À procura de textos e pretextos, e dos seus contextos.

23/06/2010

Aumentó un 12% el número de ricos en España: Yates, pinturas, relojes y coches de lujo, para los millonarios pasó la crisis en 2009

Los ricos son aquellos con más de 800.000 euros en bienes, excluidas casas * El número de ricos creció un 17,1% en todo el mundo, un 12,5% en España * Las ventas de coches de lujo se disparan en Brasil y China * Los millonarios invirtieron en pinturas clásicas o de los sesenta.


Mientras las economías mundiales abandonaban a duras penas la recesión para emprender una débil recuperación, en todo el mundo aumentó el número de millonarios, quienes volvieron a abrir sus carteras a ciertos gastos 'pasionales' a partir de la segunda mitad de 2009.
Pese a la crisis, el porcentaje de población con más de un millón de dólares en activos (unos 800.000 euros al cambio actual) creció un 17,1% en 2009, hasta los 10 millones de individuos, que juntos acumulan una riqueza de 39 billones de dólares (31,7 billones de euros), un 18,9% más del volumen que acaparaban en 2008, según un informe de Merrill Lynch con Capgemini.
En España, el número de este tipo de millonarios, que excluye la inversión en primera vivienda y consumibles, creció en España un 12,5% en 2009 hasta alcanzar las 143.000 personas.
La demanda de algunos bienes de lujo sigue igual de 'débil' que a inicios de la crisis, 2007, pero los ricos de todo el mundo han vuelto a abrir la cartera a otros caprichos.
"Las casas de subastas, las compañías de lujo y proveedores de servicios de alta clase, todos ellos, dan señales de una demanda renovada, y esperan un gasto más robusto en 2010", apunta el documento.
Aquellos con bastante dinero gastarón más en coches, barcos y aviones que el año anterior, especialmente los ricos de los países emergentes.
BMW, por ejemplo, registró un incremento de dos dígitos en las ventas de coches de lujo en China y Brasil, mientras Audi tambíen se apuntó un fuerte incremento de la demanda en el país asiático.
Los fabricantes de yates sufrieron la sacudida del mercado con la cancelación de un 80% de sus pedidos, pero las ventas empezaron a recuperarse durante el primer trimestre de 2010. En EEUU, por ejemplo, la demanda de barcos de lujo creció un 30% respecto al mismo periodo del pasado año.

Trazos de lujo

Mientras las turbulencias azotaban los mercados financieros, un gran número de millonarios invirtieron en arte y otros coleccionables como antigüedades, monedas y vinos porque creían que su valor resistirá el paso del tiempo, según el informe de Merrill Lynch.
En el mundo del arte, los ricos invirtieron en pinturas de maestros clásicos y artistas modernos de los sesenta y setenta, los mejor valorados en el mercado.
No osbtante, hubo menos demanda de arte de alto nivel que el año anterior: las subastas sumaron 4.600 millones de dólares en todo el mundo, un 45% menos que en 2008. Sin embargo, en China aumentaron las pujas hasta sumar 830 millones de dólares, un 25% más.
En cuanto a vinos, el índice Live-ex 100. que pone precio al mejor centenar de caldos de todo el mundo, se revalorizó un 15,7% en 2009.
En cualquier caso, la puja más curiosa tuvo lugar en el mundo de la numismática: un penique estadounidense de 1795 especial, sólo hay siete en el mundo, se vendió por 1,3 millones de dólares. Fue la primera vez que un céntimo valía más que un millón de dólares.

http://www.rebelion.org/noticia.php?id=108410

G20 : les néo-conservateurs canadiens veulent mondialiser l’austérité

Maxime Combes 

 Les « grands » de ce monde se réunissent à Toronto, au Canada pour un nouveau G20 dès le 26 juin. Vont-il enfin se décider à taxer la finance folle, à mettre en œuvre des mesures face à l’épuisement des ressources naturelles et au réchauffement climatique ? Rien n’est moins sûr au vu des positions ultra réactionnaires affichées par le pays hôte. En parallèle, les mouvements sociaux nord-américains tiennent un « Sommet des peuples » à Toronto puis se retrouvent pour un Forum social à Détroit.

Le Canada accueille le G8 [1] puis le G20 [2], ce qui est une première. Les dirigeants des huit nations les plus puissantes de la planète se retrouveront les 25 et 26 juin à Huntsville, petite ville au milieu des lacs et des forêts. Ils sont attendus le 26 en fin de soirée à Toronto pour entamer le sommet du G20.
Journalistes confinés et policiers par milliers
Pendant le G8, la grande majorité des journalistes restera confinée au centre de presse de Toronto, à 200 km d’Huntsville où résideront chefs d’État et ministres. Pour permettre aux envoyés spéciaux de faire comme s’ils y étaient et aux télés de retransmettre de belles images de la région des lacs, le gouvernement d’Ottawa a investi 1,8 million de dollars canadiens (1,5 million d’euros) dans la création d’un lac artificiel. Tout y est : quai, canoës décoratifs, bar, réplique de la Bourse de Toronto, et grand écran projetant les sauvages paysages de l’Ontario… Les 3.000 journalistes prévus sont supposés attendre les dépêches officielles cantonnés dans ce décor. Seule une poignée sera autorisée à se rendre à Huntsville pour filmer et photographier les officielles accolades. En pleine crise financière, dépenser 1,5 millions pour un lac qui durera 72h, et sera ensuite vidé et démonté, passe mal. C’est sans compter le coût global de l’organisation des deux sommets : un milliard de dollars canadiens pour le « sécuriser ».
Des milliers de policiers et de militaires sont mobilisés pour l’occasion. Une immense zone rouge inaccessible paralysera le centre ville de Toronto. La gare centrale sera fermée pour l’occasion. Poubelles, boîtes aux lettres, abris bus ont été supprimés dans une immense zone à proximité de la zone rouge. De nombreux arbres en bordure des trottoirs ont même été déracinés de crainte que les branches puissent servir d’armes aux manifestants. Aux habituels gaz lacrymogènes, gaz au poivre et canons à eau, il est prévu d’utiliser une nouvelle arme de maintien de l’ordre : le « Long range accoustic device » (LRAD), un canon à ultrasons expérimenté contre des manifestants lors du G20 de Pittsburgh en septembre 2009. Pourtant, jusqu’ici, ce ne sont que des militants, certes déterminés, mais pacifistes et créatifs qui affûtent leurs stratégies pour interpeller l’opinion publique mondiale. Une fois de plus, il semble que les droits démocratiques élémentaires ne sortiront pas grandis de la gestion ultra-sécuritaire déployée par le gouvernement canadien.
« plus à droite que Bush »
Car le Canada est dirigé par un gouvernement « plus à droite que Bush » préviennent les militants altermondialistes rencontrés. Le gouvernement du conservateur Stephen Harper est le pire cancre en matière de lutte contre le réchauffement climatique : il a rejeté tout engagement contraignant pour réduire ses émissions de gaz à effets de serre alors que celles-ci ont augmenté de près de 30 % depuis 1990. Le Premier ministre canadien combat également avec la plus grande fermeté toute proposition visant à réguler le système bancaire et financier. Ce G20 ne devrait donc pas entériner la moindre décision sur la question. Harper propose au contraire aux pays européens de prendre exemple sur le système bancaire canadien, épargné jusqu’ici, oubliant que celui-ci a été fortement soutenu par les pouvoir publics avant même que la crise des subprimes ne se déclenche. Il nie même la responsabilité des spéculateurs dans la crise qui se propage en Europe : « A la base, la crise ici ne trouve pas racine dans le secteur financier, mais plutôt dans les finances de certains gouvernements », explique-t-il.
Préférant en rester à un G8 « directoire de la planète » (sans intégrer les nouvelles puissances comme le Brésil, la Chine ou l’Inde), Harper souhaite que les pays du G20 aux forts déficits publics s’engagent sur des plans d’austérité budgétaire de 10 ans. Il préconise de reprendre dans la déclaration du G20 la nouvelle doctrine du FMI et ses nouveaux plans d’ajustement structurel déguisés : « Assainir les finances publiques d’une façon qui ne nuise pas à la croissance ». Par ailleurs, alors que le Canada est fortement concerné, le gouvernement d’Harper n’a toujours pas ratifié la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones. A l’échelon fédéral, le gouvernement multiplie les « attaques contre les institutions démocratiques, les pratiques démocratiques et les droits et libertés » selon la coalition « Pas de démocratie sans voix ». Elle a été lancée le 14 juin par plus d’une centaine d’organisations alarmées « par la dangereuse détérioration des droits fondamentaux et de la démocratie au Canada ». Pour Michel Lambert, directeur de l’ONG québécoise Alternatives, le gouvernement veut normaliser la société civile pour qu’elle s’aligne sur les priorités gouvernementales ou qu’elle « disparaisse ».
Taxer la spéculation ? À l’Ouest, rien de nouveau
Au regard des velléités du pays hôte ou des bilans des engagements pris lors des G8 et G20 passés, les ONG et mouvements sociaux ne peuvent que s’inquiéter. Les pays riches sont capables de débloquer plusieurs milliers de milliards de dollars pour sauver les banques et le système financier. Mais ils n’ont toujours pas réussi à réunir les 18 milliards qu’ils manquent pour tenir leurs propres engagements pris lors du G8 de Gleneagles (Ecosse) en 2005 en matière d’aide au développement. Lors du G20 de Pittsburgh (septembre 2009), promesse avait été faite de mettre fin aux subventions dédiées à la production de combustibles fossiles. Au Canada, ces subventions s’élèvent à 2 milliards de dollars par an, notamment dans le cadre de l’extraction de pétrole des sables bitumineux.
Concrétiser ces engagements à Toronto aurait du sens. C’est peu probable alors qu’il n’est toujours pas certain que les défis climatiques et environnementaux soient à l’ordre du jour. Le G20 de Pittsburgh avait chargé le FMI d’établir des préconisations pour que le système bancaire et financier contribue au coûteux et considérable effort qui a permis de les sauver. Sous l’action d’Harper et de la faible détermination des puissants de ce monde, le début de consensus qui semblait se nouer sur une taxe bancaire, pourtant bien éloignée des préconisations du mouvement altermondialiste, s’est effondré.
Sommet des Peuples à Toronto et Forum social de Détroit
La déclaration finale des chefs d’état du G8 devrait se limiter à des considérations générales, le plus souvent contradictoires avec leurs politiques réelles. Harper veut ainsi faire du G8 un sommet de la « responsabilité » devant s’intéresser à la paix et la sécurité, mais également à la santé des femmes de la planète. En refusant par ailleurs de financer les programmes de soutien à l’accès à l’avortement des femmes dans les pays du Sud, le gouvernement canadien a déclenché de très nombreuses réactions et manifestations auxquelles les autres chefs d’État ne pourront rester indifférents. Pour Alexa Conradi, porte-parole de la Marche mondiale des femmes au Québec et présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Harper « érode simultanément les droits des femmes dans les pays les plus pauvres et les droits des femmes ici même au Canada ».
Manifestation à Ottawa
Pendant que les employés de 32 grands hôtel de Toronto menacent d’entamer une grève pendant le G20 si leurs conditions de travail et rémunérations ne sont pas améliorées, un Sommet des peuples s’est tenu les 18, 19 et 20 juin à Toronto. Organisé par une coalition extrêmement large, allant des ONG environnementales et de développement aux groupes prônant les actions de désobéissance civile, en passant par les syndicats et les Églises, le Sommet des Peuples permet de rendre visible les exigences des mouvements sociaux. Parmi ces revendications, une taxe sur les transactions financières, l’annulation de la dette illégitime des pays pauvres, une gestion démocratique des ressources naturelles respectant les droits des peuples autochtones ou la remise en cause des politiques libre-échange (notamment face au nouvel accord UE-Canada actuellement en cours de négociation) figurent en bonne place. Lors de la séance d’ouverture, devant 500 personnes, Maud Barlow – auteur et militante canadienne, fondatrice du projet Planète bleue - rappelle combien les dirigeants du G20 servent les intérêts des classes qu’ils représentent et non ceux des population. Seule une mobilisation de masse, déterminée, peut, selon elle, inverser la donne. Rendez-vous est donc pris pour la manifestation du samedi 26 juin et de nombreuses actions de rue. De l’autre côté de la frontière, à Détroit, le 2ème Forum Social des Etats-Unis devrait confirmer le dynamisme de la société civile nord-américaine.

Dans le cadre du projet Écho des Alternatives.

Notes

[1] Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Canada, Etats-Unis, Japon et Russie.
[2] Le G20 comprend les pays du G8 plus l’Afrique du Sud, l’Arabie Saoudite, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, la Turquie et l’Union européenne.

http://www.bastamag.net/article1096.html

Nanoparticules, méga-incertitudes sur la santé

Utilisées dans l’industrie pour améliorer la performance des produits, les nanoparticules sont déjà présentes dans 1 000 produits de consommation courante, alors qu’on sait très peu de chose sur leurs effets sur la santé des salariés et de la population.
Quand vous respirez la fumée d’un volcan, vous inhalez des nanoparticules « naturelles ». Et quand vous mettez de la crème solaire, vous étalez sans le savoir sur votre peau des nanoparticules « manufacturées », produites par l’industrie à partir de dioxyde de titane ou d’oxyde de zinc pour améliorer l’efficacité de la lotion. Depuis dix ans au moins, les nanoparticules ont débarqué sur le marché, sans crier gare. Actuellement, on recense déjà au niveau mondial 1 000 produits de consommation contenant des nanoparticules manufacturées, et leur nombre croît à grande vitesse. Non sans susciter de légitimes interrogations sur leurs effets sur l’écosystème, sur les consommateurs et sur les travailleurs, qui, exposés plus massivement, servent comme toujours de « sentinelles » de la population générale. Fin avril, dans un rapport sur les « risques émergents », le Bureau international du travail alertait : « On prévoit que, d’ici à 2020, 20 % environ de tous les produits fabriqués dans le monde seront réalisés grâce aux nanotechnologies », alors que « les risques associés à la fabrication et à l’utilisation de nanomatériaux sont encore très peu connus ».
De quoi parle-t-on ? Un nanomètre équivaut à un milliardième de mètre, et la nanotechnologie consiste à mettre en oeuvre des particules de taille nanométrique, comprises entre 1 et 100 nanomètres. Pour illustrer la chose, le CNRS indique qu’il y a le même rapport de dimension entre une nanoparticule et une orange, qu’entre une orange et la planète Terre. Si la recherche espère aboutir, grâce aux nanoparticules, à de nouvelles thérapies, par exemple dans le traitement des cancers, et à de nouveaux médicaments, l’industrie s’y intéresse parce qu’à l’échelle nano, les matériaux acquièrent des propriétés particulières, qui améliorent la performance des produits. On en trouve donc dans les pneumatiques, les cosmétiques, les textiles, les matériaux de construction, sans oublier l’alimentation, sous forme d’additifs.
En 2006, un premier rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) consacré aux « effets des nanomatériaux sur la santé de l’homme et sur l’environnement », soulignait que « des effets délétères ont été mesurés, notamment chez l’animal dans le cadre expérimental ». « Certaines particules insolubles peuvent franchir les barrières de protection, se distribuer dans l’organisme et s’accumuler dans plusieurs organes, principalement à la suite d’une exposition par inhalation ou par ingestion », résumait l’agence, tout en déplorant le « peu de données disponibles », « à cause du faible nombre d’études », d’un « recul peu important », et « de la grande diversité des nanoparticules produites ». En 2008, un deuxième rapport de l’agence, consacré à l’aspect de la sécurité au travail, invitait dans le doute à appliquer le principe de précaution pour la population salariée exposée, estimée au bas mot à 10 000 personnes en France.
En l’absence de réglementation spécifique aux nanoparticules, les entreprises doivent appliquer les règles générales de prévention relatives aux produits chimiques : travail en vase clos, aspiration des particules à la source, et équipement individuel comme un masque, des gants et une combinaison. « Chez les gros producteurs, ces règles sont assez bien appliquées, mais c’est généralement moins le cas dans les entreprises plus petites », souligne Myriam Ricaud, ingénieur-chimiste à l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). « Certaines manipulent des nanomatériaux sans le savoir, car aucun étiquetage n’est obligatoire », explique-t-elle. Et comme pour l’amiante, l’exposition professionnelle perdure : « Le salarié qui découpera dans vingt ans un béton contenant des nanoparticules pourrait être exposé, également, sans le savoir. »
Se dirige-t-on vers un scandale de l’amiante bis ? Pour Éric Gaffet, directeur de recherche au CNRS, qui a présidé le groupe d’experts du deuxième rapport de l’Afsset, la comparaison ne tient pas : « Les premiers travaux ayant démontré une toxicité de l’amiante ont été publiés avant 1900. La prise en compte de ces informations a été (et est encore) gérée de façon très différente par les différents pays. Pour les nanoparticules, en revanche, on estime qu’elles sont potentiellement dangereuses et, en conséquence, le principe de précaution doit être mis en ouvre. » En attendant les résultats ultérieurs de la recherche sur les risques, les produits sont mis sur le marché à un rythme soutenu, alors que la maîtrise des expositions est loin d’être totale. En 2007, Benoît Hervé-Bazin, ingénieur chimiste à l’INRS et auteur d’un ouvrage sur les nanotechnologies [1], estimait dans la revue Santé et travail qu’« on n’a pas suffisamment tiré les enseignements de la catastrophe de l’amiante », et déplorait que « sur les sommes faramineuses consacrées à la recherche et au développement des nanoparticules, seulement 4 % vont à la recherche sur la prévention et les risques ». « Sans verser dans un discours antitechnologique, le problème vient des conditions politiques et sociales dans lesquelles les nanotechnologies se développent », estime Jérôme Relinger, responsable du secteur « Révolutions numériques et société de la connaissance » au PCF. « On assiste à une perfusion d’argent public vers les grands groupes qui orientent les recherches et investissements vers un profit à court terme, alors qu’on devrait exiger des contreparties en termes d’intérêt général. » Concernant les risques, le communiste déplore l’absence d’un débat public réel : « Le débat organisé cet hiver à la demande du gouvernement (par la Commission nationale du débat public - NDLR) consistait à faire accepter les nanotechnologies, et a renforcé l’opposition stérile entre ceux qui rejettent a priori les nanos et ceux qui leur promettent un avenir radieux. »
Fanny Doumayrou

http://www.humanite.fr/Nanoparticules-mega-incertitudes-sur-la-sante,2767957

Retraites : quelle civilisation promet-on à nos enfants ?

Jean-Emmanuel Ducoin

Le bourrage de crâne à dose médiacratique persiste. A en croire certains commentateurs que la facilité égare, «l’habileté politique» serait donc du côté du gouvernement et du Palais, qui, en quelques mois d’un intense lobbying, ont réussi à mettre sur la table, sous la forme d’un projet de loi, les contours d’une régression sociale à très grande échelle. A commencer par le recul de l’âge légal du droit à la retraite.

En pleine crise sociale et en terrain propice aux irruptions populaires, le pouvoir continue d’avancer au pas de charge. Pour l’Elysée, l’affaire est entendue. 62 ans pour tous, y compris pour les travaux pénibles. Taux plein à 67 ans. 41,5 ans de durée de cotisation… Le grand bond en arrière.

L’opinion publique a-t-elle été enfumée? Le pouvoir a-t-il réussi à endormir les forces sociales? La France a besoin d'une réaction à la hauteur des attaques. Impossible? A voir...

Tout cela masque mal, surtout, le principal non-dit de cette contre-réforme : celui d'examiner avec sérieux de nouvelles pistes de financement. Qui existent belle et bien, à condition d’anéantir pour commencer le principal tabou des libéraux en tout genre, à savoir aligner de toute urgence la taxation des revenus du capital sur celle du travail… Cela pourrait rapporter jusqu’à 100 milliards d’euros !

Pour justifier leur sale coup, on nous parle à tort de démographie – elle ne va pas trop mal, merci. Mais si l’on parlait plutôt d’une autre répartition des richesses? Il y a quelques années à peine, le Conseil d’Orientation des Retraites lui-même soulignait que, sur 30 ans, la richesse de la France, avec un taux de croissance modéré, devrait doubler en termes réels (hors inflation). Avec une augmentation de 1700 milliards d’euros de la richesse nationale, comment nous faire croire qu’il est impossible de financer l’avenir de nos retraites, sachant que la somme à trouver ne représentera que 3% des richesses du moment?

Qui sont les menteurs? Qui sont les démagogues? Et si l’on parlait également de la contribution des revenus financiers et de l’élargissement de l’assiette des cotisations? Quand on sait que, en une génération, dix points de PIB sont passés des salaires au profit, pourquoi ne supprimerait-on pas immédiatement les exonérations et autres cadeaux fiscaux en tous genres, qui se montent à 140 milliards d’euros chaque année, en cessait de protéger la part des profits dans la valeur ajoutée? Sans oublier les mesures de relance de l'emploi, seul capable d’assurer la pérennité du système : 100.000 salariés de plus représentent 2 milliards d’euros de cotisations supplémentaires…

Vivons-nous donc dans le même pays (pour ne pas dire le même monde !) que la clique de nos dirigeants ? A moins que la grossièreté de la classe dominante n’ait définitivement plus de limite...

Non, les jeux ne sont pas faits ! Et le gouvernement aurait tort de confondre «projet de loi» et concrétisation dans les faits. Ceux qui, dans le pays, ne se laisseront pas intimider sont plus nombreux et déterminés que ne l’imaginent certains… Récemment, dix-neuf organisations de jeunesse ont décidé de lancer un appel commun «pour une retraite à haut niveau à soixante ans». Contestant un projet qu’on prétend mener en leur nom, les jeunes entreront-ils vraiment dans la bataille pour ne «pas être pris en otage»?

En effet. Que chacun médite un instant au monde qu’on promet à ces jeunes : insertion professionnelle tardive, rendue plus difficile par le chômage et la précarité ; allongement de la durée de cotisation ; report de l’âge légal, etc. Une société en régression généralisée. Comme si l’espérance de vie, ce bel enjeu de civilisation vécu au positif, devait se transformer en cauchemar pour les générations futures!

Quelle civilisation, quelle espérance laisseront-nous à nos enfants ?

(A plus tard…)

http://larouetournehuma.blogspot.com/2010/06/retraites-quelle-civilisation-promet-on.html 

Réforme des retraites : pour les beaux yeux d'Angela… et de la finance

La réforme s’inscrit dans un projet européen de régression sociale et de recul de la dépense publique réclamés par les marchés financiers et aussi par la chancelière allemande.
« La plupart des pays européens ont augmenté la durée de la vie active par rapport au temps passé à la retraite », a déclaré Éric Woerth, hier. Justement, cela démontre que l’objectif essentiel de la réforme n’est pas franco-français. Il y a derrière un projet européen coordonné de régression sociale. Il en est pour preuve que le 7 juin, le Conseil européen économie et finances s’est prononcé dans ses conclusions pour le recul de l’âge de la retraite, invitant chaque pays « à utiliser pleinement ses forces de travail, y compris par la prolongation des périodes d’emploi sur la durée de vie ».
Pourquoi une telle régression dans une construction politique - l’Union européenne - qui promettait le bonheur ? Pour répondre aux exigences des marchés financiers, de la Commission de Bruxelles et. d’Angela Merkel. Le président français, Nicolas Sarkozy, a plié devant la chancelière allemande qui, doutant notamment de la capacité de la France à tenir son engagement d’un retour à un déficit public de 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2013, entend mettre des garde-fous très stricts. Aujourd’hui, lors de la réunion à Bruxelles des chefs d’État et de gouvernement, les deux dirigeants vont soumettre à leurs pairs un sérieux durcissement du pacte de stabilité, comme le réclame la chancelière allemande. Les projets de budgets nationaux, celui de l’État mais aussi les dépenses de protection sociale et des collectivités territoriales, seront désormais présentés à la Commission européenne et aux autres États membres avant d’être soumis aux élus nationaux. Les sanctions contenues dans le pacte seront complétées, plus nombreuses et pourront être mises en ouvre plus rapidement. La surveillance ne portera plus uniquement sur le niveau des déficits publics, mais concernera également le niveau de la dette. Un État avec une dette importante pourra faire l’objet d’une procédure pour déficit excessif.
Par ailleurs, cette baisse des dépenses utiles est réclamée par les banques et les marchés financiers, particulièrement les fonds de pension et d’investissement anglo-saxons. Pour augmenter leurs propres prélèvements, ceux de la finance, ils exigent le recul des prélèvements publics. L’une des dispositions de la réforme que la droite française veut engager va particulièrement dans ce sens. Le recul de l’âge où il sera possible de prendre sa retraite au taux plein va pousser nombre de familles à recourir aux retraites par capitalisation des banques et des compagnies d’assurances. C’est jour de fête pour la finance !
Pierre Ivorra

http://www.humanite.fr/Reforme-des-retraites-pour-les-beaux-yeux-d-Angela-et-de-la-finance

Reordenamento da rede escolar está a motivar protestos em Trás-os-Montes

La guerre menée par l’industrie pharmaceutique contre nos santés

Dr Pascal Sacré

L’industrie pharmaceutique mène une guerre implacable, au budget colossal, aux manœuvres impitoyables, aux techniques innombrables, contre nos santés. Une histoire des médicaments…
Dans son livre, “The drug story : A factological history of America’s $10,000,000,000 drug cartel, its methods, operations, hidden ownership, profits and terrific impact on the health of the American people”, paru en 1949, Morris A. Bealle nous raconte une “drôle” d’histoire. Celle du Nujol (chapitre 1, « What Nujol Started »).
William Avery Rockefeller est né en 1810 et mort en 1906, patriarche d’une dynastie aussi célèbre que discrète, et descendant d’immigrants allemands (Roggenfelder). Old Bill (son surnom), fermier à New-York jusqu’en 1850, se rendit ensuite à Cleveland, où il se fit passer frauduleusement pour un docteur en médecine : le docteur Levingston [1].
Dans son livre étonnant, M. A. Bealle relate qu’Old Bill était marchand de produits « pharmaceutiques », faisant penser à ces charlatans, faux docteurs itinérants en carriole, vendant des élixirs douteux, popularisés par la bande dessinée Lucky Luke (Docteur Doxey), et préfigurant nos visiteurs médicaux (représentants pharmaceutiques).
Beaucoup de remèdes à base de pétrole étaient vendus comme « médicaments » par une clique d’escrocs et de charlatans, Seneca Oil, Rock Oil et American Medicinal Oil. [2] Old Bill vendait des flacons de pétrole brut aux fermiers naïfs, leur faisant croire que c’était un traitement contre le cancer. Il appelait son élixir en flacon : Nujol (New Oil : Nouvelle Huile).
Pendant que son fils John D. Rockefeller Ier fondait la Standard Oil Company, en 1870, grâce aux prêts d’une autre famille discrète et célèbre, les Rothschild, William achetait une fiole de pétrole brut de 30 grammes à la Standard Oil pour 21 cents et la revendait 2 dollars à tous ceux qu’il arrivait à convaincre qu’ils étaient malades et seraient mieux avec son « remède ». Très peu cultivé, peu scrupuleux, sans connaissance ou formation médicales, avec quelques notions de comptabilité et une avidité féroce, il sut s’imposer.
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Le Nujol fut finalement baptisé « cure contre la constipation » et largement commercialisé, avec quelques améliorations provenant des chimistes de la Standard Oil.
Cependant, des médecins découvrirent que le Nujol était nocif et provoquait des maladies graves, éliminant les vitamines liposolubles du corps.
La Standard Oil lutta contre la chute des ventes en ajoutant du carotène au pétrole brut pour parer à toute carence.
Le sénateur Royal Samuel Copeland, médecin homéopathe et élu sénateur à New York en 1924, aurait été payé 75 000 dollars par an pour promouvoir le Nujol [3].
Beaucoup de médecins ont continué de décrier, en vain, les effets nocifs du Nujol de la Standard Oil.
Le médicament Nujol existe toujours sous forme d’huile de paraffine pure, classé comme laxatif doux, il est recommandé pour la constipation chronique rebelle aux thérapeutiques hygiéno-diététiques habituelles.
Dans le livre du docteur Dirk Van Duppen, « La Guerre des Médicaments », nous découvrons sans surprise que dans le top-500 des plus grandes entreprises américaines, l’industrie pharmaceutique est la plus rentable (Fortune 500) [4].
« Pour chaque dollar de chiffre d’affaires, il y a 17 cents de bénéfice net. C’est 5,5 fois plus que la moyenne du top 500 de Fortune.
Le taux de profit sur le capital atteint 14,5 % soit six fois la moyenne de Fortune 500. Le bénéfice sur les actions atteint même 27,6 %, soit presque trois fois plus que la moyenne de Fortune 500.
En 2002, le bénéfice commun des dix plus grosses entreprises pharmaceutiques s’élevait à 35,9 milliards de dollars. Ce qui leur permettait de dépasser les 33,7 milliards de bénéfice réalisé par les 490 entreprises restantes ! » [5]
Cette rentabilité ne faiblit pas d’année en année [6].
Ainsi, « les analystes financiers pensent que le secteur de l’industrie pharmaceutique et biotechnologique est voué à une croissance annuelle du cours des actions de 25 % sur 2009 [7] ».
Quel en fut la part des vaccins dans ces périodes de peur grippale organisée ? « Les vaccins, un créneau sous les feux de la rampe compte tenu de la grippe H1N1 […] Le marché mondial des vaccins antigrippaux représente 25% du marché des vaccins globaux lui-même évalué à 14 milliards de dollars en 2008 (ou 2% du marché pharmaceutique). » [8]
Par comparaison, « Avec un marché mondial des troubles métaboliques et endocriniens valorisé à plus de 68 milliards de dollars en 2009, le marché mondial des traitements du diabète représente plus de 28 milliards de dollars. » [9]
Autant d’argent en jeu laisse peu de place à l’éthique.
Continuons la Drug story.
Le Lipitor (atorvastatine) est commercialisé par la firme Pfizer, premier laboratoire pharmaceutique mondial au 12 mars 2009 (classement par Chiffres d’Affaires du groupe - cité par "Les Echos" - 75 milliards de dollars).
Présenté comme un médicament miracle, de la famille des statines, le Lipitor (et d’autres, zocor, lipanthyl, crestor…) permet de réduire les taux élevés de cholestérol, protégeant contre les attaques cardiaques. Le Lipitor de Pfizer, en outre, occupe la première place du classement prévisionnel des 10 médicaments les plus vendus dans le monde en 2010 [10]. Il devrait réaliser un chiffre d’affaires mondial de 11,7 milliards de dollars en 2010.
Pourtant, il est possible que les statines dont le Lipitor de Pfizer induisent à long, voire à moyen terme, une insuffisance cardiaque congestive comme le souligne le cardiologue Peter Langsjoen de Tyler, Texas.
Langsjoen a renoncé à une carrière attrayante dans un hôpital universitaire afin de consacrer sa compétence à ce qu’il appelle « l’insuffisance cardiaque congestive induite par les statines ». Mais ce n’est pas tout.
Cancers, pertes de mémoire, immunosuppression, perte de la sensibilité à l’insuline (hormone de régulation de la glycémie), troubles cognitifs ou psychiatriques conduisant au suicide, accident vasculaire cérébral, la liste des effets secondaires des statines, souvent non précisées par la firme, est longue, très longue.
Joël M. Kaufmann de l’Université de Philadelphie (Prof. émérite) a examiné certains rapports et a trouvé une explication peu flatteuse.
« Les compagnies pharmaceutiques scindent parfois un effet indésirable grave en plusieurs effets secondaires mineurs, afin que leur médicament soit approuvé », a-t-il dit récemment dans une conférence.
« Il s’agit d’une méthode éprouvée afin de maintenir les effets néfastes vraiment alarmants au-dessous des 1% » requis. [11] - voir biographie médicale du Dr P. Langsjoen dans cette référence.
A l’hôpital Baystate Medical Center (Springfield, Massachusetts), l’éthique médicale a reçu un nouvel uppercut à l’estomac.
Pfizer a financé presque toutes les études de l’anesthésiste Scott Reuben, spécialisé dans le traitement de la douleur postopératoire et considéré par ses pairs comme une référence en analgésie (la prise en charge de la douleur), ayant notamment publié des études capitales sur le Lyrica (prégabaline) de Pfizer, pour la prise en charge des douleurs neuropathiques, à l’origine de souffrances d’ordinaire très difficiles à soulager. Ces études ont été publiées dans les revues spécialisées les plus prestigieuses de la profession telles Journal of Clinical Anesthesia, Anesthesiology, Anesthesia and Analgesia, etc.
Or le Dr Reuben, sponsorisé par la firme Pfizer entre 2002 et 2007, aurait menti, manipulé ses résultats, publié des études fictives. [12] « Les résultats de ces études – dont 21 sont hautement suspectes -, qui n’ont commencé à soulever des questions que beaucoup plus tard, ont changé en grande partie la façon des médecins d’approcher et de traiter ce type de douleurs postopératoires. » [13]
Le journal Anesthesiology News titre : « Un cas de fraude secoue l’anesthésiologie. Un chercheur du Massachusetts impliqué dans la falsification de données et autres méfaits ». Vous trouverez dans ce journal la liste des 21 études de Reuben susceptibles d’être retirées en premier.
« Notons que cette indication (douleurs neuropathiques) du Lyrica n’est toujours pas remise en cause de nos jours, à part par des voix indépendantes, telles Arznei-Telegramm, et ce malgré le procès du Neurontin (gabapentine), qui a permis au public comme au monde médical d’apprendre les manipulations et autres interventions de Pfizer afin de présenter le Neurontin comme efficace dans des indications autres que l’épilepsie, alors que ces allégations ne reposent pas sur des fondements scientifiques [14]. »
Selon un article du 11 mars du Wall Street Journal, Scott Reuben a aussi falsifié des données concernant l’efficacité de l’antidépresseur Effexor (venlafaxine), produit par la firme Wyeth (fusionnée avec Pfizer) dans les douleurs neuropathiques et postopératoires. [15]
Pour ce qui est des liens avec Pfizer, l’article du Wall Street Journal nous apprend qu’en plus des financements des recherches par Pfizer, la firme comptait Reuben parmi ses conférenciers ; il était membre du ‘speakers bureau’ de la firme, terme qui désigne ce stock de leaders d’opinion (key opinion leaders) prêts à l’emploi dès lors qu’il s’agit de promouvoir un médicament du labo qui les paie dans des congrès, des media, des publications, etc. (Voir le site Pharmacritique).
Le médicament phare de Merck, vendu comme un remède miracle entre 1999 et 2004 porte le doux nom de Vioxx. C’est un antidouleur et un anti-inflammatoire.
En Australie se tient actuellement un procès qui oppose un millier de particuliers au groupe Merck. Les plaignants accusent le géant pharmaceutique d’avoir caché les risques d’accidents cardiovasculaires liés à l’utilisation du Vioxx.
Des membres de la direction de Merck et de ses succursales se sont échangés par mail une liste de chercheurs et d’universitaires ayant mis en évidence les effets négatifs du Vioxx.
Les documents apparus à la Cour fédérale de Melbourne révèlent que des membres du personnel de Merck ont admis avoir usé de tactiques d’intimidation contre des chercheurs critiques, menaçant de couper les vivres à leurs fondations, leurs labos, ou d’interférer dans leurs nominations universitaires… Au moins huit spécialistes en recherche clinique ont été menacés ou intimidés par Merck [16].
Merck aurait aussi créé de toutes pièces une fausse revue scientifique, "The Australasian Journal of Bone and Joint Medicine", la faisant passer pour une publication officielle et indépendante d’expertise scientifique. La revue se contentait en réalité de reprendre systématiquement les articles scientifiques favorables aux produits de la compagnie. Il s’agissait ni plus ni moins que d’une opération marketing, tellement bien faite que seuls des experts avisés de la presse scientifique pouvaient le comprendre.
La FDA estime que le Vioxx, ce traitement largement utilisé contre l’arthrite, a provoqué, entre 1999 et 2004 aux États-Unis, environ 160 000 crises cardiaques et attaques cérébrales. Il serait à l’origine de 27 785 décès. Le médicament a été soustrait des pharmacies en 2004, alors que les rumeurs de dangerosité commençaient à se faire insistantes. En 2007, Merck a conclu un accord amiable avec la plupart des plaignants américains, pour un montant de 4.5 milliards de dollars. (Voir le site Les Mots ont un Sens).
Les dirigeants de Merck, ont préféré accumuler les profits (2 milliards de dollars tous les ans) plutôt que d’interrompre la vente d’un médicament qu’ils savaient mortel ! [17]
GlaxoSmithKline (GSK), 6è groupe pharmaceutique mondial en 2009 (33,60 milliards de dollars de chiffre d’affaires), commercialise l’Avandia (rosiglitazone), un médicament contre le diabète.
Révélés par le New-York Times, des rapports confidentiels affirment que plus de 500 attaques et 300 troubles cardiaques pourraient être évités chaque mois en retirant l’Avandia du marché. Au troisième trimestre 2009, 304 vies auraient même pu être épargnées si les diabétiques avaient opté pour une autre pilule [18].
L’Avandia « doit être retirée du marché », conclut le rapport de deux responsables de la Food and Drug Administration (FDA). Depuis 1999, des dizaines d’études scientifiques indépendantes ont abouti à la même conclusion.
Mais GSK riposte par des études privées, faites par la firme, et qui « prouvent » l’innocuité de sa molécule.
« […] les cadres de GSK ont tenté d’intimider des médecins indépendants [...] et cherché les moyens de minimiser le fait que les médicaments concurrents pouvaient réduire le risque cardiovasculaire », selon une enquête du Sénat US » [19].
On a seulement demandé à GSK de fournir de nouvelles études, pas attendues avant… 2020 !
Le brevet de GSK sur Avandia expirant en 2012, le plus gros du risque commercial sera largement passé.
Le Tamiflu (oseltamivir) est un antiviral indiqué dans la grippe. Il est commercialisé par le groupe Roche (Hoffmann-La Roche-Genentech), 3è groupe pharma mondial en 2009 (43,10 milliards de dollars de chiffre d’affaires).
Le Tamiflu est un des seuls à être efficaces contre le virus de type A/H1N1, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Roche (et Novartis, 4è) ont largement profité des alertes grippales (aviaire puis A/H1N1), via la vente de Tamiflu pour Roche, et de vaccins pour Novartis [20].
Grâce à l’OMS et à la Direction générale de la Santé française [21], entre autres, et grâce à leurs experts « indépendants », le Tamiflu est certainement un booster des ventes pour Roche (Tamiflu sales boost Roche profits).
Pourtant, relayé par le très sérieux British Medical Journal (BMJ), une revue qui fait figure de référence dans le monde médical, « un long article détaille qu’il n’existe pas de preuve solide de l’efficacité du Tamiflu. Les auteurs, des chercheurs indépendants de la Collaboration Cochrane, voulaient passer en revue tous les essais cliniques menés sur le Tamiflu – une vingtaine. Dans leur ligne de mire, l’article pivot sur lequel s’est appuyé le laboratoire Roche pour vanter les mérites de son produit auprès des autorités. Cet article répertorie 10 études cliniques financées par Roche. Mais les résultats de 8 d’entre elles n’ont en fait jamais été publiés par le labo. Les chercheurs ont donc réclamé les données à Roche afin de les analyser. Niet. Refusé. » [22]
Sur les maigres données scientifiques exploitables, la Cochrane Collaboration a conclu à l’absence d’impact positif du Tamiflu.
Une étude non publiée de 1.447 adultes a prouvé que le Tamiflu n’était pas meilleur que le placebo [23].
Le Tamiflu, un médicament qui a fait l’objet d’énormes dépenses publiques, inefficace ? Il n’est pas seulement inefficace, mais aussi très dangereux.
Ainsi le BMJ nous rappelle qu’il ne faudrait pas prescrire du Tamiflu aux enfants [24].
L’agence sanitaire britannique, la Health Protection Agency (HPA), rapportait que plus de la moitié des 248 jeunes élèves qui avaient eu de Tamiflu, après qu’un de leurs camarades eut contracté la "grippe porcine", ont souffert d’effets secondaires, tels que des nausées, des insomnies et des cauchemars. [25] Tout cela pour raccourcir d’un jour, tout au plus, la durée des symptômes relativement bénins de la grippe.
Le Tamiflu a été interdit en Corée du Sud, « après les cas de suicide observés récemment au Japon. » [26]
« Cette annonce succède à celle […] faite par les autorités japonaises de l’observation de plus de 100 cas de comportements anormaux chez des Japonais ayant consommé du Tamiflu. En février dernier, puis en mars [2007, NdA], quatre adolescents se sont jetés dans le vide après une prise de Tamiflu. » [27]
De plus, l’oseltamivir augmenterait sensiblement la dangerosité du virus H1N1 in vitro (en laboratoire) [28].
Cet article révèle les pratiques amorales, non éthiques, de la société Roche, accusée de ventes illégales : Roche accused over illegal Tamiflu deals, par Andrew Jack, paru le 21 mai 2010 dans le Financial Times (édition en ligne, inscription gratuite).
« Lors d’un procès aux prud’hommes intenté par un ancien employé de Roche, John Miller, celui-ci a dévoilé certains stratagèmes douteux utilisés par la filiale britannique du laboratoire suisse. Ce dernier aurait imposé aux visiteurs médicaux des objectifs de vente de Tamiflu (l’antiviral oseltamivir) chiffrés à 15 à 20 millions de livres sterling rien que pour une période de neuf mois de l’année 2006. Les visiteurs médicaux devaient se servir de la menace d’une épidémie imminente de grippe - et des peurs générées par la grippe aviaire -, et ne devaient pas s’embarrasser des lois qui limitent aux professionnels de santé la gestion / prescription de tels médicaments. » (Voir le site Pharmacritique ).
A titre d’anecdote, Le Tamiflu fut découvert en 1994 par les chercheurs de Gilead Sciences Inc, entreprise biopharmaceutique (siège en Californie).
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Donald Rumsfeld, le secrétaire à la Défense de Georges W. Bush en 2001, en a été le directeur en 1988, le Président du Conseil d’Administration de 1997 à 2001, après que Gilead ait cédé à Roche, en 1996, tous les droits d’exploitation du Tamiflu, contre 10 % des ventes [29].
Un investisseur important de Gilead Sciences Inc fut le Groupe Rockefeller (So far this year one Rockefeller-backed company, Gilead Sciences of Foster City, Calif., has gone public.) [30].
Nujol, Lipitor, Lyrica, Vioxx, Avandia, Tamiflu, une affligeante histoire des médicaments. Cette liste non exhaustive a permis de passer en revue les principales techniques des firmes pharmaceutiques, les entreprises les plus rentables au monde, pour vendre leurs produits coûte que coûte :
« Créer de fausses revues spécialisées, intimider, discréditer les scientifiques critiques, fonder de fausses associations citoyennes ou infiltrer celles qui existent, épuiser les ressources limitées des plaignants par des procès interminables, ne fournir que des données favorables en vue d’obtenir l’autorisation de mise sur le marché [31], débaucher et corrompre des médecins pour effectuer des études bidons [32], mettre dans sa poche des professeurs reconnus dans leur spécialité pour faire apparaître les études des firmes comme indépendantes et sérieuses [33], exercer une pression agressive sur les pharmaciens, sur les chercheurs, sur les médecins dans leurs cabinets ou leurs associations, soudoyer des politiciens ou des membres importants d’organes de contrôle public (OMS [34]-[35], US Department of Health, Education and Wellfare, FDA, ministères de la Santé, Centers for Disease Control CDC, NIH [36], GEIG [37], Agence Européenne du Médicament), scinder un effet indésirable grave en plusieurs effets secondaires mineurs, utiliser des bureaux de leaders d’opinions à leur solde, ne pas fournir de références, au nom du secret commercial (sic) [38], matraquer la population par un marketing publicitaire omniprésent, inonder les revues d’encarts propagandistes réducteurs et mensongers, couper les vivres et les subsides des chercheurs, médecins, scientifiques qui ne jouent pas le jeu… »
L’expérimentation de leurs drogues sur les populations ignorantes des pays en voie de développement, comme Pfizer au Nigéria [39], ou GSK en Amérique Latine [40], de façon tout à fait illégale mais en toute impunité, finit de dresser le portrait psychopathique, non éthique et tout puissant de l’industrie pharmaceutique, quoi que ses professionnels en relation publique nous disent.
Et si tout cela ne suffit pas, la firme paie, arrose et corrompt, et le rideau est baissé, fin de la polémique !
Ainsi, Pfizer, après avoir déjà payé 894 millions de dollars d’indemnisation pour des milliers de dommages corporels liés au Bextra et au Celebrex (traitements contre l’arthrose), s’acquitta d’une amende de 2,3 milliards de dollars pour fausses déclarations concernant le Lyrica, le Zyvox et le Geodon. Pour faire la promotion de ces médicaments, Pfizer avait invité des médecins à des réunions de consultation dans des lieux de villégiature, tous frais payés, sans parler des à-côtés. «  Ils avaient eu droit à des parties de golf, à des massages et autres activités. » [41]
Ces menteurs paient pour pouvoir continuer à mentir.
Ainsi va le monde lorsqu’il est aux mains de psychopathes, de criminels et d’escrocs. Un monde dont les valeurs les plus élevées sont l’argent, le profit et l’apparence.
Les gens, les consommateurs, semblent se réveiller. Ils sont de moins en moins dupes.
Si l’on en croit une récente étude de la Henry J. Kaiser Family Foundation, 44 % des personnes interrogées révèlent une perception défavorable des entreprises pharma. Seuls les groupes pétroliers et les assureurs en soins de santé sont en moins bonne place... 70 % des sondés dénoncent le fait que les entreprises biotechnologiques sont trop focalisées sur les profits, et 80 % affirment que leurs traitements coûtent trop cher [42].
Les gens ne devraient surtout pas se rendormir et rester bien vigilants. Car si les psychopathes au pouvoir sont en guerre avec l’humanité [43], l’industrie pharmaceutique mène une guerre implacable, au budget colossal, aux manœuvres impitoyables, aux techniques innombrables, contre nos santés.
« Lorsque des chercheurs dépendent à ce point des firmes pharmaceutiques, qui assurent une part aussi importante de leurs revenus personnels, ils auront du mal à résister à cette tendance très forte qui les pousse à faire en sorte que [les essais cliniques] donnent des résultats favorables aux laboratoires »
Jerome Kassirer, ancien rédacteur en chef du New England Journal of Medicine.
"I firmly believe that if the whole materia medica could be sunk to the bottom of the sea, it would be all the better for mankind and all the worse for the fishes."
Oliver Wendell Holmes, M. D., Professor of Medicine at Harvard.
(« Je crois sincèrement que si toute la matière médicale pouvait être envoyée au fond de la mer, ce serait la meilleure des choses qui puisse arriver à l’humanité, et la pire qui puisse arriver aux poissons. »)
« Il n’est plus possible de croire les recherches publiées, ni de se fier au jugement de son médecin de famille. »
Marcia Angell est professeure de médecine sociale à l’université de Harvard et ancienne rédactrice en chef du New England Journal of Medicine (NEJM).
Dr Pascal Sacré
* « Industrie pharmaceutique : ses profits valent plus que nos vies »,
Sources :
[1] The Drug Story, by Morris A. Bealle, http://www.nccn.net/&nbsp ;wwithin/TheDru...
[2] The Drug Story, op.cit., chapitre 1.
[3] The Drug Story, op.cit., chapitre 1
[4] “La Guerre des Médicaments”, par Dirk Van Duppen, Editions aden, collection epo, 2005, p.107
[5] « La Guerre des Médicaments », op.cit., p.107.
Document faisant partie d’un site très documenté et décortiquant la supercherie liée au cholestérol et ses traitements. Vous trouverez à la fin de cette page expliquant le mécanisme de la toxicité cardiaque des statines, la bibliographie médicale de Peter Langsjoen.
[14] Op.cit.
Au niveau européen les vaccins Focetria de Novartis, Pandemrix de GlaxoSmithKline (qui fournit également l’autre antiviral, le Relenza), Celvapan de Baxter International et Panenza de Sanofi-Pasteur ont été utilisés lors de la pandémie A/H1N1.
[21] « Les Médicamenteurs », par Stéphane Horel, éditions du moment, 2010, p. 248. « La Direction générale de la Santé (DGS) française donne comme consigne aux médecins de prescrire systématiquement du Tamiflu pour les cas suspects de grippe « sur proposition des experts ». Et annonce que les stocks de Tamiflu […] seront distribués gratuitement en pharmacie à partir du 21 décembre sur simple ordonnance. »
[22] « Les Médicamenteurs », op.cit., p.247
[27] Op.cit.
[28] A boosting effect on viral infection was observed, particularly with the 2009 H1N1
http://www.sciencedirect.com/scienc...
[30] The New York Times, Page 3 of 3. http://www.nytimes.com/1992/02/16/u...
[32] Wall Street Journal on line, op.cit.
[33] http://www.bmj.com/cgi/content/full... , éditorial de la rédactrice en chef, Fiona Godlee, “Why, for example, is it considered normal for medical leaders to accept personal payment for promoting a company’s drug or device ?
[34] OMS : le « pape de la grippe A » accusé de corruption, F. William Engdahl, http://www.voltairenet.org/article1...
[35] Mega Corruption Scandal At The WHO, http://www.rense.com/general88/mega...
[36] Top Alzheimer’s researcher charged with felony criminal conduct for secret financial ties to Pfizer http://www.naturalnews.com/z021255.html
[37] Bruno Lina, le conseiller principal de Roselyne Bachelot au Ministère de la Santé en France, est président du conseil scientifique du Groupe d’expertise et d’information sur la grippe, le GEIG, association créée en 1979. Le directeur général est aussi directeur marketing de Sanofi-Pasteur MSD (la branche vaccins du Groupe Sanofi-Aventis). Sanofi-Aventis est n°1 pharmaceutique en France, n°2 en Europe et n°5 mondial. Le GEIG est financé à 100% par 5 laboratoires fabricants de vaccins. Sanofi paie la moitié d’une note annuelle de 400 000 euros. Le reste est assuré entre autres par GSK, Novartis. « Les Médicamenteurs », op.cit., p.222.
[41] NEXUS n°65, p.5, Source : The Times, London, 3 septembre 2009

http://www.legrandsoir.info/La-guerre-menee-par-l-industrie-pharmaceutique-contre-nos-santes.html

Le lâche meurt plusieurs fois par jour

Pascal Sacré

Les super-héros n’existent pas. Ils « vivent » seulement dans les BD, les films et les séries TV.
Robin des Bois, Superman, V pour Vendetta, Néo, Han Solo, Yoda, Gandalf (magicien blanc dans le Seigneur des Anneaux) et Wolverine sont toujours du bon côté, celui des plus faibles, de ceux qui sont opprimés par des psychopathes cruels, menteurs et despotiques. Ils sont les fantasmes que nos imaginations aiment opposer à la tyrannie bien réelle, équivalents oniriques de ces vraies barricades, « les voix de ceux qu’on n’entend pas ».
Certains héros ont bel et bien existé, comme l’auteur de cette citation de 1968, Martin Luther King, mais aussi Gandhi, Jean Jaurès, Jean Moulin, le père Colombien Camilo Torres [1], Oscar Romero, Rachel Corrie [2], Giovanni Falcone… Tous assassinés.
Pas de superpouvoirs pour eux, pas de « kryptonite », pas de « mithril », pas de griffes en « adamantium », ni de sabre-laser. « Juste » la foi, l’amour et le courage.
Dans notre monde, le prix du courage, de la défense de son idéal, est très souvent de donner sa vie en échange.
Ces hommes et femmes ont fait la leur cette phrase du pasteur noir écarté brutalement des écrans le 4 avril 1968 : « tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour lequel il serait prêt à mourir, il n’est pas à même de vivre ».
Certains héros existent encore, en chair et en os, modestes, peu médiatisés, mais vivants, comme Cynthia McKinney [3], le cardiologue Peter Langsjoen [4], David Ray Griffin, Marcia Angell [5], et des dizaines de milliers d’autres, moins connus, comme les passagers du Mavi Marmara [6], ou complètement anonymes, lanceurs d’alertes (whistleblowers), consciences dressées, des êtres refusant tout compromis avec leur idéal, tout arrangement avec l’oppresseur.
Tous ces modèles, dénués de superpouvoirs, sans jamais se considérer eux-mêmes comme des héros, ont trouvé quelque chose pour lequel ils seraient prêts à mourir.
Ils ont tous renoncé au chemin facile offert par la tyrannie en échange de leur silence, ont tous sacrifié le confort du compromis avec le mal pour ne pas coopérer avec lui, mais ils ont tous gagné le droit de ne mourir qu’une fois.
Les psychopathes au pouvoir et tous leurs hommes de main dépensent une énergie considérable, tous les jours, pour nous détourner du héros qui vit en chacun de nous.
Ceux que nos sociétés « modernes » considèrent et présentent comme les « vrais » héros sont bien différents.
Ceux-là ont droit aux unes des journaux, aux louanges des petits soldats de Bouygues, Murdoch, Minc et Lagardère.
Ils sont l’exact reflet de nos sociétés « héroïques ».
Chanteurs, acteurs, joueurs, présentateurs, pilotes et top-modèles.
La Coupe du Monde de football 2010, c’est entre autres dépenses un milliard d’euros pour les neuf stades [7].
Cela en ferait des écoles et des crayons pour Gaza.
Pourtant, des écoles et des crayons seraient le meilleur antidote au terrorisme qui empêche Israël (et donc le monde) de dormir, et la meilleure chose qui soit pour décourager les vocations de bombe humaine.
Hormis quelques enclaves terroristes ou autres zones lointaines aussitôt effacées de nos courtes mémoires, étendues terrorisées, inondées ou bombardées (Gaza, Irak, Haïti, Honduras, Afghanistan, Pakistan...), toutes les nations « démocratiques » et pacifiques vont s’adonner au plaisir visuel de voir évoluer ces héros des temps modernes : les Dieux du Ballon Rond.
« Avec près de trente milliards de téléspectateurs prévus en audience cumulée et environ 73 000 heures de retransmission dans 214 pays, à raison de soixante-quatre matchs, le Mondial est l’événement le plus médiatisé de la planète. »[8]
C’est sûr que l’Opération Plomb Durci en 2008-2009, une attaque punitive, impitoyable d’Israël, contre tout un peuple déjà miséreux, celui de la bande de Gaza, y compris contre les enfants, les vieillards et les blessés, aura beaucoup moins retenu l’attention des médias « démocratiques » et si critiques quand il s’agit d’Iran, ou de Chavez.
Que vaut Camilo Torres ou Rachel Corrie face à Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi (13 millions et 10,5 millions d’euros annuels, hors publicités) ?
Les deux derniers sont respectivement n°1 et n°3 au classement des dix footballeurs les mieux payés au monde [9].
Nos « héros », aujourd’hui, s’appellent Tiger Woods (110 millions $ en 2009), Kimi Raikkonen et Michael Jordan (45 millions $ chacun en 2009), David Beckham (42 millions $ en 2009), Roger Federer (33 millions $ en 2009) [10]…et Stanley McChrystal, général US (plusieurs centaines de milliers de morts).
Que vaut Cynthia McKinney [11], ancienne Congresswoman démocrate jetée dans les prisons israéliennes pour avoir osé vouloir briser le blocus de Gaza avec des crayons, face à Carrie Underwood [12], Jennifer Lopez, Beyonce, Christina Aguilera et toutes les icônes des MTV awards 2010 ? Et face à Joe Biden qui se balade en faisant mine d’être très préoccupé par la situation à Gaza, que vaut Cynthia avec ses valises remplies de crayons de couleur ?
Elle vaut tout, justement.
Tout le monde connaît et adore Jack Bauer, le héros de la série 24h Chrono, le roi virtuel de l’antiterrorisme et de la lutte contre les arabes maléfiques, mais qui connaît l’histoire de John O’Neill [13], un expert du FBI bien réel, spécialiste d’Al Qaida, constamment entravé par sa propre hiérarchie et mort sans fanfare dans les tours du World Trade Center ? Ou bien celle de Danilo Anderson, procureur général courageux du Venezuela, assassiné à Caracas le 18 novembre 2004 alors qu’il enquêtait sur les responsabilités des Etats-Unis dans le putsch manqué d’avril 2002 ? Qui, de tous ceux qui connaissent et apprécient Jack, un héros de télévision, connaissent aussi John et Danilo, des héros de terrain ?
Le héros de nos héros modernes, le Président du Changement, le Prix Nobel de la paix 2009, Barack Obama, ment, vend son sourire à tous ceux qui sont encore assez fous pour se laisser séduire, et remplit son contrat.
Après la crise de 2008 et le renflouement des banques sans morale, il continue de laisser les corporations piller son propre pays et le monde alentour (le désastre BP).
Après la mise en route des procédures psychopathiques par Bush, Rumsfeld et Cheney : légalisation de la torture et des emprisonnements arbitraires, sans jugements, assassinats ciblés de n’importe quel citoyen du monde, espionnage total et intrusion dans les vies privées de tout un chacun, Barack Obama a tout maintenu [14], a renié sa promesse de rouvrir une enquête sur les attentats du 11 septembre 2001 [15], et poursuivi la militarisation du pays à un point que ses prédécesseurs n’auraient jamais osé rêvé atteindre.
C’est le héros des héros logique pour un monde dont les icônes ne sont pas ceux qui tentent de franchir des blocus inhumains au péril de leur vie, mais des virtuoses d’objets ronds de toute sorte, des présentateurs TV ignorants mais toujours prompts à se moquer et à critiquer, des « experts » et des hommes politiques qui manient l’hypocrisie aussi bien que Tiger Woods manie un club de golf.
Le héros logique d’un monde dont les gouvernants nous préconisent une longue cure d’austérité tout en dilapidant l’argent public, donnant à leurs dépenses toutes les justifications psychopathiques habituelles (Les frais de représentation de Mr Barroso , et des autres).
Ainsi, au début de l’année 2009, une très grosse cargaison d’armes, composée de 3000 tonnes de munitions, fut envoyée des États-Unis vers Israël [16] :
« Suite à la demande de Tel-Aviv dans le cadre du programme étasunien d’aide militaire à Israël, le Congrès a approuvé en septembre 2008 le transfert de 1000 Guided Bomb Units 39 (GBU-39), des bombes perce-bunker de haute précision, de petit diamètre et guidées par GPS. Les bombes GBU-39 produites par Boeing ont été livrées à Israël en novembre. Elles ont été utilisées lors des premiers raids aériens sur Gaza. »
18 mois plus tard, grâce au Monde d’Alain Minc, nous apprenons et sommes priés de croire que « Barack Obama a dit, mercredi 9 juin, espérer des "progrès significatifs" cette année au Proche-Orient malgré le raid israélien contre la flottille humanitaire destinée à Gaza, dénonçant une situation "intenable" dans le territoire. »
N’est-elle pas intenable en raison, notamment, des bombes GBU-39, son cadeau d’investiture aux enfants « terroristes » de l’étroite bande de terre si dangereuse pour le monde entier ?
Bien sûr, dans notre monde malsain, une ancienne congressiste noire armée de crayons et un bateau turc équipé de vivres et de médicaments, eux, ce sont des terroristes, tandis qu’un Président au sourire étincelant, offrant des bombes perce-bunker de haute précision pour éclairer le ciel de Gaza, lui, c’est un homme bon incarnant la paix et le changement.
Les grands médias, instruments de propagande et du pouvoir, aimeraient nous faire vite oublier ce qu’ils considèrent comme des peccadilles embarrassantes : les actes de piraterie israéliens sur la Flottille de la liberté [17], les enquêtes sur les fraudes de Goldman Sachs, la contagion de plus en plus difficile à ignorer du mouvement mondial pour la vérité sur le 11 septembre 2001…
Ils peuvent compter, pour nous distraire opportunément, sur la Coupe du Monde de football en Afrique du Sud, le rendez-vous des vrais héros de nos temps modernes.
Pendant que le pacifique Obama et son gouvernement asservi à l’AIPAC (l’American Israeli Public Affairs Committee) [18] et aux corporations préparent leurs mauvais coups et leurs prochains blocus, pour l’Iran [19], le Venezuela, l’Europe (les peuples), la Palestine, la Syrie, le monde entier [20]…
Pendant que l’aigle US, plutôt un vautour ces temps-ci, à peine repu de ses festins en Haïti, en Irak, en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, tournoie encore un peu dans le ciel avant de se jeter sur une nouvelle proie correctement encerclée…
Pendant que sous la protection du vautour, les corporations pillent pour leur propre compte, impunément, des biens qui appartiennent à toute l’humanité…
Pendant tout ce temps, en attendant le remplaçant du figurant Oussama, les vrais héros vous attendent, tous les jours, dans les stades à plus de cent millions d’euros pièce d’Afrique du Sud.
Pascal Sacré
* « Le lâche meurt plusieurs fois par jour, l’homme courageux ne meurt qu’une fois. » Giovanni Falcone, juge antimafia, mort assassiné dans l’explosion de sa voiture, le 23 mai 1992.
Sources :
Document faisant partie d’un site très documenté et décortiquant la supercherie liée au cholestérol et ses traitements. Vous trouverez à la fin de cette page expliquant le mécanisme de la toxicité cardiaque des statines, la bibliographie médicale de Peter Langsjoen.
[8] Op.cit.
[11] Cynthia McKinney face à Donald Rumsfeld http://www.dailymotion.com/video/x9...
[15] Site www.voltairenet.org :
« L’élection du président Obama n’a pas fait évoluer le débat. Le site internet de la Maison-Blanche, qui invitait les citoyens états-uniens à faire connaître leurs préoccupations, a été assailli d’e-mails demandant l’ouverture d’une enquête judiciaire sur le 11-Septembre. Il y a été répondu laconiquement : la nouvelle administration souhaite se tourner vers le futur et non remuer les douleurs du passé.
Durant sa campagne électorale Barack Obama a fait relire à l’avance tous ses discours par Benjamin Rhodes, un jeune écrivain qui est le rédacteur du rapport de la Commission présidentielle Kean-Hamilton. Il a veillé à ce qu’aucune allusion au 11-Septembre ou à ses protagonistes ne puisse ouvrir la boîte de Pandore. Rhodes est aujourd’hui à la Maison-Blanche et siège au Conseil de sécurité nationale. Tous les membres de l’administration Obama ont été priés d’abjurer les déclarations qu’ils avaient pu faire par le passé exprimant des doutes sur la version officielle. Un conseiller principal, Van Jones, qui a refusé de se dédire a été contraint à la démission. »
[19] « Feu vert » de l’ONU à une attaque préventive américano-israélienne contre l’Iran ? http://www.mondialisation.ca/index....
[20] Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale, http://www.mondialisation.ca/index....

http://www.legrandsoir.info/Le-lache-meurt-plusieurs-fois-par-jour.html
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