’apparition des nouvelles technologies de la net économie, l’agencier se devait d’être, en effet, par choix et par nécessité, concis et économe tant de ses mots que de son argent. La carte bancaire de paiement n’existait pas alors. L’agencier était comptable de ses mots, payant rubis sur ongle chaque terme de sa dépêche au télégraphiste de la poste. Une retenue qui le préservera ultérieurement de l’inflation verbale, amplifiée par l’exacerbation de la concurrence et le nouveau procédé technologique du « copié collé ».

Le Flash ne devait en aucun cas dépasser cinq mots source comprise, un impératif catégorique qui déclenchait instantanément un branle bas du combat à tous les étages, mettant en route un mécanisme qui répercutait l’info en trois secondes aux quatre coins du monde sur fond d’un joyeux tintamarre réjouissant... mais anxiogène pour la suite de l’événement. Le bulletin, lui, avait droit à un paragraphe de trois lignes et le fameux Lead journée jamais plus de trois feuillets, six cents mots, le même calibre que l’Editorial du journal Le Monde, identifiable, tel un logo, par sa localisation en première page, en colonne de gauche pour le lecteur, son orientation politique du temps où le quotidien vespéral était le journal de référence intellectuelle et morale de la classe politique et de la jeunesse étudiante.

Le système pouvait paraître rétrograde mais demeure encore de nous jour le meilleur antidote à la sialorrhée, le moins propice à la manipulation et à la désinformation. A ce titre, l’Agence France Presse, bien avant la floraison des écoles de journalisme, aura été à sa façon une école de journalisme, le principal vivier du journalisme français, le pourvoyeur des grands quotidiens en grande plume, y compris Le Monde, surtout Le Monde, dont l’organigramme foisonne de ses transfuges, à commencer par Pierre Vianson Ponté, son prestigieux chef du service politique du temps du Général de Gaulle.

Que l’on se rassure toutefois : L’agencier ne frise pas constamment l’apoplexie. Il est des rêveries régénératrices aux lueurs de l’aube, lors du « Curtain raiser », littéralement, le lever de rideau, le papier d’ouverture sur le lendemain, bouquet final d’une production journalière particulièrement harassante.

Sur les grands coups, l’agencier commence sa journée par un « Morning Lead », le papier directeur de la matinée, celui qui donne le ton pour la tranche matinale (06h00-12h00). Il embraye ensuite pour le "Lead journée" destiné au bouclage des grands journaux d’Europe et de la province française de même que pour les bulletins de début de soirée des chaînes de radio et de télévision. Le "Night Lead" prend le relais pour les destinations plus lointaines (18h00-24h00) notamment le continent américain et l’extrême orient, suivi de « l’Overnighter », l’au-delà de la nuit, qui assure la jonction, le passage vers le lendemain, avant que ne reprenne ses droits le "curtain raiser".

L’agencier, convenons-en, n’est pas un adepte des RTT (réduction du temps du travail) propre à la civilisation des loisirs ou des trente-cinq heures, ni même des trois rotations journalières, les fameuses brigades 3x6 propres à l’industrie lourde, mais des vacations de quatre fois six heures.

Un soutier de l’information en somme, condamné de surcroît à être jugé sur pièce, à chaque évènement, sans qu’il lui soit possible d’opérer la moindre retouche, de se sortir par une clause de style ou par une pirouette d’une situation quelque peu complexe.

De mémorables erreurs

L’agencier n’est toutefois pas cet être parfait, le « Bayard du journalisme sans peur et sans reproche ». Faillible, il l’est, mais pas trop souvent quand même. Beaucoup de générations de journalistes se gaussent encore, à son évocation, de cette bourde monumentale annonçant, dans l’émotion, le décès du Maréchal Josep Broz Tito, dirigeant de la Fédération de Yougoslavie. Il a fallu se prendre à trois reprises pour que les choses se passent dans l’ordre naturel des choses.

Le virtuose du clavier qui se trouvait de fonction n’avait pas, ce jour-là, le doigt heureux... preuve de l’humanité de la fonction du journalisme d’agence. Le premier flash qui a crépité sur les téléscripteurs du monde entier annonçait "Titi est mort", suivi trois secondes plus tard d’un nouveau Flash rectificatif "Toto est mort", pour finalement se stabiliser avec ce flash comminatoire, superbe de désolation, "merci bien lire partout Tito (bien Tito) est mort". Tout le monde avait compris. Mais il fallait que les choses soient dites dans les normes. Cela a été fait dans les formes.

Une soirée arrosée pouvait sauver l’Italie d’un désastre écologique, mais non du ridicule. Ainsi cette nuit où un journaliste du desk anglais, de retour de la célébration de la région vinicole du Beaujolais, un certain jeudi soir de Novembre, traitant un effondrement de terrain dans la région italienne des Pouilles, répercutera ainsi l’information par l’annonce d’un « collapsus at balls area », ce qui se traduit pudiquement en langue française par un effondrement « dans la zone périnéale ». L’affaire s’est jouée sur une syllabe. Fruit d’un journaliste spiritueux, la dépêche, spirituelle, resta sans conséquence pour la hiérarchie. Ce qui n’a pas été toujours le cas.

Les intempéries pouvaient jouer un mauvais tour, même à l’agencier le plus perspicace. Ainsi lors de la réouverture du Canal de Suez, un cargo empruntant la voie d’eau, a eu droit à un tonnage variable en fonction de son lieu de passage. C’est d’ailleurs le seul cas de l’histoire de la navigation qu’un cargo changeât autant de fois de tonnage en fonction du lieu de son court passage.

À l’époque les dépêches étaient expédiées en morse, le langage codé des chiffres et des lettres, et l’émission était tributaire de la météorologie, si capricieuse en Orient, particulièrement lors des tempêtes de sable, fréquentes le long du Sinaï. Ainsi le cargo a emprunté le Canal avec un chargement de départ officiellement annoncé de 35.000 tonnes. A mi chemin, au cours d’une halte, le correspondant régional a annoncé l’escale du bâtiment précisant le tonnage correct, mais c’était sans compter avec le vent qui en a troublé la réception.

Le desk, et, par contrecoup ses destinataires, ont eu droit à une dépêche à la mi-journée annonçant l’escale du cargo avec un chargement de 3.500 tonnes, soit une réduction drastique du chargement. En fin de journée, le cargo atteignait le port d’Aden et le correspondant au Yémen du Sud relatait le fait dans sa simplicité, mais c’était sans compter là aussi sur l’intervention du vent. Via Londres, le journaliste de service cette nuit-là à Paris décryptait la dépêche pour annoncer finalement l’arrivée du cargo avec un chargement de 350.000 tonnes, soit une considérable inflation du poids.

L’esprit de synthèse étant une vertu cardinale de l‘agencier, le journaliste de permanence reprenant les trois messages de la journée narrant la traversée, en fit une synthèse éblouissante pour répercuter sur les fils la dépêche dans les termes suivants : « Le cargo qui change de tonnage à chaque escale est arrivé à Aden cette nuit, au terme d’une traversée du canal de Suez marquée par un constant changement de tonnage de sa cargaison à chaque escale. Parti de Suez avec une cargaison de 35.000 tonnes, il s’est retrouvé à Aden avec 350.000 tonnes, après une escale à mi-parcours où il se révélait charger 3.500 tonnes. »

L’époque n’était pas encore au vidéo-gag. L’agencier impertinent a été licencié sur le champ, sans la moindre considération pour son humour irrévérencieux, qui était grand, ni pour son talent, qui était tout aussi grand.

Un passeur, un témoin

Longtemps, l’agencier était l’interlocuteur obligé, l’intermédiaire nécessaire entre l’actualité et les médias, un passeur de nouvelles. Depuis la confuse profusion des moyens de communication et leur sophistication avec les journalistes « embedded », les SMS (short message system), Facebook et autres Twitter, son rôle a pu paraître sinon déclassé du moins décalé. Il demeure néanmoins un intercesseur indispensable, toujours sur le terrain, irrémédiablement soumis aux contraintes de l’écriture agencière.

Observateur avisé, il a pu ainsi relever la lente érosion de la langue française par simple phénomène de mimétisme de l’anglicisme qui fait qu’il est désormais de bon chic de parler des « Qataris et Koweïtis » alors que les dépêches rédigées à l’époque où l’auteur de ces lignes commençait sa carrière, il était jugé plus conforme à la pureté de la langue française de dire et d’écrire, les Qatariotes et les Koweïtiens. De même l’Irak s’écrivait avec un K et non avec un Q, plus conforme, celle là, à l’orthographe anglaise.

Une personne était « discréditée » du fait de ses actes répréhensibles et non « décrédibilisée », de même un homme assumait « la responsabilité de ses propos » et non « assumait ses propos », son comportement était « réprouvé » et non « désapprouvé », tout comme les nouvelles se répandaient « comme un feu sur une traînée de poudre » et non comme une « traînée de poudre », tant il est vrai qu’une traînée peut traîner longtemps s’il n’y a feu qui l’enflamme.

L’alternative s’articulait autour des deux termes, car il a toujours existé depuis les temps les plus anciens deux termes à une alternative et non deux alternatives ce qui en faisait quatre termes donc quatre possibilités. Il était également plus conforme à la pureté de la langue d’annoncer un entretien d’une personnalité avec une autre personnalité et non un entretien entre deux personnalités, ce qui constituait une redondance dans la mesure où dans le terme entretien, « l’entre – tien » était suggéré.

Enfin, tout le monde à l’époque travaillait à Paris ou au Popocatépetl ou ailleurs et non sur Paris ou sur les cimes du Mexique, à moins d’y être parachuté ou qu’il ne s’agisse d’un dossier sur la région parisienne ou sur la zone montagneuse mexicaine.

Quiconque se livrait à de telles incorrections de langage était accusé de parler le français comme un « basque espagnol » et non comme une « vache espagnole », tant il est vrai que de mémoire d’homme jamais vache n’a pu emprunter le langage humain pour exprimer une pensée problématique.

L’agencier débutant dans les années 1970 s’amusera de constater l’ampleur prise ultérieurement par la nouvelle génération politique de la « gauche mutante », inconcevable à l’époque, phénomène marquant de l‘époque contemporaine, le plus important vivier de transfuges du militantisme révolutionnaire vers le conservatisme contemporain le plus rigide. Ce phénomène frappe aussi bien le monde arabe que le monde occidental. Il s’amusera de constater aussi la permanence de la stigmatisation de la figure du croquemitaine dans la construction de l’imaginaire occidental.

De Gamal Abdel Nasser (Égypte) à Mohammad Mossadegh, à l’Ayatollah Ruhollah Khomeiny et Mahmoud Ahmadinejad (Iran) en passant par Yasser Arafat et Cheikh Ahmad Yassine (Palestine), à Moqtada Sadr (Irak) et Hassan Nasrallah (Liban), tous ont eu l’honneur d’assumer cette fonction sans que jamais personne n’ait songé à établir un lien entre l’arrogance occidentale et la radicalisation des contestataires de sa suprématie.

En trois décennies, la carte géostratégique du monde a connu une modification radicale, mais le lexique diplomatique international demeure inchangé sur un seul fait : « l’Arabe israélien », une expression forgée pour désigner un Palestinien porteur de la nationalité israélienne, mais l’occultation du fait national palestinien, fait majeur de la diplomatie internationale de la seconde moitié du XXème siècle, a conduit les stratèges de la communication à forger cet être hybride par excellence, comme si l’Arabe israélien n’était pas un Palestinien, comme si le Palestinien et la Palestine ne se situaient pas au cœur du monde arabe et au cœur des conflits du XXème siècle.

Epilogue

L’auteur de ces lignes a vécu cet état pendant vingt ans sur les « points chauds » de l’actualité internationale, d’abord, en tant que correspondant tournant au bureau régional de l’Agence France Presse à Beyrouth (1969 à 1979) où il a notamment couvert la guerre civile jordano palestinienne, le « Septembre noir » de 1970, la nationalisation des installations pétrolières d’Irak et de Libye (1972), une dizaine de coups d’Etat et de détournements d’avion, ainsi que la guerre du Liban (1975-1990), la guerre d’octobre (1973), les premières négociations de paix égypto israéliennes de Mena House Le Caire (1979).

Puis en tant que responsable du monde arabo-musulman au service diplomatique de l’Agence France presse (1978-1989) où il a couvert, à ce titre, la guerre irako iranienne (1979-1988), la guerre algéro-marocaine, la guerre tchado-libyéenne (1982-1987), le conflit américano-libyen (1986-1987), l’assassinat du président égyptien Anouar El-Sadate (1981), le raid contre la centrale nucléaire irakienne de Tammouz (1980), les sommets des Non-alignés de New Delhi (1983) et de Harare (1987), les sommets arabes de Fès (1981 et 1982) de Rabat et d’Alger (1988), les sommets islamique de Lahore (1974), de Kuala Lumpur (1975) et de Ryad (affaire Salman Rushdie 1989) ainsi que l’affaire des otages occidentaux au Liban (1984-1988), la guerre des ambassades entre Paris et Téhéran (1987) et la percée diplomatique de Yasser Arafat à Paris (1989) et en Europe occidentale.

Français d’origine libanaise, jouissant d’une double culture franco arabe, natif d’Afrique, juriste de formation et journaliste de profession ayant opéré pendant quarante ans au Moyen Orient, en Afrique du Nord et en Europe, l’auteur de ces lignes dont l’expérience internationale s’articule sur trois continents (Afrique – Europe Asie) a été la première personne d’origine arabe à exercer, bien avant la diversité, des responsabilités journalistiques sur le monde arabo-musulman au sein d’une grande entreprise de presse française de dimension mondiale. Le mérite en revient à l’AFP, qui a eu, en la matière, un rôle précurseur, bien avant que les concepts de « discrimination positive » ou de « quotas ethniques » ne viennent polluer le débat public.

Tout au long de cette séquence, l’AFP a veillé à maintenir une visibilité pluraliste de l’actualité, comme lors de la guerre du Vietnam ou le conflit du Liban, forçant le respect de ses usagers, gage de sa pérennité, compensant quelque peu sa conquête tardive du marché de l’Information économique. L’auteur de ces lignes a exercé ses fonctions sans la moindre interférence éditoriale de sa hiérarchie ou des pouvoirs publics, ce qui est loin d’être le cas dans l’audiovisuel public. Il a souhaité en donner publiquement acte et porter témoignage en ce moment particulier de l’histoire de l’AFP, en hommage à l’esprit d’indépendance forgé par des générations d’agenciers, alors que le débat sur le statut de l’Agence France Presse mène cette prestigieuse entreprise vers un avenir incertain.

Bernard Cabanes, rédacteur en chef à l’AFP, - tué le 13 juin 1975 par erreur dans un attentat à la bombe contre son appartement en banlieue parisienne -, a été le premier à repérer « le saute ruisseau » que le signataire de ce texte devait sans doute être à l’époque, le faisant venir depuis Beyrouth en stage de familiarisation avec le desk central à Paris, en juin 1975, prélude à sa titularisation. Boni de Torhout, Chef du service diplomatique de l’AFP, a été le premier envoyé spécial de l’AFP en Cisjordanie occupée en 1967, correspondant de guerre en Irlande du nord, puis à Beyrouth. Grand spécialiste de l’Asie, Jean Vincent a été l’interlocuteur du premier ministre chinois Chou En Lai et du Général Nguyen Van Giap, ministre vietnamien de la défense, vainqueur de la bataille de DIEN BIEN PHU. L’auteur de ces lignes a eu le délicieux privilège de servir sous leur autorité au sein du service diplomatique de l’AFP (1980-1990), du temps de son prestige avant son démantèlement. En leur dédiant ce papier, il a souhaité s’acquitter de sa dette de gratitude à leur égard, rendant ce témoignage posthume à ces trois grands seigneurs du journalisme, au-delà à l’AFP, et, à travers l’AFP, à tous les agenciers à travers le monde.

Notes

[1] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

[2] Ce texte d’hommage est tiré du prologue du dernier ouvrage de René Naba De notre envoyé spécial… Un correspondant sur le théâtre du monde (1969-2009), Editions l’Harmattan, mai 2009

[3] Jean Marin a été le premier président de l’Agence France Presse de l’après guerre, de 1957 à 1975. De son vrai nom Yves Morvan, il était un journaliste et résistant français, né à Douarnenez le 24 février 1909, mort à Paris le 30 juin 1995. En 1940, il entre dans la Résistance alors qu’il est correspondant pour l’agence Havas à Londres depuis un an. Il sera, jusqu’en 1943, l’une des voix de la France Libre sur l’antenne de la BBC, dans la célèbre émission écoutée clandestinement de l’autre côté de la manche Les Français parlent aux Français ». En 1944, il intègre la deuxième division blindée du Maréchal Leclerc qui libère Paris le 25 août.

[4] Editions Robert Laffont février 2007.

[5] Sur la nouvelle problématique des médias à l’ère de la mondialisation et de la net-économie, sur le site de René Naba, auteur de cet article : « Média et démocratie 1ère partie : « De l’endogamie entre Média et Politique en France, l’embedded à la française » , « Média et démocratie 2eme partie - « Les médias comme véhicule d’‘une idéologie dominante », « Média et Diplomatie : Les journalistes, nouveaux acteurs des relations internationales ».

http://www.acrimed.org/article3269.html

Copenhague: los campesinos pueden enfriar el planeta y alimentarlo

Silvia Ribeiro

En las próximas semanas se reunirá en Copenhague, Dinamarca, la Convención sobre Cambio Climático de Naciones Unidas. El ambiente está caliente, tanto entre los bloques de negociadores oficiales, como en las organizaciones y movimientos, que por primera vez acudirán en decenas de miles al lugar de reunión. No es para menos, el cambio climático es devastador y sus efectos serán cada vez peores, informan los científicos. El tema toca puntos neurálgicos de la civilización petrolera, al mostrar que el sistema industrial del último siglo ha ido destruyendo la vida de la gente y del planeta, en forma irreparable si no lo frenamos ya.

Pese a ello, la vasta mayoría de los gobiernos siguen empeñados en no atacar las causas reales del cambio climático, empujando en su lugar falsas soluciones, basadas en enfoques de mercado y nuevas tecnologías cada vez más peligrosas, que en lugar de mejorar la situación, la empeoran. El tema de la agricultura y alimentación es un claro ejemplo de ello. Los negociadores de cambio climático lo ven como un problema (la agricultura industrial es responsable de un altísimo grado de emisiones de gases de efecto invernadero) pero sobre todo como un campo para ampliar los mercados de carbono, paradójicamente, aumentando la agricultura industrial y sus impactos. Hay propuestas y presiones empresariales para lograr apoyos nuevos a actividades altamente destructivas social y ambientalmente, como monocultivos de árboles y soya transgénica, grandes instalaciones de cría de animales confinados, proyectos masivos de biochar o carbón vegetal (producir masa vegetal para quemarla y enterrarla como carbón en los suelos), entre otras.

Al otro extremo, movimientos como La Vía Campesina, tienen claras las causas y las combaten día a día, pero también presentan soluciones: la agricultura campesina y la producción de pequeña escala puede enfriar el planeta –y lo está haciendo–, además de alimentar a la mayoría de la humanidad.

Un reciente informe del Grupo ETC (¿Quién nos alimentará? www.etcgroup.org/es) analiza estos aspectos y plantea una serie de preguntas claves frente a las crisis climática y alimentaria.

Por un lado, las trasnacionales nos quieren hacer creer que los sistemas alimentarios son una cadena industrial que comienza con Monsanto como dueña de las semillas en un extremo y WalMart como paradigma de los supermercados en el otro, cada vez más industrializado y centralizado. Afirman que sólo ellos podrán alimentar a la población mundial creciente y enfrentar el caos climático, con sus variedades transgénicas y producción masiva y uniformizada. Exigen que los gobiernos sigan apoyando sus patentes, sus tecnologías contaminantes y sus oligopolios de mercado, haciendo la vista gorda a los impactos climáticos y de salud que provocan –que afirman van a absorber con más tecnología, más patentes y más libre comercio.

Por otro lado, la realidad es que los sistemas alimentarios del mundo no son cadenas sino redes, donde muchas personas, actividades, culturas y funciones convergen e intercambian. Más de 85 por ciento de los alimentos son producidos cerca de donde se consumen, a nivel local, regional o al menos nacional, y la mayoría gracias a campesinos y productores de pequeña escala, a indígenas, pescadores artesanales, pastores nómadas y pequeños horticultores urbanos, que en conjunto son más de la mitad de la población mundial, pero alimentan a muchísimos más y llegan a quienes más lo necesitan. Por sus formas de manejo no emiten gases de efecto invernadero sino que los absorben, ahorran agua, conservan los suelos y una enorme diversidad de cultivos, animales domésticos y peces, que son la clave de las adaptaciones necesarias frente a las crisis climáticas. Además, si se toma en cuenta todos los elementos que producen, crecen y recolectan en las pequeñas fincas y no sólo el rendimiento de un determinado cultivo por hectárea, el volumen de alimentos producidos es mucho mayor, más variado y nutritivo que en cualquier monocultivo industrial.

Un artículo de Grain resalta otro aspecto fundamental, relacionado: el cuidado (o destrucción) del suelo y su relación con el cambio climático. (Cuidar el suelo, Biodiversidad 62, www.grain.org/biodiversidad/?id=459) El uso del fertilizantes químicos y otros agrotóxicos, conlleva necesariamente la destrucción de la vida microbiana del suelo y ha sido reconocido como un importante factor de emisiones de gases de efecto invernadero. Los fertilizantes sintéticos, además de lo que emiten, destruyen la capacidad del suelo de captar y almacenar carbono. El artículo presenta un cálculo cuidadoso y realista de cómo si se recupera y estimula la incorporación de materia orgánica al suelo, a partir de prácticas agrícolas, pecuarias y pastoriles de pequeña escala, con diversidad cultural, geográfica y de manejo, resultaría en una importante reducción de emisión de gases de efecto invernadero, pero además tendría el potencial de con el tiempo, absorber las dos terceras partes del exceso de gases de efecto invernadero de la atmósfera, siendo la medida más importante propuesta hasta el momento.

La Vía Campesina y otros movimientos estarán en Copenhague para presentar estas realidades y confrontar a los gobiernos y empresas que quieren que sigamos creyendo que sin sus cadenas no tenemos futuro. La verdad es que solamente sin ellas podremos enfrentar las crisis en que nos han metido.

- Silvia Ribeiro es Investigadora del Grupo ETC.
www.etcgroup.org

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=96555

Haidar completa ya su tercera semana en huelga de hambre y su vida "corre peligro"

Zapatero dice que sigue haciendo gestiones y descarta implicar al Rey. El agravamiento del estado de salud de la activista saharaui podría ser irreversible "en día o horas", han asegurado desde su entorno próximo. Un médico forense ha acudido al aeropuerto de Lanzarote para examinar el estado de Haidar.

La activista saharaui Aminatu Haidar completa este domingo su tercera semana en huelga de hambre en el aeropuerto de Lanzarote, en demanda de poder regresar a El Aaiún, y su vida "ya corre peligro", según fuentes de su entorno.

Carmelo Ramírez, presidente de la Federación Estatal de Instituciones Solidarias con el Sáhara de España, ha explicado que "el margen de maniobra se estrecha y podemos estar ante una verdadera tragedia", ya que el médico ha advertido que el agravamiento de su estado de salud puede ser irreversible "en días o en horas".

Al inicio de su vigésimo primer día de huelga (que inició a las 0:00 horas del día 16 de noviembre), Haidar continuaba a las 10:30 horas en el interior del habitáculo del aeropuerto de Lanzarote donde pernocta.

Al mismo tiempo, la familia de Haidar lanzó un llamamiento desde El Aaiún a las autoridades españolas para que hagan un esfuerzo que permita su vuelta a esta ciudad, donde la esperan preocupados por el deterioro de su salud.

Perdida la confianza en que Marruecos acepte su entrada, su hermana Leila Haidar instó en un breve encuentro con periodistas a que "el Gobierno español se esfuerce para que Aminatu regrese con sus hijos", Hayat y Mohamed, de 15 y 13 años.

ZP descarta implicar al Rey

El jefe del Ejecutivo, José Luis Rodríguez Zapatero, ha asegurado que "todo el Gobierno" está haciendo gestiones para solucionar la situación de la activista saharaui Aminatu Haidar, ha descartado implicar al Rey Juan Carlos y ha abogado por mantener las buenas relaciones con Marruecos. "A veces, como es normal, surgen dificultades, pero debe prevalecer lo que es un interés general" para el país, mantener buenas relaciones con los países vecinos, ha subrayado Zapatero a su llegada al Congreso para asistir a los actos conmemorativos del 31 aniversario de la Constitución.

Tras escuchar que el líder del PP, Mariano Rajoy, le había acusado de "arrojar la toalla", le ha garantizado que todo el gabinete está implicado en la resolución del caso y no sólo el Ministerio de Asuntos Exteriores.

Cadena humana frente a Exteriores

Unas 150 personas formaron ayer por la tarde una cadena humana frente al Ministerio de Asuntos Exteriores en Madrid para exigir al Gobierno que facilite el regreso de Aminatu Haidar a El Aaiún, de donde fue expulsada hace tres semanas por las autoridades marroquíes.

Para hoy lunes está prevista una nueva concentración en Madrid, a las 7 de la tarde, frente al Ministerio de Exteriores (Plaza de las Provincias) en defensa de la activista saharaui.

Un médico forense la examina

El juez de guardia se presentó anoche en el aeropuerto de Lanzarote con un médico forense para examinar el estado de salud de la activista saharaui.

La comisión judicial se ha presentado en el habitáculo que ocupa Haidar en la zona de aparcamientos de guaguas del aeropuerto de Guacimeta para comprobar cuál es su estado de salud y decidir sobre su situación.

En una improvisada rueda de prensa, a las puertas del recinto, miembros de la Plataforma de Apoyo Aminatu Haidar han denunciado los "malos modos" en los que se produjo la intervención judicial, ya que, dijeron, "entraron sin pedir permiso, los echaron a todos, incluida su abogada y a un cámara que había dentro".

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=96571

El sesgo conservador de la prensa española

Vicenç Navarro

Los lectores de los mayores rotativos de España que estén interesados en la situación en América latina, no encontrarán en ellos una descripción equilibrada de las realidades de aquel continente. Todo lo contrario, hay un sesgo conservador que aparece sin ninguna sutileza en aquellos medios. En realidad sorprende el carácter propagandista de las noticias, tomando posturas muy favorables hacia gobiernos conservadores y extremadamente hostiles, casi histriónicas, hacia gobiernos de izquierda, como el presidido por Hugo Chávez en Venezuela o Evo Morales en Bolivia. Es imposible leer un artículo en esos medios que sea favorable o meramente equilibrado sobre dichos gobiernos. Ese comportamiento se hace bajo el pretexto de que tales medios están defendiendo la democracia, supuestamente amenazada por aquellos gobiernos. Tal argumento, sin embargo, pierde credibilidad, cuando se compara su cobertura de los gobiernos venezolano y boliviano con la de gobiernos conservadores en Latinoamérica de muy dudosas credenciales democráticas, como el gobierno Uribe de Colombia. Sus reportajes sobre ese gobierno son un ejemplo de la escasa credibilidad de su supuesta defensa de la democracia. En sus reportajes sobre el gobierno colombiano no han informado de que:

  1. Según la agencia de los derechos humanos Human Rights Watch, Colombia es uno de los países de América Latina donde se violan más los derechos humanos de sus ciudadanos. Según las denuncias presentadas a los tribunales colombianos, han desaparecido 17.000 personas en los últimos 16 meses.
  2. Según la Federación Internacional de Sindicatos, Colombia es el país del mundo donde se han asesinado más sindicalistas, (2.732). Menos de un 5% de esos asesinatos ha terminado en los Tribunales de Justicia. En el último Congreso de la Federación Sindical de EEUU (AFL-CIO), la sindicalista colombiana Jessica Hoyos denunció la relación existente entre las fuerzas paramilitares y otros grupos violentos, que han asesinado a sindicalistas, con el mundo empresarial y con el gobierno Uribe, y muy en especial con la oficina del Vicepresidente Francisco Santos. Mostró evidencia de cómo aquellos grupos que asesinan a los sindicalistas están financiados por las compañías estadounidenses Drummond Coal y Chiquita Brand (que se llamaba antes United Foods). 3.000 fusiles automáticos y 2,5 millones de municiones se enviaron a Colombia en aviones de Chiquita y fueron recogidos por el conocido grupo paramilitar AUC (responsable del asesinato de más de 24.000 personas), que está relacionado con los cuerpos de seguridad del estado.
  3. Según el Center for Economic and Policy Research de Washington, Colombia es el país de América Latina, después de México, donde se han asesinado más periodistas, y existe un miedo generalizado entre los profesionales de los medios. La mayoría de los medios de información ha seguido la línea oficial del gobierno en temas como la apertura de bases militares de EEUU en Colombia.

Ninguno de los rotativos de mayor distribución en España ha informado de estos hechos. En realidad, El País entrevistó al Presidente Uribe (17.05.09) y El Periódico al Vicepresidente Francisco Santos (11.10.09), sin preguntarles específicamente sobre ninguno de los hechos citados anteriormente. Y cuando El País publicó un artículo escrito por Miguel Angel Bastenier (12.10.09) en el que se criticaba al Presidente Uribe por su proyecto de cambiar la Constitución para perpetuarse en el poder, inmediatamente El País publicó un artículo del Embajador de Colombia, Carlos Rodado Noriega (15.10.09) defendiendo al Presidente Uribe. El País nunca ha permitido tal privilegio al Embajador de Venezuela, a pesar de que se escriben casi a diario artículos estridentes sobre Chávez en ese rotativo.

Es cierto que, como consecuencia de las quejas de los lectores, la línea "Vargas-Llosista" de El País se ha modificado algo, permitiendo, muy de vez en cuando, artículos menos halagadores para Uribe, como “La tentación de Álvaro Uribe”, de Tomás Eloy Martínez (22.10.09), o “Bases Militares estadounidenses en Colombia”, de Ernesto Samper Pizarro (12.11.09). Pero, El País dista mucho de ofrecer un análisis equilibrado de aquella realidad. Lo mismo ocurre con otros rotativos. Así, la entrevista de El Periódico al Vicepresidente Francisco Santos por la periodista Eva Peruga (11.10.09), llegaba incluso a excusar la represión, presentándola, como hace el gobierno colombiano, como una lucha contra el narcotráfico, convirtiendo a tal periodista (seguramente resultado de su ignorancia sobre el tema) en cómplice de aquella represión. El Periódico ha dado el Premio Antonio Asenso a la Sociedad Interamericana de Prensa, una asociación de profesionales de los mayores grupos mediáticos que presentan un sesgo en su denuncia de los abusos de los gobiernos hacia los medios, destacando que los más contrarios a la libertad de prensa son, como era predecible, Venezuela, Bolivia y Ecuador (todos ellos gobernados por las izquierdas) sin poner en esta categoría a Colombia, y ello a pesar de que hay más diversidad ideológica en los medios escritos, orales y televisivos en Venezuela que en Colombia, hecho fácil de verificar contando el número de diarios y cadenas de televisión contrarias a los gobiernos de ambos países. Hay más, muchos más, en Venezuela que en Colombia.

Ni que decir tiene, que cualquier persona con sensibilidad democrática debe denunciar cualquier restricción de la libertad de expresión en los medios, pero la selectividad en tal denuncia hace perder credibilidad en su supuesta defensa de la libertad, mostrando un cariz ideológico que debe, a su vez, denunciarse. En realidad hoy es más fácil encontrar un artículo crítico de Chávez en Venezuela que uno favorable a aquel gobierno en España. En nuestro país, sólo Público publica artículos y reportajes que permiten una visión más equilibrada de aquellas realidades.

Otras noticias ignoradas en los medios de información españoles

Tal sesgo conservador en la mayoría de los medios explica que la población española desconozca noticias que son de un indudable interés político y económico. Dos hechos recientes han sido ignorados por tales medios. Uno es que, según Mark Weisbrot, experto en temas sobre Latinoamérica del prestigioso Center for Economic and Policy Research de Washington, Bolivia tendrá este año el crecimiento económico más elevado de América Latina. Bolivia, hasta hace poco, tenía el desagradable privilegio de ser considerado el país más pobre de Sudamérica, bajo el tutelaje del Fondo Monetario Internacional (F.M.I.) durante los veinte años que precedieron a la victoria de Evo Morales (el primer presidente indígena del país) en las elecciones de 2005, pasando a gobernar en enero del año siguiente, 2006. Durante aquellos veinte años de tutelaje del país por parte del FMI, se siguieron las políticas liberales que el Fondo propuso en toda América Latina. Como consecuencia, en el año 2005, el PIB per cápita era menor que veinte años antes. El PIB de aquel país es sólo de 16.000 millones de dólares (con una población de sólo 11 millones, en una superficie que es la que ocupan España y Francia juntas).

No es de extrañar que el Presidente Evo Morales despidiera al FMI instándole a dejar el país, cambiando 180 grados las políticas estatales. Una de las primeras intervenciones fue la nacionalización de los hidrocarburos, y muy en especial del gas natural, intervención que, como era de esperar, cayó muy mal en los centros de la ortodoxia liberal. Otra intervención que también cayó muy mal en estos centros fue la decisión del nuevo gobierno boliviano de romper su relación con el Banco Mundial, cuyo centro de arbitraje tiende a favorecer sistemáticamente los intereses de las empresas a costa del sector público.

Estas políticas fueron muy eficaces, pues los ingresos de la industria de los hidrocarburos nacionalizada, permitió un aumento considerable de las inversiones públicas (pasando de un 6,3% del PIB a un 10,5% en 2009). Este crecimiento es incluso más meritorio, pues ha tenido lugar en un periodo que, como resultado de la crisis mundial, el precio de los hidrocarburos ha descendido Y la hostilidad internacional, incluyendo la mediática, ha crecido enormemente. El Presidente Bush incluso promovió grupos violentos en contra del gobierno, causa de que el Embajador fuera expulsado del país. El hecho de que el Presidente Morales haya intentado diversificar los medios de información, hasta ahora monopolizados por un grupo muy reducido de empresas informativas, ha sido una de las mayores causas de hostilidad mediática hacia su gobierno, como ha ocurrido también en Venezuela.

Otra noticia, publicada en la prensa extranjera pero ignorada en los mayores medios de información españoles es el discurso reciente del presidente Lula da Silva, de Brasil, en el que criticó duramente al presidente Obama por haber instalado las bases militares en Colombia, criticando también su política en Medio Oriente y en Irán. En este discurso celebró su amistad con el Presidente Chávez, denunciando la demonización de su figura por parte de los medios de información internacionales de sensibilidad conservadora y liberal, aplaudiendo y apoyando el establecimiento del Banco del Sur (promovido inicialmente por el gobierno venezolano), y refiriéndose a dicho Banco como la alternativa al Banco Mundial, de cuyas políticas fue muy crítico (Merco Press, 09.11.09).

Ninguna de estas noticias ha aparecido en nuestros medios, los cuales, con la excepción de Público están ocultando una realidad de enorme importancia para España. El surgimiento de las izquierdas en Latinoamérica está convirtiendo aquel continente (cercano a nuestro país por razones económicas, culturales y emotivas) en una de las áreas del mundo con mayor interés y vitalidad. Este hecho es consecuencia del enorme daño y descrédito de las políticas liberales (promovidas por la mayoría de los medios de información españoles) aplicadas en aquel continente durante los últimos treinta años. La ocultación de este resurgimiento está dañando a España, pues dificulta la comprensión por parte de la ciudadanía de lo que ocurre en aquella realidad.

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=96457

Ambedkar ou la critique de la société de castes

Jules Naudet

Moins connu que Gandhi et Nehru, Ambedkar occupe une place singulière dans l’imaginaire collectif indien. Père de la Constitution et critique virulent du système des castes, il est aujourd’hui encore une figure de référence pour les Dalits qui peinent à se reconnaître dans les récits officiels de la lutte pour l’indépendance. - Ambedkar ou la critique de la société de castes

http://www.laviedesidees.fr/Ambedkar-ou-la-critique-de-la.html

Le Point expose et vend son catalogue de cadeaux de Noël

Mathias Reymond

Noël approchant, le numéro du Point du 29 novembre 2009 est accompagné d’un catalogue publicitaire « Spécial cadeaux » de plus de 150 pages, symptôme de la relation incestueuse entre annonceurs, capital et presse. Seule la plume habile et alerte de Franz-Olivier Giesbert pouvait expliquer (et illustrer par ses confidences) la raison de cette étrange dépendance…

Propriété de François Pinault – lui-même patron de la maison de haute couture et de prêt-à-porter de luxe Gucci et du groupe français de distribution et de luxe PPR, anciennement connu sous le nom de Pinault-Printemps-Redoute – Le Point est l’hebdomadaire des riches. La crème de l’éditocratie droitière et libérale y officie. De Jacques Marseille à Nicolas Baverez en passant par Bernard-Henri Lévy, Claude Imbert et Alain Duhamel, chacun y va de sa petite chronique, de sa mauvaise humeur ou de sa flagornerie du jour. Le directeur de ce petit monde n’est autre que Franz-Olivier Giesbert, globe-trotter médiatique, passé par le Nouvel Observateur, le Figaro Magazine, Paris Première, France Télévision, Le Point, etc.

Pour Pinault, Le Point est un produit de consommation comme les autres. Mais c’est aussi une vitrine pour Gucci et pour Pinault lui-même [1]. Qu’y a-t-il d’étonnant alors, à ce que Le Point propose aux lecteurs un catalogue pour les fêtes de fin d’année ? Qu’y a-t-il d’étonnant à ce que Le Point offre sur un plateau des dizaines de milliers de lecteurs (et leur porte-monnaie) à ses annonceurs ?

Pour justifier cette démarche, Franz-Olivier Giesbert (FOG, comme le nomment les « branchés » du sérail) signe, au début de ce catalogue, un éditorial autobiographique intitulé « Vivement Noël », dont voici le texte intégral, puisqu’il est bref !

« Si notre espèce descend du singe, j’ai toujours pensé que, pour ma part, je descendais du cochon. La preuve, pour reprendre une vieille expression, le soleil luit sans discontinuer dans mon ventre vide. Comme les trois quarts des femmes et un cinquième des hommes, je monte chaque matin sur ma balance, le cœur battant, pour vérifier que mon régime de fer m’a bien permis de ne pas prendre encore quelques centaines de grammes : telle est ma hantise. Le reste de la journée, je me contrôle, je me bride, je me punis.

Ce n’est pas une vie. En tout cas, pour le cochon que je suis, qui rêve la nuit, des jéroboam de grands vins, des tartines de pain complet, des pâtes au pistou ou des purées de pommes de terre dont il s’est privé tout le jour. « Tu es ce que tu manges », disait l’autre. C’est pourquoi je ne suis pas grand chose. Un estomac creux qui, s’il s’écoutait, pourrait avaler la mer et les poissons.

Encore que je fais des exceptions. Par exemple, pour les déïfiques gibassiers de Gérard Auzet, chez Vérosan, à Coustellet, dans le Vaucluse. Des pompes à huile à l’écorce d’orange. Elles sont à mourir et réconcilient avec le Très Haut les anticléricaux les plus convaincus : je peux en manger deux grosses d’affilée en casse-croûte.

Nous vivons une drôle d’époque où nous blasphémons quand nous citons la Bible qui célèbre le vin (à condition de la boire avec modération) ou bien le grand Platon qui disait : « La vérité est dans le vin ». Je vais donc aggraver mon cas en confessant que je ne suis moi-même qu’à Noël, quand je m’autorise tout, la gourmandise, le plaisir d’offrir et tous les péchés capiteux.

Franz-Olivier Giesbert »

Instructif éditorial, où l’on apprend que FOG descend du cochon, qu’il s’inquiète de sa ligne, qu’il est légèrement maso (« je me punis »), et qu’en définitive, il n’est pas grand-chose, mais qu’il redevient lui-même, c’est-à-dire Franz-Olivier Giesbert, à Noël quand il se goinfre délicatement.

Mais surtout, instructif supplément qui informe sur les « valeurs » du Point et sur son lectorat : un hebdomadaire, où l’on peut découvrir, entre autres, une bague à 20 000 euros, une paire de chaussure à 1 000 euros ou une écharpe à 200 euros. Mais le plus surprenant (indécent ?), c’est l’invitation à contempler une montre en vente… « à partir de 85 000 euros », soit l’équivalent d’environ huit années de smic. Ou, pour que Giesbert et Pinault comprennent mieux, l’équivalent d’un abonnement au Point pour 850 années…

Notes

[1] Pour preuve l’article élogieux de Christophe Ono-dit-Bio, dans Le Point du 28 mai 2009, consacré à l’exposition Pinault à Venise (à ce sujet, voir l’article du Plan B, juin 2009)

http://www.acrimed.org/article3266.html

Le discours d’Obama sur l’Afghanistan : un ramassis de mensonges

Alex Lantier - Mondialisation.ca, Le 7 decembre 2009

Dans le discours qu’il a prononcé le 1er décembre à West Point pour annoncer l’envoi de 30.000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan, le président Barack Obama a tenté de justifier l'intensification d’une guerre profondément impopulaire sur la base de mensonges et de distorsions. Le fait qu’il ait été obligé de recourir à de telles falsifications reflète à la fois le caractère réactionnaire de sa politique et le fait qu’elle est imposée en violation de la volonté populaire.

Pour justifier l’escalade, Obama a fait ressortir le mythe instauré par le gouvernement Bush sur la « guerre contre le terrorisme ». Il a cyniquement présenté les Etats-Unis comme une puissance altruiste, contrainte à la suite des attentats terroristes du 11 septembre de se lancer dans une guerre, à échelle mondiale, pour la démocratie.

Toutefois, en tentant de fondre la politique impérialiste américaine dans le moule de la « guerre contre le terrorisme », son discours est tombé dans l’incohérence absolue.

Le compte-rendu par Obama des récentes guerres menées par les Etats-Unis contredit sa propre affirmation selon laquelle Washington est résolument engagé à pourchasser Al Qaïda. En 2001, a-t-il dit, les Etats-Unis avaient attaqué l’Afghanistan pour détruire Al Qaïda, bien que la plupart des preneurs d’otages étaient en fait originaires d’Arabie saoudite, le principal allié arabe des Etats-Unis au Moyen Orient.

Il a soutenu que l'invasion américaine était légitime parce que l’Afghanistan formait la base des opérations d’Al Qaïda et que le régime des Taliban abritait et protégeait le groupe terroriste.

Obama a passé sous silence l’échec de l’invasion américaine pour démembrer Al Qaïda en disant qu’« après avoir réussi à franchir la frontière du Pakistan en 2001 et en 2002, les dirigeants d’Al Qaïda y avait trouvé un abri sûr. »

Ainsi, de 2002 à 2009, les Etats-Unis ont mené des guerres en Irak et en Afghanistan soi-disant dirigées contre Al Qaïda alors même que cette organisation était basée dans un tout autre pays, le Pakistan, un allié de longue date des Etats-Unis.

Obama a même suggéré qu’Al Qaïda jouissait de la protection de sections de l’Etat pakistanais en déclarant, « [I]l y a ceux qui au Pakistan disent que la lutte contre l’extrémisme n’est pas leur combat, et qu’il vaut mieux pour le pays de ne pas trop en faire, ou d’essayer de s’arranger avec ceux qui recourent à la violence. »

Ce compte rendu montre qu'il existe, à l'évidence et sans explication, deux poids et deux mesures. Si la sécurité du peuple américain requiert l’invasion de l’Afghanistan par les Etats-Unis et le délogement d’un régime bienveillant à l'égard d'Al Qaïda, alors pourquoi la même chose ne s’appliquerait donc pas au gouvernement du Pakistan ?

Au lieu de cela, Obama loue le Pakistan comme un allié dans la lutte contre « l’extrémisme violent » en prônant un partenariat entre les Etats-Unis et le Pakistan fondé sur « une confiance mutuelle. »

Ceci ne fait que confirmer la nature frauduleuse de la justification de cette guerre qui, comme le savent bien Obama et le reste de l’establishment politique américain, n’est qu’un tissu de mensonges.

Et puis, il y a la question du gouvernement afghan pour la défense duquel les Etats-Unis sont soi-disant engagés dans la guerre contre les Taliban et Al Qaïda. Dans un premier temps Obama a loué le régime du président Hamid Karzai comme étant un « gouvernement légitime », puis il a reconnu par la suite qu’il était entravé par la « corruption, le trafic de drogue, le sous-développement économique et l’insuffisance des forces de sécurité. »

Faisant preuve d’un cynisme absolu, il a affirmé que la récente réélection de Karzai, universellement reconnue comme le résultat d’une élection truquée et de bourrage d’urnes avait néanmoins débouché sur un gouvernement légitime. « Bien qu’entachée de fraude, » a dit Obama, « cette élection a produit un gouvernement compatible avec les lois et la constitution de l’Afghanistan. »

Les efforts entrepris par Obama pour avancer des raisons d'apparence noble au déploiement de 30.000 troupes américaines supplémentaires étaient aussi sinistres que contradictoires. Dans un style orwellien, il a annoncé au peuple afghan qui endure depuis huit ans déjà l’occupation américaine, « Nous n’avons aucun intérêt à occuper votre pays. »

Il a comparé l’attitude soi-disant bienveillante des Etats-Unis à l’égard de l’Afghanistan à l’invasion soviétique du pays en 1979-1989. En fait, cela fait 30 ans que les Etats-Unis manipulent la politique afghane.

Dès 1979, les Etats-Unis avaient financé et soutenu la résistance islamique fondamentaliste contre le régime prosoviétique de Kaboul dans le but de provoquer une invasion soviétique. Donc, les Etats-Unis sont politiquement complices de la mort de millions d’Afghans durant l’occupation soviétique et de la guerre civile qui s’ensuivit. Les forces islamistes que Washington combat aujourd’hui en Afghanistan proviennent en grande partie des groupes qu’ils avaient soutenus contre les Soviétiques dans les années 1980.

Alors même que se déroulent des guerres qui coûtent la vie à de millions de gens et où l’usage de la torture est largement répandu dans les prisons se trouvant sous régie américaine, Obama a affirmé que la politique américaine « s’inspirera de la flamme de la liberté, de la justice, du progrès et du respect de la dignité de tous les peuples. »

Obama s’est vanté d’avoir mis fin à la torture, une affirmation creuse et fausse et qui est contredite par des rapports sur la torture continuelle dans les prisons américaines en Afghanistan et ailleurs, tout comme par la poursuite de la pratique de la « rendition » (transfert dans des pays qui pratiquent la torture de prisonniers) et contredite aussi par son opposition à toute inculpation de responsables gouvernementaux ordonnant et supervisant l’usage de la torture.

Il a réitéré sa promesse de fermer Guantanamo mais n'a pas dit un mot sur son insistance pour que restent ouvertes les prisons américaines en Afghanistan, telle la base militaire de Bagram, où la torture est pratiquée.

Le mensonge central du discours d’Obama a toutefois été, l’affirmation que ses projets d’escalade permettront aux soldats américains en Afganistan de rentrer rapidement à la maison et ce dès 2011.

En fait, comme l'a indiqué Obama un peu plus loin dans son discours, cette escalade n'est qu'une étape dans la préparation de guerres de plus grande envergure. « La lutte contre l’extrémisme violent ne sera pas rapidement terminée, » a-t-il dit, « et elle va bien au-delà de l’Afghanistan et du Pakistan. » En mentionnant la Somalie et le Yémen comme des cibles potentielles, il a ajouté, « nos efforts impliqueront des régions agitées et des ennemis diffus. »

La présence de ce passage montre clairement qu’Obama fonde sa politique afghane sur un rapport publié le mois dernier par Anthony Cordesman, un analyste de l’influent groupe de réflexion, le Centre d’Etudes stratégiques et internationales (CSIS).

Cordesman avait écrit : « Le président doit dire franchement que toute forme de victoire en Afghanistan et au Pakistan fera partie d’une lutte bien plus vaste et plus longue. Il doit dire clairement que les pressions idéologiques, démographiques, de gouvernance, économiques et autres qui divisent le monde islamique signifient que le monde sera confronté à des menaces dans bien d’autres pays et qui s’étendront en longueur indéfiniment. Il devrait mentionner les risques au Yémen et en Somalie, et montrer clairement que la guerre en Irak n’est pas terminée, en mettant en garde que nous devrons encore faire face à la fois à une menace intérieure ainsi qu’à une combinaison d’insurrection et de terrorisme qui continuera de s’étendre du Maroc aux Philippines et de l’Asie centrale jusqu’en Afrique, indépendamment de ce que pourraient être nos succès en Afghanistan et au Pakistan. »

Il avait ajouté : « …le nombre actuel de victimes des Etats-Unis, des alliés, de l’Afghanistan et du Pakistan va très certainement doubler et probablement tripler avant qu’un semblant de victoire soit remporté. »

Bref, les Etats-Unis mèneront des guerres extrêmement coûteuses sur une partie considérable de la planète, dans des régions s’étendant sur des milliers de kilomètres dans toutes les directions.

Réduite à l’essentiel, la perspective d’Obama et de ses conseillers est un avenir de guerre sans fin dans le but de sauvegarder la position hégémonique mondiale des Etats-Unis. Ce qui est en jeu, outre la question du contrôle des recettes pétrolières et des routes commerciales, c’est la position des Etats-Unis en tant que puissance mondiale. Tout comme le retrait des Britanniques de Suez en 1956-1957, un retrait forcé de l’Afghanistan serait un coup dévastateur contre le prestige de Washington.

La politique afghane d’Obama émane de cette dynamique de l’impérialisme américain. Etant donné que se retirer, à quelque moment que ce soit, serait un désastre, il a choisi l’escalade sans cesse grandissante.

Climate Change: The Global Media presents an Apocalyptic Scenario

Michel Chossudovsky - Global Research, December 7, 2009

The following text (in annex) was published simultaneously by major Newspapers around the World. It constitutes a Worldwide public relations initiative, intended to sway public opinion into unreservedly accepting the "Global Warming consensus". The text of the editorial was prepared by The Guardian team.

The editorial presents an apocalyptic scenario, with global warming ravaging the planet.

While it rightly points to the need to reduce CO2 emissions, as an environmental objective in its own right, it accepts the Global Warming Consensus, outright, without debate or discussion, as an absolute truth as outlined by the UN Panel on Climate Change.

It fails to acknowledge the broader scientific debate on climate change. It also fails to address the controversy behind the data base on climate change and greenhouse gas emissions.

The evidence that CO2 is the sole cause of Global Warming is questionable, as revealed by numerous scientific studies. (See
Global Research's Climate Change Dossier: Archive of more than 100 articles)

There has been, in this regard, a persistent attempt to silence the critics as conveyed in the writings of MIT meteorologist Richard S. Lindzen (See Richard Lindzen, Climate of Fear: Global-warming alarmists intimidate dissenting scientists into silence., Global Research, 7 April 2007)

Scientists who dissent from the alarmism have seen their grant funds disappear, their work derided, and themselves libelled as industry stooges, scientific hacks or worse. Consequently, lies about climate change gain credence even when they fly in the face of the science that supposedly is their basis. (Ibid)

CO2 emissions are heralded in the editorial as the single and most important threat to the future of humanity.

The authors of the editorial believe that "the politicians in Copenhagen
have the power to shape history's judgment on this generation".

Our understanding is that the politicians from NATO countries, who will be attending the Copenhagen Venue, invariably act on behalf of the interests of the financial establishment, the oil companies and the defense contractors.

In this regard, it is worth noting that key decisions and orientations on COP15 have already been wrapped up at the World Business Summit on Climate Change (WBSCC) held in May in Copenhagen, six months ahead of COP15.

The WBSCC brought together some of the World's most prominent business executives and World leaders including Al Gore and UN Secretary General Ban Ki Moon. (
The World Business Summit on Climate Change, includes webcast)

The results of these high level consultations are contained in a "summary report for policymakers" drafted by PricewaterhouseCoopers LLP, on behalf the corporate executives participating in the event. This report, which has been forwarded to the participating governments, has very little to do with environmental protection. It largely consists in a profit driven agenda, which uses the global warming consensus as a justification. (For details see Climate Council: The World Business Summit on Climate Change)

"The underlying ambition of the [WBSCC] Summit was to address the twin challenges of climate change and the economic crisis. Participants at the Summit considered how these risks can be turned into opportunity if business and governments work together, and what policies, incentives, and investments will most effectively stimulate low-carbon growth." (Copenhagen Climate Council)

What is the hidden agenda behind the Copenhagen CO15 Summit?

The Global Warming consensus is being used to justify a lucrative multibillion carbon trading scheme which seeks to enrich corporations and financial institutions to the detriment of the developing countries.

According to the editorial: "Social justice demands that the industrialised world digs deep into its pockets and pledges cash to help poorer countries adapt to climate change, and clean technologies to enable them to grow economically without growing their emissions".

This carbon trading scheme does not serve the interests of social justice. Quite the opposite.


Michel Chossudovsky, December 7, 2009


ANNEX

Copenhagen climate change conference: 'Fourteen days to seal history's judgment on this generation'

The Guardian, December 7, 2009

This editorial calling for action from world leaders on climate change is published today by 56 newspapers around the world in 20 languages Copenhagen climate change summit - opening day liveblog

Today 56 newspapers in 45 countries take the unprecedented step of speaking with one voice through a common editorial. We do so because humanity faces a profound emergency.


Unless we combine to take decisive action, climate change will ravage our planet, and with it our prosperity and security. The dangers have been becoming apparent for a generation. Now the facts have started to speak: 11 of the past 14 years have been the warmest on record, the Arctic ice-cap is melting and last year's inflamed oil and food prices provide a foretaste of future havoc. In scientific journals the question is no longer whether humans are to blame, but how little time we have got left to limit the damage. Yet so far the world's response has been feeble and half-hearted.

Climate change has been caused over centuries, has consequences that will endure for all time and our prospects of taming it will be determined in the next 14 days. We call on the representatives of the 192 countries gathered in Copenhagen not to hesitate, not to fall into dispute, not to blame each other but to seize opportunity from the greatest modern failure of politics. This should not be a fight between the rich world and the poor world, or between east and west. Climate change affects everyone, and must be solved by everyone.


The science is complex but the facts are clear. The world needs to take steps to limit temperature rises to 2C, an aim that will require global emissions to peak and begin falling within the next 5-10 years. A bigger rise of 3-4C — the smallest increase we can prudently expect to follow inaction — would parch continents, turning farmland into desert. Half of all species could become extinct, untold millions of people would be displaced, whole nations drowned by the sea. The controversy over emails by British researchers that suggest they tried to suppress inconvenient data has muddied the waters but failed to dent the mass of evidence on which these predictions are based.


Few believe that
Copenhagen can any longer produce a fully polished treaty; real progress towards one could only begin with the arrival of President Obama in the White House and the reversal of years of US obstructionism. Even now the world finds itself at the mercy of American domestic politics, for the president cannot fully commit to the action required until the US Congress has done so.


But the politicians in
Copenhagen can and must agree the essential elements of a fair and effective deal and, crucially, a firm timetable for turning it into a treaty. Next June's UN climate meeting in Bonn should be their deadline. As one negotiator put it: "We can go into extra time but we can't afford a replay."


At the deal's heart must be a settlement between the rich world and the developing world covering how the burden of fighting climate change will be divided — and how we will share a newly precious resource: the trillion or so tonnes of carbon that we can emit before the mercury rises to dangerous levels.


Rich nations like to point to the arithmetic truth that there can be no solution until developing giants such as
China take more radical steps than they have so far. But the rich world is responsible for most of the accumulated carbon in the atmosphere – three-quarters of all carbon dioxide emitted since 1850. It must now take a lead, and every developed country must commit to deep cuts which will reduce their emissions within a decade to very substantially less than their 1990 level.


Developing countries can point out they did not cause the bulk of the problem, and also that the poorest regions of the world will be hardest hit. But they will increasingly contribute to warming, and must thus pledge meaningful and quantifiable action of their own. Though both fell short of what some had hoped for, the recent commitments to emissions targetsby the world's biggest polluters, the United States and China, were important steps in the right direction.


Social justice demands that the industrialised world digs deep into its pockets and pledges cash to help poorer countries adapt to climate change, and clean technologies to enable them to grow economically without growing their emissions. The architecture of a future treaty must also be pinned down – with rigorous multilateral monitoring, fair rewards for protecting forests, and the credible assessment of "exported emissions" so that the burden can eventually be more equitably shared between those who produce polluting products and those who consume them. And fairness requires that the burden placed on individual developed countries should take into account their ability to bear it; for instance newer EU members, often much poorer than "old
Europe", must not suffer more than their richer partners.


The transformation will be costly, but many times less than the bill for bailing out global finance — and far less costly than the consequences of doing nothing.


Many of us, particularly in the developed world, will have to change our lifestyles. The era of flights that cost less than the taxi ride to the airport is drawing to a close. We will have to shop, eat and travel more intelligently. We will have to pay more for our energy, and use less of it.


But the shift to a low-carbon society holds out the prospect of more opportunity than sacrifice. Already some countries have recognized that embracing the transformation can bring growth, jobs and better quality lives. The flow of capital tells its own story: last year for the first time more was invested in renewable forms of energy than producing electricity from fossil fuels.


Kicking our carbon habit within a few short decades will require a feat of engineering and innovation to match anything in our history. But whereas putting a man on the moon or splitting the atom were born of conflict and competition, the coming carbon race must be driven by a collaborative effort to achieve collective salvation.


Overcoming climate change will take a triumph of optimism over pessimism, of vision over short-sightedness, of what Abraham Lincoln called "the better angels of our nature".


It is in that spirit that 56 newspapers from around the world have united behind this editorial. If we, with such different national and political perspectives, can agree on what must be done then surely our leaders can too.


The politicians in
Copenhagen have the power to shape history's judgment on this generation: one that saw a challenge and rose to it, or one so stupid that we saw calamity coming but did nothing to avert it. We implore them to make the right choice.


This editorial will be published tomorrow by 56 newspapers around the world in 20 languages including Chinese, Arabic and Russian. The text was drafted by a Guardian team during more than a month of consultations with editors from more than 20 of the papers involved. Likethe Guardian most of the newspapers have taken the unusual step of featuring the editorial on their front page.


Copyright The Guardian. December 2009

Copenhague : le sommet du "Capitalisme Vert"

Aurélien Bernier

Plus la conférence de Copenhague approche, plus il semble évident qu’il s’agira d’un échec. Rien d’étonnant à cela, puisque la communauté internationale s’est enfermée dès le protocole de Kyoto dans des mécanismes inefficaces et dangereux, et refuse obstinément d’en sortir. Mais certains mouvements contestataires portent également une part de responsabilité pour ne pas avoir posé les véritables termes des débats.

Depuis les années 1970, toutes les négociations internationales sur l’environnement obéissent à une loi fondamentale : aucune mesure adoptée ne doit entraver le commerce mondial et la concurrence. Pour cette raison, les objectifs de réduction des gaz à effet de serre adoptés en 1997 par les pays développés à Kyoto sont dérisoires : 5,2% d’ici fin 2012 par rapport à l’année de référence 1990. Or, pour contenir le changement climatique dans des limites supportables, il faudrait diviser par deux les rejets mondiaux avant 2050.

Rideau de fumée

L’effondrement des économies d’Europe de l’Est permettra peut-être d’atteindre l’objectif de Kyoto. Mais ce résultat est un véritable rideau de fumée. En effet, les émissions des pays riches sur la période ont progressé de 12,8%. Surtout, les émissions mondiales, pays émergents inclus, ont bondi d’au moins 25% entre 1997 et 2006. Logique, puisque les pays occidentaux sont en phase de désindustrialisation, la production étant déplacée dans les pays à bas coût de main d’œuvre et sans réglementation environnementale grâce aux politiques de libre-échange de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de l’Union européenne.

Pour faire semblant d’agir, les États ont décidé à Kyoto de créer un marché des droits à polluer pour contrôler les gaz à effet de serre. Ils ont donc donné aux entreprises des quotas d’émission comme on donne des quotas de pêche, et ouvert une Bourse du carbone où ces quotas peuvent s’acheter et se vendre. Les acteurs de la finance se sont précipités sur ce nouveau marché porteur, et y spéculent honteusement. En quelques années, les fonds d’investissement spécialisés dans le commerce des droits à polluer se sont multipliés, les marchés à terme ont gonflé, et des produits dérivés sont apparus, reproduisant presque à l’identique le scénario qui a conduit à la crise de septembre 2008 sur le marché des « subprimes ».

Le bilan de Kyoto est déplorable

Le bilan de Kyoto a beau être déplorable, les négociations en cours s’inscrivent dans l’exacte continuité. Le marché du carbone sera conforté, puisqu’on y intègrera progressivement la gestion des forêts, l’agriculture, le transport... Il est tout simplement amené à devenir d’ici trois ou quatre ans le premier marché au monde ! Les prochains objectifs chiffrés de réduction font couler beaucoup d’encre, mais tout indique qu’ils seront bien en deçà du nécessaire. De toute façon, la contrainte juridique qui découle de ce type d’accords est inexistante puisqu’il n’est prévu aucune sanction pour les États qui ne tiendraient pas leurs engagements.

Les gouvernements continueront par contre à promouvoir le « capitalisme vert », c’est-à-dire à servir sur un plateau les profits des technologies faiblement émettrices de carbone aux grandes multinationales. Areva, Suez ou Veolia mettent la main sur les énergies renouvelables. Total ou General Electric testent l’enfouissement du dioxyde de carbone dans d’anciens puits de pétrole ou d’anciens gisements de gaz, largement soutenus par les aides publiques. Grâce à la crise environnementale, le capitalisme est en train de vivre une seconde jeunesse. Et rien de tel que l’argument du climat pour faire tout accepter au public, sans le moindre débat de fond.

Ambigüités des mouvements écologistes et altermondialistes

Malheureusement, les mouvements écologistes et altermondialistes iront à Copenhague avec des mots d’ordre vagues. Ils réclameront des engagements de réduction des gaz à effet de serre élevés et des transferts de fonds vers les pays pauvres pour l’adaptation aux modifications du climat. De bonnes intentions, mais qui oublient l’enjeu majeur : celui du libre-échange et de son corollaire, le productivisme. Que personne ne fasse le lien entre les négociations de l’OMC, qui étendent la mondialisation néolibérale, et celles sur le climat, qui préservent les acquis du libre-échange, est tout à fait regrettable.

Pourtant, dix ans après le contre-sommet altermondialiste de Seattle, l’occasion est belle de dépasser le procès de la mondialisation pour énoncer des revendications concrètes et radicales. D’une part, il faut absolument fermer la Bourse du carbone, qui nous prépare le prochain krach financier et privatise de façon scandaleuse les ressources naturelles. D’autre part, il faut réguler le commerce international en créant des normes, des interdictions, des taxes aux frontières basées sur des critères sociaux et environnementaux. Enfin, pour ne pas pénaliser les populations des pays à bas coût de main d’œuvre, cette régulation doit s’accompagner de mesures exemplaires de solidarité internationale : annulation de la dette, reconnaissance et remboursement de la dette écologique par les pays du Nord, création d’un statut de réfugié climatique.

Voilà le premier pas à faire pour casser le chantage aux délocalisations pratiqué par les grandes firmes, amorcer une relocalisation et une mutation écologique de l’économie et, au final, imposer une sérieuse redistribution des richesses. Bien-sûr, l’OMC et l’Union européenne condamneront ces initiatives. Il faudra donc passer outre.

http://www.legrandsoir.info/Copenhague-le-sommet-du-Capitalisme-Vert.html

Pourquoi la Grèce inquiète tant la zone euro

La crise a profondément dégradé la situation économique de la péninsule hellénique. A tel point que le mot faillite est dans tous les esprits. Fantasme ou risque réel?

La Grèce serait-elle le vilain petit canard de la zone euro ? La péninsule hellénique a été au coeur des discussion des ministres des Finances de l'Eurogroup, mardi 1er décembre à Bruxelles. Ces derniers estiment que la situation de la Grèce est "préoccupante" à cause de l'explosion de ses déficits publics.

La Grèce a récemment nettement revu en hausse ses pronostics de déficits. Le ministre des Finances Georges Papaconstantinou s'attend à un déficit de 9,4% du produit intérieur brut (PIB) en 2009, à environ 30 milliards d'euros. La dette publique, de son côté, doit atteindre 113,4% du PIB cette année. Dans les deux cas, Athènes est très au dessus des limites européennes - respectivement 3% et 60%. Le pays est d'ailleurs dans le collimateur de Bruxelles pour déficit excessif.

Entrée officiellement en récession au quatrième trimestre 2008, la Grèce doit subir en 2009 une contraction de son PIB de 1,2% et de 0,3% en 2010, selon le projet de budget, sur fond d'augmentation du chômage (fixé à 9,7% pour 2010 contre 9% en 2009) et de recul de compétitivité de l'économie. Mais la crise n'explique pas tout. Même en période de croissance, le pays ne parvient pas à réduire ses déficits.

Des recettes fiscales trop faibles

La Grèce souffre en effet d'un "déficit structurel chronique depuis son entrée dans la zone euro en 2001", explique Philippe Sabuco, économiste chez BNP Paribas. L'économie souterraine dans les services à domicile (plomberie, construction, etc.) et dans le tourisme est estimée à environ 20% du PIB. Son administration fiscale est désorganisée et dispose de peu de moyens : la collecte de l'impôt est donc peu efficace. Les niches fiscales sont nombreuses et l'assiette de l'impôt sur le revenu est très étroite.

Résultat : les recettes fiscales ne permettent pas de combler les dépenses, plombées par un système de retraite très généreux et l'indemnisation du chômage. L'économie grecque est en outre relativement fermée : le pays exporte peu. Quant à la consommation des ménages, si elle a été très dynamique ces dix dernières années, souvent à la faveur d'un endettement massif, elle a fortement ralenti depuis la crise.

Le projet du budget déposé par le gouvernement grec la semaine dernière au Parlement, prévoit la réduction du déficit de 9,4% à 9,1% du PIB pour 2010 via notamment une réduction de 2,3% des dépenses publiques par rapport à 2009 et une hausse des recettes via l'instauration de nouvelles taxes (sur les téléphones mobiles, sur les jeux, sur l'alcool et les cigarettes notamment). Ce n'est pas suffisant pour l'Eurogroup. "Nous insistons pour que dans l'année 2010 d'autres mesures" suivent, a déclaré son chef de file, Jean-Claude Juncker.

Mais le plus inquiétant reste la dette du pays, qui devrait s'envoler à 120,8% du PIB l'année prochaine. La note de la dette long terme de la péninsule a été abaissée en début d'année par Standard and Poor's de "A" à "A-" , dernier cran avant de tomber dans la catégorie de qualité moyenne "BBB". La dette à court terme a quant à elle été abaissée d'un cran, de "A-1" (meilleure note possible) à "A-2". Résultat : la Grèce paie plus cher ses emprunts.

Le spectre de la faillite ressurgit

Après la révélation la semaine dernière des difficultés financières de l'émirat de Dubaï, tous les regards se sont tournés vers la Grèce. Depuis, la Bourse d'Athènes est en chute libre et l'écart de taux d'intérêt entre les obligations d'Etat grecques et allemandes, base de référence sur la zone euro, se sont creusé.

Ces évolutions, qui risquent d'augmenter le coût de la dette pour Athènes, attestent des inquiétudes sur la solvabilité de la Grèce. La presse internationale a évoqué un risque de voir le pays ne plus être en mesure de rembourser ses emprunts. Le mot de faillite est dans tous les esprits. Une hypothèse que récusent les Européens. "Ce scénario de faillite est totalement aberrant, la Grèce n'est pas et ne sera pas en état de faillite", a affirmé Jean-Claude Juncker.

"Un pays de la zone euro ne peut pas faire faillite", explique Eric Delannoy, vice-président du cabinet de conseil Weave, spécialiste du secteur financier, car "cela entraînerait des réactions en chaîne pour d'autres pays, comme cela avait été le cas lors de la faillite de Lehman Brothers." "Ce serait catastrophique pour la crédibilité de la monnaie européenne", ajoute-t-il. Selon lui, ce qui inquiète réellement les pays de la zone euro, c'est qu'ils vont peut-être devoir mettre la main au portefeuille pour accorder des lignes de crédit à la Grèce. Et la facture pourrait bien être salée.

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/pourquoi-la-grece-inquiete-tant-la-zone-euro_209529.html

Préavis de grève pour jeudi sur le RER A

Les syndicats de la RATP à l'exception de la CFTC et la CGC, ont déposé lundi un préavis de grève reconductible pour jeudi sur la ligne du RER A. Les salariés réclament des hausses de salaires.

Six syndicats de la RATP (CGT, CFDT, FO, Indépendants, Sud et Unsa) ont déposé des préavis de grève illimités à partir de jeudi matin concernant les conducteurs de la ligne A du RER (de Nanterre vers Boissy-Saint-Léger ou Marne-La-Vallée), a-t-on appris de source syndicale.

A la suite d'un préavis de sept syndicats (CFTC comprise) le 9 novembre dernier sur la même question des salaires, le trafic avait été réduit quasiment à néant sur cette ligne d'Ile-de-France, l'une des plus chargées au monde avec plus d'un million de passagers par jour.

Les six syndicats réclament une prime pérenne de 120 euros mensuels et une prime variable de 30 euros.

"A la suite de la mobilisation du 9 novembre, nous avons obtenu une négociation le 30 novembre et la direction nous a fait des propositions sur l'intégration de points de primes dans notre salaire", a expliqué Eric Nabet (CGT).

"C'est insuffisant et nous refusons sous couvert de la crise de rabaisser nos revendications. Le PDG préfère aussi aller au conflit", a-t-il estimé.

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-entreprise/preavis-de-greve-pour-jeudi-sur-le-rer-a_209887.html

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