À procura de textos e pretextos, e dos seus contextos.

09/05/2009

Les mains de Victor Jara

11 septembre 1973, Allende est renversé par le général Pinochet, le Chili sombre dans la dictature. Dans la foulée, le régime emprisonne et tue à tour de bras. Tout ce qui ressemble à un opposant est impitoyablement torturé, bien souvent mis à mort. Le chanteur Victor Jara, égérie du régime d’Allende, chantre de l’Unité Populaire et poète de la révolution, est de ceux là. Dès le 11 septembre, il est capturé par les sbires de Pinochet. Le 16 septembre, dans le sinistre stade National du Chili, il est mis à mort. L’écrivain Miguel Cabezas, présent ce jour là, a raconté la scène.

On amena Victor et on lui ordonna de mettre les mains sur la table. Dans celles de l’officier, une hache apparut. D’un coup sec il coupa les doigts de la main gauche, puis d’un autre coup, ceux de la main droite. On entendit les doigts tomber sur le sol en bois. Le corps de Victor s’écroula lourdement. On entendit le hurlement collectif de 6000 détenus. L’officier se précipita sur le corps du chanteur-guitariste en criant : " Chante maintenant pour ta putain de mère ", et il continua à le rouer de coups. Tout d’un coup Victor essaya péniblement de se lever et comme un somnambule, se dirigea vers les gradins, ses pas mal assurés, et l’on entendit sa voix qui nous interpellait : "On va faire plaisir au commandant." Levant ses mains dégoulinantes de sang, d’une voix angoissée, il commença à chanter l’hymne de l’Unité populaire, que tout le monde reprit en chœur. C’en était trop pour les militaires ; on tira une rafale et Victor se plia en avant. D’autres rafales se firent entendre, destinées celles-là à ceux qui avaient chanté avec Victor. Il y eut un véritable écroulement de corps, tombant criblés de balles. Les cris des blessés étaient épouvantables. Mais Victor ne les entendait pas. Il était mort.

Ok, l’histoire est connue, archi-connue. Ok, ceux qui voulurent lui rendre hommage ne se sont pas forcément montrés des plus inspirés, soit qu’ils étaient nazes à la base (Calexico avec « Victor Jara Hands », version live ici, c’est tout nul) soit qu’ils moulinaient en plein passage à vide (Les Clash époque Sandinista, dans « Wasington Bullets », ici : "Please remember Victor Jara, / In the Santiago Stadium / Es verdad - those Washington Bullets again"). Même Julos Beaucarne lui a rendu hommage dans sa Lettre à Kissinger, mais c’est introuvable sur Internet, hormis si on se reporte sur l’interprétation d’un certain Jules Poulos, joliment barbu, en concert privé dans sa chambre ici.

Ceux qui lui ont rendu hommage s’y sont donc plutôt mal pris, c’est un fait, mais ça ne change pas grand-chose au final. Si Victor Jara a pris une telle importance dans l’imaginaire mondial de la résistance, exerce une telle fascination, c’est qu’il s’est intégralement matérialisé dans sa fin tragique. Et pourtant, ce n’est pas une simple vignette à coller sur l’album Panini de la révolution stylisée (Je t’échange mon Che au cigare contre un Jim Morrison en cuir et une Rosa Luxembourg dans son canal), plutôt un homme qui a fait preuve tout au long de sa vie, jusqu’à son horrible supplice final, d’une détermination impressionnante à rester du bon côté, à ne rien céder. Et qui dans ce supplice apothéose, gagne une auréole de saint révolutionnaire. Le poète assassiné ne meurt pas, ses vers gagnent en puissance. Comme l’a écrit Pablo Neruda, autre icône de la révolution chilienne, dans son autobiographie lumineuse, « J’avoue que j’ai vécu » :

La poésie est toujours un acte de paix. Le poète naît de la paix comme le pain nait de la farine. Les incendiaires, les guerriers, les loups, cherchent le poète pour le brûler, pour le tuer, pour le mordre. Un spadassin a blessé Pouchkine à mort parmi les arbres d’un parc épais. Les chevaux de poudre ont galopé affolés sur le corps sans vie de Petöfi. En luttant contre la guerre, Byron est mort en Grèce. Les fascistes espagnols ont commencé leur guerre en assassinant le plus grand poète de leur pays [Frederico Garcia Lorca]. (…) Mais la poésie n’est pas morte, la poésie à la vie dure. On la malmène, on la traîne dans la rue, on la couvre de crachats et de quolibets, on la confine pour l’étouffer, on l’exile, on l’emprisonne, on tire trois ou quatre fois sur elle, et elle ressort de tous ces épisodes le visage bien lavé, avec un sourire de riz.

"Et elle ressort de tout ces épisodes, le visage bien lavé, avec un sourire de riz.". C’est exactement ça. Alors, même si c’est un peu daté, même si tes oreilles préfèrent le bruit et la fureur, tu vas me faire le plaisir d’ouïr et visionner trois autres chansons de Victor Jara [1] :

El Derecho de vivir en paz : ça pourrait être Joan Baez, c’est un peu niais, mais c’est malgré tout une des plus belles chansons pacifistes de l’époque. Après l’avoir écrite contre la guerre du Vietnam en 1971, il la chantera immanquablement lors de ses tournées - notamment aux États Unis - en tant qu’ambassadeur culturel du gouvernement Allende. A cette époque, Jara a abandonné ses velléités théâtrales (sa première passion) pour se consacrer à la chanson, domaine dans lequel il se considère comme le plus utile au régime d’Allende.

La Zamba del Che : Jara a chanté Pancho Villa et Camillo Torres, mais on ne trouve évidemment sur Internet que ses hommages au Che. Pas grave, la chanson est belle.

Manifiesto : souvent vue comme son testament musical, le morceau symbolise bien l’œuvre de Jara, à mi chemin entre sentimentalisme larmoyant et justesse tire-larmes. "Je ne chante pas parce que j’aime ça / Ni parce que j’ai une belle voix / Je chante parce que ma guitare a des sentiments et une raison / qu’elle a un cœur de terre et des ailes de colombe [2]."

Notes

[1] Là, je voulais faire une blague : "pas question de s’en laver les mains, du chanteur chilien, il n’en a plus", mais je la sens plus trop en fait...

[2] Traduction approximative de votre serviteur, piètre hispanophone. L’original : Yo no canto por cantar ni por tener buena voz canto porque la guitarra tiene sentido y razon, tiene corazon de tierra y alas de palomita.

ArticleXI - 09.05.09

Le travail, c’est la précarité ?

Pour le sociologue Robert Castel, avec la crise actuelle, nous sommes arrivés à une bifurcation. Il est temps, selon lui, de repenser notre modèle social et de trouver de nouvelles façons de domestiquer les marchés. Nous lui avions consacré deux entretiens vidéo (voir liens). Nous vous proposons ici l’interview publiée dans “Télérama”.

Alors que des traders français partis faire fortune à Londres reviennent au grand galop s'inscrire au chômage, à Paris, pour toucher des indemnités, la crise est vécue de plus en plus durement par les Français les plus modestes. La colère sociale monte, au même rythme que le compteur fou des licenciements collectifs.

Nombre de spécialistes ont décrit cette explosion en vol du capitalisme financier comme un tournant brutal et quasi imprévisible. Le sociologue du travail Robert Castel, au contraire, en adepte des analyses au long cours, date le changement de modèle du capitalisme et les prémisses de la domination de la finance du milieu des années 1970. Dans Les Métamorphoses de la question sociale (éd. Fayard, 1995), il avait décrit l'installation du « précariat » dans le monde du travail. Son dernier ouvrage, La Montée des incertitudes, recueil actualisé de textes écrits entre 1995 et 2008, confirme l'acuité du regard de ce septuagénaire affable qui veut bien délivrer sa science mais s'interdit de jouer les experts-prophètes. Un directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) dont le savoir est doublé d'une saine modestie qui lui permet souvent, en interview, de dire : « Je ne sais pas. »

Vous avez scruté, ces dernières années, l'effritement de notre modèle social. Quel effet d'accélérateur risque d'avoir la crise actuelle ?
Elle aura eu au moins une fonction de révélateur. Elle a ouvert les yeux de beaucoup sur la logique profonde du capitalisme d'aujourd'hui qui nous conduit droit à la catastrophe. Il y a encore quelques mois, en appeler à l'Etat, à des régulations sociales, à des protections, était considéré comme ringard. Il fallait se mettre au goût du jour, c'est-à-dire accepter l'inconditionnalité du marché et de son fonctionnement.

Le soi-disant « marché autorégulé », comme disait l'économiste Karl Polanyi (1886-1964), obéit en fait à ses propres impératifs (rentabilité, concurrence absolue...). Il nous a conduits là où nous en sommes. Et peut-être pire demain. Il faut envisager cette crise comme quelque chose de systémique ; c'est vrai que l'emballement du capital financier international a été le plus spectaculaire, le plus destructeur aussi, mais cette crise récente a été préparée, bien en amont, par des dérégulations dans l'économie réelle et les protections sociales. Elle est la pointe avancée d'un processus plus général.

“C'est le socle du compromis social hérité
du capitalisme industriel qui s'est fissuré
et qui nous mène à un nouveau
régime du capitalisme.”

Qu'entendez-vous par là ?
Nous sommes à une bifurcation – je préfère ce terme au mot « crise », trop passe-partout – dont l'origine remonte sans doute au milieu des an­nées 1970. C'est à ce moment-là que nous sommes sans doute sortis du capitalisme industriel. Celui-ci avait posé ses bases à la fin de la Seconde Guerre mondiale ; il avait été impitoyable à certains égards, mais il avait aussi accepté des formes de compromis offrant aux salariés un certain nombre de droits et de protections. Le salarié moyen des années 1960 ne roulait pas sur l'or, mais il avait acquis les conditions d'une certaine indépendance sociale, lui permettant d'être un citoyen à part entière. C'est ce socle du compromis social hérité du capitalisme industriel qui s'est fissuré et qui nous mène maintenant à un nouveau régime du capitalisme. Aujourd'hui, on assiste au retour de travailleurs pauvres ; j'ai avancé le terme « précariat » pour signaler que la précarité n'est plus un mauvais moment à passer, quelque chose de transitoire en attendant l'emploi durable. Pour beaucoup de gens, la précarité devient une condition à part entière.

Depuis la crise, beaucoup en appellent à la « moralisation » du marché. Qu'en pensez-vous ?
C'est un non-sens. Que peut-on demander au marché sinon d'être le marché ? Il fait son travail. Etre compétitif, faire le maximum de profits... Le marché fonctionne comme ça. Je ne dirai pas que c'est immoral, c'est amoral. Et donc l'idée de moraliser le capitalisme est inepte. Ce qu'il faudrait essayer de faire, c'est encadrer le marché, le domestiquer.

Par quels moyens ?
Ce n'est pas à moi de trouver les solutions politiques, mais le capita­lisme industriel avait partiellement réussi à construire un Etat social, avec un droit du travail consistant qui avait posé des limites à l'arbitraire patronal. Avec des protections sociales fortes donnant, par exemple, le droit à la retraite...

Au regard du temps long sur lequel vous travaillez, constatez-vous une radicalisation des conflits sociaux ? Les séquestrations de patrons, ces dernières semaines, sont-elles le signe précurseur d'un mouvement social de grande ampleur ?
Ce sont des réactions ponctuelles et je ne dirais pas, comme Dominique de Villepin, qu'il y a un « risque révolutionnaire » en France ! Les grands bouleversements historiques arrivent par des formes de manifestations collectives. Des actions dispersées, même significatives, ne forment pas nécessairement un mouvement collectif. Mais je suis sociologue et pas prophète. L'avenir nous le dira...

“On nous dit : ‘Fais n'importe quoi
pour ne pas être un mauvais pauvre !
Travaille ! Mais ne sois pas trop
regardant sur les conditions.’”

A la fin des années 1990, la France vivait au rythme du débat sur les 35 heures et le temps libre. Dix ans plus tard, nous en sommes au « travailler plus pour gagner plus » et à une régression des droits sociaux. Comment le sociologue du travail que vous êtes juge-t-il ce retournement ?
Il y a dix ans, les discours sur la fin du travail ou la fin du salariat avaient le vent en poupe, ce qui était d'ailleurs un peu stupide. Ces thèses me paraissaient insoutenables vu la centralité du travail dans nos sociétés. Maintenant, nous sommes passés, à l'inverse, à une sorte d'apologie inconditionnelle du travail. Travailler pour travailler.

Il y a des types d'emploi qui sont non seulement nécessaires mais aussi indispensables parce qu'ils assurent la dignité du travailleur. Mais il y a des formes d'activité – peut-être ne faut-il pas les appeler à proprement parler des emplois – auxquelles on vous pousse lorsque vous êtes aux abois : « Eh bien... travaille ! » enjoint la société. « Fais n'importe quoi pour ne pas être un "mauvais pauvre" !, comme on disait autrefois, c'est-à-dire quelqu'un qui vit aux crochets de la société, aux dépens de la France qui se lève tôt. Alors travaille ! Mais ne sois pas trop regardant sur les conditions. » C'est comme ça qu'on devient un travailleur pauvre. Ou peut-être pire. Prenez le RSA : le revenu de solidarité active secrète des gens qui sont pour moitié, ou pour le quart, des travailleurs, mais qui ont un salaire tellement insuffisant, une durée de travail tellement partielle, qu'ils ne peuvent pas en vivre. Ils deviennent des assistés. On n'a pas assez réfléchi à cette figure hybride qui traduit une sorte de brouillage des frontières entre travail et assistance.

Au moment des grèves en Guadeloupe et en Martinique, des intellectuels antillais, autour d'Edouard Glissant et de Patrick Chamoiseau, ont écrit un beau texte, radical et poétique, intitulé Manifeste pour les "produits" de haute nécessité. Ils y contestaient la place même du travail comme valeur dans la société d'aujourd'hui. Qu'en pensez-vous ?
C'est effectivement un beau texte, mais ça ne veut pas dire qu'il soit vrai. Les auteurs de ce manifeste pensent probablement à des formes pré-industrielles de travail. Quelque chose de gratifiant, d'inscrit dans tout un réseau de rapports sociaux et humains.

Effectivement, ils en appellent aussi au troc, à la gratuité...
C'est une conception tout à fait respectable du travail dont on peut avoir la nostalgie, mais c'est précisément cette conception-là que le capita­lisme industriel a cassée en ­arrivant.

Rappelons que l'implantation du capitalisme en Europe occidentale a été très sauvage, témoin la condition des prolétaires des débuts de l'industrialisation. Ensuite, on a pu parler de « salaire indirect », c'est-à-dire d'une part du travail qui revient au salarié pour financer sa sécurité, son droit à la retraite... Avec le statut de l'emploi, on a quand même échappé à la marchandisation complète du travail. Il est vrai que la voie que nous avons empruntée à partir des années 1970 risque d'y reconduire, au moins partiellement.

“A l'avenir, nous risquons d'avoir de plus en plus
de travailleurs pauvres et de précarité permanente.
Mais des signes montrent que les gens
ne se résigneront pas complètement à cela.”

Ne serions-nous pas en train de rejoindre la face sombre du modèle américain, c'est-à-dire l'obligation pour beaucoup d'avoir deux emplois, des temps de travail plus longs, des petits boulots, y compris pour les personnes âgées, des protections sociales moins fortes ?
Incontestablement. L'expression working poors nous est d'ailleurs arrivée d'Amérique. A l'avenir, nous risquons d'avoir de plus en plus de travailleurs pauvres et de précarité permanente. Mais des signes montrent que les gens ne se résigneront pas complètement à cela. Ce n'est pas non plus l'intérêt du capitalisme que de réduire les salariés à la condition de travailleurs jetables dont on se débarrasse sans aucun scrupule. Le système, pour être performant, a besoin de « capital humain », selon la formule de l'économiste américain Gary Becker. Des travailleurs formés, capables de se recycler, de prendre des initiatives, d'être efficaces... Peuvent-ils l'être sans un minimum de sécurité et de protection ?

Mais qui financera, demain, la protection sociale ? Vous écrivez qu'« il faut repenser les solidarités » car l'essentiel ne peut plus, selon vous, être financé par les seules cotisations du travail ?
Cela ne me fait pas plaisir de parler ainsi, mais il faut être réaliste. Avec un chômage important, une précarité du travail de plus en plus grande, compte tenu aussi de l'allongement de la durée de vie, il serait idéaliste de vouloir maintenir la quasi-intégralité du financement de la protection sociale sur la base des cotisations patronales et salariales issues du travail. Si on s'acharnait dans cette direction, cela risquerait de faire craquer le système. Avoir recours à l'impôt, au moins en partie, est sans doute la solution à laquelle il faut se résigner pour garder notre système actuel de droits. Cette tendance a déjà été amorcée depuis 1990 sous le gouvernement Rocard avec la contribution sociale généralisée ; la CSG finance actuellement une partie très importante du versant santé-maladie de la Sécurité sociale. Grâce à elle, notre système a pu être préservé.

“Il faut attacher de nouveaux droits et de
nouvelles protections à la personne du travailleur
et non plus à l'emploi qu'il occupe.”

Parmi les solutions d'avenir, la CGT et le Parti socialiste ont beaucoup développé l'idée de « trajectoires sécurisées » qui permettraient de donner de nouveaux droits (formation permanente, notamment) à des salariés pendant leur période de chômage. Qu'en pensez-vous ?
C'est dans cette direction qu'il faut aller. Avec l'idée d'attacher de nouveaux droits et de nouvelles protections à la personne du travailleur et non plus à l'emploi qu'il occupe : actuellement, un salarié qui n'a plus de contrat de travail se retrouve trop démuni. Des chercheurs comme Alain Supiot ou Bernard Gazier ont beaucoup travaillé sur ces sujets.

Quelles formes prendraient ces « trajectoires sécurisées » ?
Le salarié garderait des droits dans des situations de hors travail, d'ailleurs très diverses : chômage, périodes de recyclage, etc. Alain Supiot a imaginé, par exemple, des « droits de tirage sociaux » : le travailleur qui se retrouve sans emploi pendant un an aurait le droit d'avoir une rémunération décente assortie de l'obligation de se former. Cette idée de « droits de tirage sociaux » me paraît très séduisante, même si sa mise en oeuvre pose des problèmes difficiles. Comment seraient-ils financés ? Par l'impôt ? Par l'entreprise ? Par les travailleurs eux-mêmes ?

“Quelqu'un de gauche doit, selon moi,
défendre l'idée d'une ‘sécurité
sociale minimale garantie’.”

Vous êtes un réformateur, adepte du compromis social. Qu'est-ce qu'être de gauche, pour vous, aujourd'hui ?
Quelqu'un de gauche doit, selon moi, défendre l'idée d'une « sécurité sociale minimale garantie », un peu comme on parle du smic pour le travail. Avec sept ou huit droits attachés comme le droit à la santé, au logement... C'est la moindre des choses. Nous ne sommes quand même pas dans une société pauvre.

Une partie du Parti socialiste, notamment au début des années 1980, a été complice et parfois propagatrice de cette idéologie du tout-­entreprise comme seul fondement de la richesse sociale. J'espère que le PS comprendra qu'il faut aller plus loin. Vers un véritable réformisme de gauche, en domestiquant le marché, en lui imposant des contraintes, et en défendant vraiment l'idée d'une Europe sociale.
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Propos recueillis par Thierry Leclère
Télérama n° 3095

Le sociologue Robert Castel décrypte la crise sociale (1/2) | 30 avril 2009

Le sociologue Robert Castel décrypte la crise sociale (2/2) | 30 avril 2009

El desempleo mundial rompe cálculos y récords

Cira Rodríguez César

El impacto de la crisis global no se atenúa y una de sus mayores consecuencias, del desempleo, ya rompe varios récords en diferentes países y cálculos oficiales sobre las cifras que puede alcanzar.

Recientes análisis de la Organización Internacional del Trabajo (OIT) indican que la recesión barrió medio millón de puestos de trabajos en los últimos dos meses. En el sector financiero los despidos rondan ya los 155.000 y en el resto 360.000.

A ese ritmo la recuperación del empleo se dará entre cuatro y cinco años más después de que la economía mundial empiece a mostrar señales claras de mejoría.

De acuerdo con esas estimaciones de la OIT, el desempleo anual se ubicará en un rango del 6,7 al 7,1 por ciento a finales de 2009, frente al seis por ciento registrado el año pasado.

Por ese camino el número de afectados podrá llegar a los 52 millones de personas, mientras un centenar de países corren un riesgo muy alto de inestabilidad social por esa causa porque, incluso con una recuperación económica mundial, el empleo se mantendrá a la baja.

General Motors es un reflejo de esa tendencia al notificar la eliminación de 21.000 puestos de trabajo en Estados Unidos y el cierre de 13 de sus 47 fábricas en ese país. Este año, tiene previsto desaparecer 47.000 plazas en todo el mundo.

Le sigue Caterpillar, empresa de fabricación de equipos de construcción y minería y líder en su sector a nivel mundial, con un recorte de 23.610 empleos.

En Europa, la distribuidora alemana Metro AG, presente en 21 naciones, perdió en enero 15.000 puestos de trabajo. La empresa de aviación SAS, 8.600.

En Norteamérica, Alcoa prescindió de 15.000 trabajos y la farmacéutica Pfizer dejó a 19.500 personas desempleadas entre enero y febrero.

En Asia-Pacífico, la producción de coches por parte de Nissan se hará con 20.000 puestos menos. Pioneer, el fabricante de equipos de electrónica, despedirá a 10.000 de sus empleados.

África también tiene algo que mostrar en materia de despidos. La tercera productora de platino a nivel mundial, Lonmin, recortará 5.500 plazas, mientras la otra gran productora, Anglo Platinum, se cobrará 10.000.

Otros datos sintetizan la dramática situación laboral en Estados Unidos, donde el desempleo llega al 8,5 por ciento, la cifra más alta en 25 años. Desde que comenzó la recesión, en diciembre de 2007, ese país perdió 5,1 millones de puestos de trabajo, en todas las ramas.

El paro entre las 27 naciones que integran la Unión Europea (UE) afecta a unos 20 millones de personas, de las cuales poco más de 14 millones se ubican en los países del euro.

Tal situación refleja un incremento de cuatro millones de desempleados más que en marzo de 2008.

Las autoridades económicas pronosticaron que unos 3,5 millones de plazas laborales se perderán este año en la Unión Europea, aunque los patrones consideran que la cifra podría alcanzar los 4,5 millones.

España, afectada duramente por el derrumbe de su sector de vivienda y reducción del turismo, ahora tiene la tasa más alta de desempleo en la Unión Europea, al ubicarse en el 17,6 por ciento.

Más de una tercera parte de los empleados españoles menores de 25 años se encuentran sin trabajo.

Entre las grandes economías de la UE, el paro en Alemania está en el 7,6 por ciento y en el 8,8 en Francia.

En otras latitudes, como en Brasil, la tasa de desempleo en marzo fue del nueve por ciento de la población económicamente activa, la mayor desde agosto de 2007 cuando reportó 9,5 por ciento.

Según datos del Instituto Brasileño de Geografía y Estadísticas (IBGE), la cifra de parados en las seis mayores regiones metropolitanas se ubicaron en 2,1 millones, por la caída de la producción y las exportaciones. El índice de desempleo en Brasil mide el número de personas que busca trabajo en las ciudades de Sao Paulo, Río de Janeiro, Belo Horizonte, Recife, Porto Alegre y Salvador.

Para Argentina, la situación no es tan alarmante pero, pero ante el eventual impacto de la recesión, han comenzado los despidos y se calcula que ya superan los 50.000.

Así, el aumento del desempleo es considerado como uno de los mayores mazazos de la actual crisis económica, cuyos efectos se reflejan en la quiebra de empresas, despidos y reducción de jornada laboral, según estadísticas gremiales y gubernamentales.
Rebelion - 09.05.09

A erosão do trabalho

Ricardo Antunes

Este 1º de Maio nos leva a indagar: qual trabalho queremos para este tenso século 21 que mal está começando?

"ARBEIT, LAVORO , travail, labour, trabajo." Não há nenhum canto do mundo que não esteja vendo o desmoronar do trabalho. A atividade que nasceu sob o signo da contradição foi, desde o primeiro momento, um ato vital, capaz de plasmar a própria produção e a reprodução da vida humana, de criar cada vez mais bens materiais e simbólicos socialmente vitais e necessários. Mas trouxe consigo, desde os primórdios, o fardo, a marca do sofrimento, o traço da servidão, os meandros da sujeição.

Se o trabalho é um ato poético, o momento da potência e a potência da criação, ele também encontra suas origens no "tripalium", instrumento de punição e tortura.

Se, para Weber, o trabalho fora concebido como expressão de uma ética positiva em sintonia com o nascente mundo da mercadoria e o encanto dos negócios (negação do ócio), para Marx, ao contrário, o que principiara como uma atividade vital se converteu em um não valor gerador de outro valor, o de troca. Daí sua síntese cáustica: se pudessem, todos os trabalhadores fugiriam do trabalho como se foge de uma peste!

E a sociedade da mercadoria do século 20 se consolidou como a sociedade do trabalho. Desde o início, no microcosmo familiar, fomos educados para o labor. O sem-trabalho era expressão de pária social. Mas a mesma sociedade que se moldou pela formatação do trabalho se esgotou. Ele se reduz a cada dia - e de modo avassalador. Enquanto a população mundial cresce, ele mingua. Complexifica-se, é verdade, em vários setores, como nas tecnologias da informação e em outras áreas de ponta, e resta exangue em tantos outros.

Onde cresce avassaladoramente, como no telemarketing, produz um ser falante quase mudo, repetidor do trabalho prescrito, movido a pequenos "regalos" ao final de um dia extenuante, cujos minutos e segundos são contabilizados e controlados. Assim nos encontramos hoje: temos muito menos empregos para todos os que dele necessitam para sobreviver. Os que têm emprego trabalham muito, sob o sistema de "metas", "competências", "qualificações", "empregabilidades" etc. E, depois de cumprirem direitinho o receituário, vivem a cada dia o risco e a iminência do não trabalho.

E isso não só nos estratos de base, onde estão os assalariados no chão da produção. Foi-se o dia em que os gestores, depois do corte, iam para suas casas com a garantia do trabalho preservado. Eles sabem que o corte deles se gesta enquanto eles laboram o talhe dos outros. Se vivêssemos em outro modo de produção e de vida, o tempo de trabalho poderia ser muito menor e mais afinado com o tempo de vida fora do trabalho, ambos dotados de sentido e fora dos constrangimentos do capital.

Mas, ao contrário, esses tempos se complementam em outro diapasão, com a casa se tornando espaço de trabalho adicional, e o tempo de vida fora do trabalho se vê cada vez mais encolhido e reduzido à esfera do que fazer para não perder a guerra quando o labor recomeçar no dia seguinte. A resultante é áspera e se conta na casa dos bilhões: aqueles que têm emprego trabalham muito, muitos já não mais encontram trabalho e outros fazem qualquer trabalho para tentar sobreviver com o que sobra da arquitetura societal da destruição. Em plena crise estrutural e sistêmica do capital, da Ásia à América Latina, da Europa à África, há uma nota tristemente confluente: como os assalariados que só dispõem de seu labor poderão sobreviver neste mundo sem trabalho e sem salário?

Dos EUA à China, de Portugal ao Canadá, da Inglaterra ao Japão, passando pelos tristes trópicos, novos recordes de desemprego são batidos todos os dias. Um incomensurável processo de corrosão e erosão se efetiva. Tal como foi desenvolvido ao longo do curto século 20, o trabalho tayloriano-fordista sofreu forte retração a partir dos anos 1970. Mas, com a intensificação desse quadro crítico, adentramos um novo ciclo de demolição do trabalho em escala global.

As diversas formas de "empreendedorismo", "trabalho voluntário" e "trabalho atípico" oscilam frequentemente entre a intensificação do trabalho e sua autoexploração. Dormem sonhando com o novo "self-made man" e acordam com o pesadelo do desemprego. Empolgam-se pela falácia do empresário-de-si-mesmo, mas esbarram cada vez mais na ladeira da precarização.

Em volume assustador, uma massa de homens e mulheres torna-se supérflua, esparramando-se pelo mundo em busca de um labor que já não mais existe. Este 1º de Maio nos leva, então, a indagar: qual trabalho queremos para este tenso século 21 que mal está começando?
ODiário.info - 09.05.09

Regency - 160 trabalhadores em lay-off em Junho

A gerência da empresa Regency, especializada na confecção de fatos (calça e casaco), a laborar em Vilarelho, Caminha, há cerca de 20 anos, reuniu ontem à tarde com os 160 trabalhadores, comunicando-lhes que a partir de 1 de Junho vai entrar em lay-off por um período de seis meses.

Após duas suspensões anteriores de uma semana cada, devido à falta de trabalho, a diminuição de encomendas para os clientes habituais de Inglaterra e França ditou esta medida, a qual não se baseia em dívidas a fornecedores ou à Segurança Social ou fisco, mas tão só à crise internacional.

Embora não tivesse sido possível contactar com os gerentes, apurámos que as importações desses países tinham sido canceladas, ao preferirem aguardar pela evolução dos mercados mundiais do sector.

Os trabalhadores dizem que a diminuição de trabalho nos últimos tempos já vinha causando temores, mas receberam a notícia com alguma expectativa quanto ao seu futuro, face à promessa de que poderiam vir a retomar a laboração antes do prazo de interrupção anunciado.

Serafim Cubal, presidente da Junta, lamentou que a crise "tenha chegado cá", embora nada "transparecesse que chegariam a esta situação" que irá criar problemas a muitas famílias, havendo casos de casais a trabalhar nesta fábrica.

Da parte da Câmara existe igualmente preocupação, embora já fosse conhecedora das dificuldades sentidas, através de uma reunião mantida há tempos com os gerentes, assegurando contudo não ser um problema de má gestão, referiu Júlia Paula, presidente do município.

J.N. - 09.05.09

Tribunal da relação arrasa lei socialista

Um colectivo de juízes do Tribunal da Relação de Évora acusa o PS de ter tentado resolver a omissão de contra-ordenações no código laboral através de um "expediente legal, em manifesta fraude à lei". E sem resultado: rectificação dos socialistas à lei é uma "inexistência jurídica". O que significa que continua o vazio legal na segurança, higiene e saúde no trabalho.

Depois de várias decisões em primeira instância críticas do novo Código do Trabalho, agora é a vez de um tribunal superior arrasar a rectificação feita pelo PS à lei laboral. Um acórdão do Tribunal da Relação de Évora considera que os socialistas tentaram, com uma "fraude à lei", resolver a omissão de coimas em matéria de segurança, higiene e saúde no trabalho. Mas não resolveram.

O colectivo de juízes afirma que a solução dos socialistas para resolver a omissão no diploma não tem qualquer efeito legal - é uma "inexistência jurídica". Uma conclusão que teve como consequência a revogação pelo tribunal de coimas aplicadas pela Inspecção-Geral do Trabalho (IGT), por violação das obrigações do empregador, num acidente que resultou na morte de um trabalhador.

Emitido a cinco de Maio último, o acórdão do Tribunal da Relação de Évora não poupa nas palavras para qualificar a forma como o PS tentou preencher o vazio legal no Código do Trabalho. Uma solução "ilegítima", aponta o documento. Que vai mais longe - a rectificação do PS representa um "procedimento grave e inadmissível num Estado de Direito subordinado à Constituição e fundado na legalidade democrática".

O colectivo de juízes critica a maioria parlamentar por ter recorrido a uma figura legal que permite apenas a correcção de erros gramaticais, quando o que estava em causa eram alterações substanciais. O acórdão aponta uma "ilegítima e abusiva alteração de fundo", com recurso à utilização "indevida e lamentável de um expediente legal". Mais - "Em manifesta fraude à lei".

Publicado em Fevereiro último, o actual Código do Trabalho revogou o anterior diploma de Bagão Félix. Sem ressalvar as sanções na área da segurança, higiene e saúde no trabalho, que também não ficaram contempladas na nova legislação. Identificada a omissão, o PS avançou no Parlamento com uma correcção ao diploma, invocando uma leitura "abrangente" da figura da rectificação - que de acordo com o texto da lei, só pode ser usada para corrigir erros gramaticais ou de cálculo. Uma decisão (criticada por toda a oposição) que o acórdão vem agora qualificar como uma "inexistência jurídica". Pelo menos três tribunais de primeira instância já proferiram decisões no mesmo sentido.

O citado acórdão da Relação da Évora resulta de um recurso do Ministério Público, que pediu a reforma de uma decisão anterior do mesmo tribunal, proferida em Março - antes da publicação em Diário da República da rectificação. Foi esta decisão inicial que ditou a anulação de coimas aplicadas pela IGT, de valor superior a 11 mil euros. Em causa estava a violação das obrigações do empregador em matéria de segurança (uma contra-ordenação muito grave), num acidente de que resultou a morte de um trabalhador.

A Relação considerou então que "não há hoje disposição legal em vigor que tipifique a conduta como contra-ordenação". E acrescentava: "Ainda que se admita tratar-se de lapso no processo legislativo, dada a relevância que assume a matéria da segurança e saúde no trabalho, cumprirá aos responsáveis políticos, e não aos tribunais, assumirem a falha e suprirem a omissão". O Ministério Público pediu então a reforma do acórdão. Mas na segunda decisão, já com a rectificação publicada, e face ao não reconhecimento da alteração, os juízes acabaram por confirmar a decisão inicial.

D.N. - 09.05.09

08/05/2009

Responsável da TF1 despedido por criticar projecto de lei de Sarkozy

Um responsável da cadeia de televisão francesa TF1 foi despedido por criticar um projecto de lei sobre protecção de direitos na Internet. A saída de Jérôme Bourreau da estação privada provocou a indignação dos sindicatos.

Responsável pelos centros de inovação do site da TF1, Jérôme Bourreau, de 31 anos, foi despedido devido a "fortes divergências com a estratégia da cadeia, cujo principal accionista, Martin Bouygues, é muito próximo do Presidente Nicolas Sarkozy", avança o jornal francês Libération, que cita o responsável da estação agora despedido.

De acordo com o Libération, Bourreau enviou uma mensagem a um deputado a criticar alguns aspectos do projecto de lei, nomeadamente o corte no acesso à Internet a utilizadores que fizerem downloads ou trocas de ficheiros ilegais.

No mês seguinte, foi chamado por um responsável da estação que lhe comunicou que “não tinha nenhum direito a manifestar a sua opinião” e admitiu também ter tido acesso enviado ao governante.

A 16 de Abril, Bourreau recebeu a carta de despedimento. A justificação apresentada foi a sua oposição ao projecto de lei, considerada incompatível com os interesses do grupo TF1.
SIC - 08.05.09

Trabalhadores da Papelaria Fernandes com salários em atraso

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