À procura de textos e pretextos, e dos seus contextos.

18/04/2011

Un air de révolte

Leila Chaibi

 
" Je suis de la génération sans rémunération… C’est déjà une chance de pouvoir faire des stages… Qu’est-ce que je suis conne… Quel monde si con… Où pour être esclave, il faut étudier. » C’est en écoutant cette chanson du groupe portugais Deolinda dans un bistrot de Lisbonne que Paula Gil, 26 ans, diplômée au chômage, lance avec trois copains précaires le manifeste de la « Geração a Rasca ». En français dans le texte, c’est la génération aux abois, dans la mouise, à l’arrache, fauchée, bref, c’est la génération précaire.
Les quatre compères créent aussitôt un événement Facebook : rendez-vous est pris pour le 12 mars, soit quatre semaines plus tard, pour une manifestation « pacifique, laïque et nonpartisane  », contre la précarité. En quelques jours, le buzz se met en route, et des milliers de précaires s’inscrivent en ligne.
Un groupe de musique satirique, Homens da Luta (les hommes en lutte), organise un véritable piratage de la sélection portugaise pour l’Eurovision 2011. Leur chanson « A luta é alegria » (la lutte c’est la joie), parle avec humour de la révolte joyeuse de la population face aux plans de rigueur qui l’obligent à se serrer la ceinture. D’abord repoussée par le jury de professionnels, la chanson du groupe est finalement sélectionnée par les téléspectateurs grâce à un bombardage massif de votes par SMS. Ce tube permettra de populariser la révolte des précaires portugais.
Dans les médias nationaux, il est question partout de ces précaires, diplômés ou non, jeunes et moins jeunes, qui enchaînent les sous-contrats de travail en stage ou en recibos verdes (travailleurs considérés comme indépendants), gagnent 500 euros par mois et sont privés de protection sociale.
Et finalement, le jour J, 60 000 internautes ont cliqué sur la page de l’événement Facebook. Ce samedi 12 mars, le Portugal connaît sa plus grosse manifestation depuis la révolution des oeillets de 1974, 300 000 personnes envahissent les rues.
J’étais à Lisbonne ce jour-là et je vous assure qu’il y avait une folle ambiance, avec des airs de révolte improvisée, intergénérationnelle, fraîche et spontanée. Dans la foule, on croisait un bon paquet d’abstentionnistes qui avaient pour la première fois décidé d’exprimer publiquement et collectivement leur ras-le-bol de la précarité. Chacun avait bricolé pour l’occasion sa petite pancarte ou sa banderole, à côté desquelles les rares drapeaux imprimés des organisations syndicales paraissaient bien fades. En fin de manif, les Homens da Luta, sur leur char, ont été accueillis en triomphe.
Je suis rentrée de Lisbonne avec une certitude dans mes bagages : ce n’est pas en utilisant les leviers traditionnels du mouvement ouvrier qu’on parviendra à mobiliser les millions de chômeurs et de travailleurs précaires qui ne mettent jamais les pieds dans les manifs.
Je ne crois pas pour autant qu’il existe une méthode miracle. Mais pour rendre hommage à la Geração a Rasca et, qui sait, en prendre de la graine, pourquoi ne pas s’impliquer cette année dans la cérémonie ringarde qu’est l’Eurovision, en appelant tous les précaires à voter et à soutenir les Portugais ?

http://www.regards.fr/nos-regards/leila-chaibi/un-air-de-revolte

MENOS INSCRITOS, MAIS DESEMPREGADOS

Segundo o IEFP o desemprego registado no fim de Março de 2011 ascendia a 551.861 pessoas, tendo diminuído 3,5% face ao mês homólogo e 0,7% face ao mês anterior.
Estes dados não espelham, contudo, a realidade do desemprego no nosso país nem as dificuldades com que milhares de desempregados e suas famílias se confrontam todos os dias por terem perdido os seus postos de trabalho.
É preciso ter presente que, só no espaço de 1 ano, cerca de 71 mil desempregados deixaram de receber o respectivo subsídio. Tal facto constitui um desincentivo para a não inscrição nos centros de emprego de um número cada vez maior de desempregados, estejam eles à procura do primeiro ou de um novo emprego.
Na prática, menos inscritos acabam por corresponder a mais desempregados.
Por outro lado o número de ofertas divulgadas pelos Centros de Emprego está a diminuir. Em Março, o número de ofertas de emprego entradas ao longo do mês foi inferior em quase 2 mil (-18%) ao verificado há um ano, representando apenas 16% dos desempregados inscritos ao longo do mês. As colocações efectuadas diminuíram 3% face ao mês homólogo.
Entretanto, o desconhecimento do número de desempregados ocupados em políticas activas de emprego impede uma correcta avaliação do nível real de desemprego a partir dos dados do IEFP. A CGTP-IN insiste na necessidade de cumprir a Circular Normativa nº 26/2010 do IEFP, datada de 17/11/2010, que manda registar, a partir de 2011, os inscritos participantes em políticas activas de emprego em quatro categorias: ocupados em actividade de trabalho socialmente necessário; ocupados em formação profissional; ocupados em estágio profissional; ocupados em outra medida activa de emprego.
Mais do que fazer declarações de ocasião para tentar esconder a dimensão do problema é preciso que o Governo esclareça como é que vai combater o flagelo do desemprego e resolver, designadamente, a situação dos 255 mil desempregados que, apesar de inscritos nos Centros de Emprego, não recebem qualquer subsidio.
Isto num quadro em que o Banco de Portugal e o próprio Governo perspectivam a recessão económica e o agravamento do desemprego, nomeadamente este ano, em consequência das políticas erradas que, de PEC em PEC, estão a arruinar a economia do país, a destruir empregos, a aumentar a pobreza e a pôr em causa a soberania nacional.
Para a CGTP-IN é necessário e urgente uma nova política que, para além de assegurar a redução do défice num período dilatado de tempo, garanta um crescimento económico sustentado no aumento da produção nacional, na criação de mais e melhor emprego, na melhoria do poder de compra dos salários e das pensões, no combate ao desemprego e à precariedade e na manutenção e reforço da protecção social para todos.
DIF/CGTP-IN
Lisboa, 18.04.2011 

http://cgtp.pt//index.php?option=com_content&task=view&id=2048&Itemid=1

Le Portugal entre dans la nasse du plan de sauvetage

Les représentants de l'Union européenne et du FMI entament ce lundi à Lisbonne des négociations politiques avec les autorités portugaises pour définir le montant, et surtout les conditions, d'un plan de sauvetage financier qui doit être conclu d'ici la mi-mai.
Après les évaluations "techniques" menées la semaine dernière par des experts de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fond monétaire international (FMI), leurs chefs de mission entrent en scène pour aborder le vif du sujet avec le gouvernement démissionnaire portugais. Ces discussions se tiendront "dans la discrétion" et pourraient durer une semaine, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la délégation de la Commission européenne au Portugal.
Les Allemands Jürgen Kröger et Rasmus Rüffer seront respectivement à la tête des délégations de la Commission et de la BCE, tandis que la mission du FMI sera dirigée par le Danois Poul Thomsen, qui a déjà joué ce rôle en Grèce il y a un an. Côté portugais, le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos et le ministre porte-parole du gouvernement Pedro Silva Pereira se partageront la "double tâche" de conduire les négociations et de tenir les partis d'opposition au courant de leur progrès, a précisé M. Socrates.
  • Le gouvernement socialiste et l'opposition de droite s'entendent sur l'austérité
Le gouvernement socialiste et l'opposition ont convenu mercredi dernier d'ouvrir des négociations discrètes en vue d'un compromis politique, qui permette au Portugal de s'engager sur le futur programme d'austérité "indépendamment du résultat des élections", selon M. Silva Pereira.Le chef de l'opposition de centre-droit et favori des sondages, Pedro Passos Coelho, a réaffirmé qu'il était prêt à soutenir les efforts du gouvernement, tout en réclamant une "mise à plat" préalable de la situation financière du pays, plombé en 2010 par un déficit public de 8,6% du PIB et une dette de 159,5 milliards d'euros (92,4% du PIB).
La démission de M. Socrates, dont le gouvernement minoritaire a été désavoué par le rejet au Parlement d'un nouveau plan d'austérité, a plongé le pays dans une crise politique qui a accentué la pression des marchés financiers, inquiets pour sa solvabilité.
  • Aide contre programme d'ajustement
L'Union européenne comme le FMI se sont déjà dits prêts à aider le Portugal, mais à la stricte condition que Lisbonne adopte d'ici la mi-mai un "programme d'ajustement" qui devra impliquer "les principaux partis politiques", en raison des élections législatives anticipées qui se tiendront le 5 juin. Ce plan d'aide, d'un montant estimé à environ 80 milliards d'euros par le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn, sera assorti de mesures d'austérité "ambitieuses" et d'une politique de "croissance et compétitivité" alliant réformes structurelles et privatisations.
La conclusion d'un accord d'ici la mi-mai est crucial pour le Portugal, qui doit rembourser le 15 juin près de 5 milliards de dette. Dans ce contexte, l'Etat testera à nouveau les marchés mercredi, pour tenter de lever 750 millions à un milliard d'euros à court terme.
A lire: "Un choix qui mène à la récession". Entretien avec l'économiste et ancien député communiste Eugenio Rosa

http://www.humanite.fr/17_04_2011-le-portugal-entre-dans-la-nasse-du-plan-de-sauvetage-470306

Frontex, la petite muette

Claire Rodier

Le projet européen a pu apparaître comme un rempart aux excès sécuritaires et xénophobes des politiques nationales. Pourtant, en matière d’immigration, le processus d’élaboration de règles communes se caractérise par un nivellement par le bas : fermeture des frontières, criminalisation de l’immigration, application restrictive du droit d’asile. Depuis 2004, l’Union s’est d’ailleurs dotée d’un bras armé pour exécuter ses basses œuvres en matière de répression des migrants aux frontières : l’agence Frontex.
De l’agence Frontex (agence européenne pour la gestion de la coopération aux frontières extérieures), on connaît surtout les interceptions maritimes qu’elle pratique aux frontières sud et sud-est de l’Europe pour empêcher les barques de migrants d’arriver sur les côtes espagnoles, italiennes ou grecques [1]. On sait aussi qu’elle fournit aux États membres de l’Union européenne (UE) l’appui nécessaire pour organiser des « opérations de retour conjointes » de migrants, autrement dit des charters d’expulsés. Depuis la fin de l’année 2010, on a vu qu’elle pouvait mobiliser en quelques jours plusieurs centaines de garde-frontières pour sécuriser une zone : sous le contrôle de Frontex, des équipes d’intervention rapide aux frontières (RApid Border Intervention Teams, RABITS) sont venues, à la demande de la Grèce qui se jugeait débordée par l’« afflux massif » de migrants, apporter une « assistance technique et opérationnelle renforcée » à la frontière gréco-turque.
On a beaucoup moins d’informations sur deux autres missions de Frontex : d’une part le travail de renseignement, en vue de la production d’« analyses de risques » (il faut comprendre : de risques migratoires), elles-mêmes destinées à orienter le choix de ses interventions pour la protection des frontières européennes ; d’autre part la collaboration avec les forces d’intervention de pays non européens via la négociation d’accords techniques. L’une et l’autre jouent pourtant un rôle déterminant dans la « guerre aux migrants » dans laquelle l’UE est engagée depuis une dizaine d’années. La métaphore belliqueuse n’est pas exagérée, non seulement parce que cette guerre a déjà fait de nombreuses victimes [2], mais aussi au regard des moyens logistiques dont dispose Frontex, de ses modes d’intervention et de son organisation.
Devenue la cible des activistes européens (un blog a pris le nom de Frontexplode [3], et le réseau Indymedia diffuse un powerpoint qui présente les activités de Frontex comme un état-major de guerre présenterait son programme d’interventions [4]), l’agence n’est sans doute pas l’« organisation militaire quasi-clandestine », dont parle Jean Ziegler [5], mais il faut reconnaître que sa capacité à mobiliser des troupes et ses méthodes de déploiement sur les frontières sensibles évoque celles d’une armée légère. Son commandement est d’ailleurs placé, depuis sa création en 2004, entre les mains d’un général de brigade finlandais qui a commencé sa carrière dans le corps des garde-frontières.
Pour conduire ses missions, Frontex n’a pas d’équipement propre, mais s’appuie sur les ressources humaines et matérielles qui sont fournies par les États membres, sur la base du volontariat. En février 2010, Frontex disposait de vingt-six hélicoptères, vingt-deux avions légers et cent treize navires, ainsi que de quatre cent soixante-seize appareils techniques utilisés pour lutter contre l’immigration « clandestine » : radars mobiles, caméras thermiques, sondes mesurant le taux de gaz carbonique émis, détecteurs de battements de cœur, radar PMMW (Passive Millimetric Wave Imager), etc. Ces équipements, qui sont basés dans différents pays de l’UE, sont mis à la disposition de l’État membre qui en fait la demande. Ils permettent à l’agence de conduire des interventions de grande ampleur : l’opération Poséidon, à laquelle vingt-et-un États membres ont participé en 2009 a mobilisé vingt-trois navires pour, au total, plus de onze mille heures de patrouille, ainsi que six avions et quatre hélicoptères pour huit cent deux heures de patrouille [6].

silences

Des caractéristiques d’une armée, Frontex a retenu la culture du silence. Certes, son rapport d’activités est publié chaque année avec force photos, chiffres, tableaux et graphiques destinés à démontrer son efficacité. Mais on ne tire guère d’informations précises de cette avalanche. Par exemple, quand Frontex informe qu’en 2009, elle a « rassemblé et analysé 165 700 détections de franchissements illégaux de frontières, 251 000 détections de situations de séjour irrégulier, 9 500 porteurs de faux documents et 6 600 passeurs », on ne sait rien de la localisation de ces « détections », de la nationalité ni du statut des personnes qui en ont été l’objet — y avait-il des demandeurs d’asile parmi elles ? — ni du sort qui leur a été réservé (arrêtées ? détenues ? refoulées ?). On n’a aucune idée non plus des critères utilisés par Frontex pour désigner quelqu’un comme « passeur » (est-ce sur information policière ? après condamnation pénale ?). Et si, comme c’est probable, les données sur lesquelles Frontex travaille lui sont fournies par les États membres de l’UE, aucun guide commun, aucun « mode d’emploi » n’indique qu’elles ont été collectées de la même façon. Enfin, Frontex ne dit rien sur les résultats des analyses qu’elle a pu réaliser à partir de ces données. Sans doute parce qu’elle veut prendre l’ennemi par surprise ?
De la même façon, Frontex se félicite, dans son rapport 2006, que ses experts aient pu identifier « 100 % des migrants clandestins » arrivés aux îles Canaries depuis la côte ouest-africaine, et placés dans des centres de détention. Elle ajoute : « grâce aux informations recueillies lors des entretiens, il a été possible d’interpeller plusieurs passeurs, essentiellement au Sénégal, et d’éviter le départ de plus d’un millier de personnes ». Mais aucune donnée complémentaire ne vient étayer son raisonnement. Sur quelles bases est calculé ce chiffre d’un millier de personnes dont le départ aurait ainsi été évité ? Pourquoi des boat people ayant accompli avec succès la traversée jusqu’à l’Europe auraient-ils fourni les moyens d’identifier ceux qui les avaient aidés à partir, et pourraient encore permettre à leurs frères ou leurs cousins de les rejoindre ? Combien, parmi ce « millier de personnes » supposées avoir été empêchées de quitter le Sénégal, auraient pu prétendre à une protection internationale si elles avaient pu rejoindre l’Espagne ? Accessoirement, on peut également se demander quelles techniques d’interrogatoire ont été utilisées pour obtenir ce résultat performant de « 100 % » de réussite…

une diplomatie opaque

Silencieuse, Frontex l’est aussi sur ses relations extérieures. Elle développe pourtant, depuis sa création, une collaboration suivie avec des pays non membres de l’UE. Sont concernés, en Europe, les pays des Balkans, ainsi que la Biélorussie, la Moldavie, l’Ukraine, la Russie et la Géorgie. Hors Europe, des accords ont été passés avec les États-Unis et plusieurs sont en cours de négociation au sud, avec notamment le Cap Vert, la Mauritanie, la Libye, l’Égypte, le Sénégal. L’énumération est parlante : hormis les États-Unis, elle dessine le cordon sanitaire dont l’UE cherche à s’entourer pour protéger ses frontières. Sur la base de ces accords de travail, se met en place une coopération étroite avec des pays tiers d’où viennent ou par où transitent des migrants. Sous couvert d’assistance technique, cette coopération s’inscrit dans le cadre de l’externalisation des contrôles migratoires, au détriment du respect des droits des migrants. Car en déléguant la compétence de ces contrôles aux fonctionnaires d’États qui ne sont pas encadrés par les mêmes obligations que les pays européens en matière de droits fondamentaux, le dispositif prévu fait courir des risques de violations des droits délocalisées : outre le droit à circuler et le droit d’asile, on pense aux risques de traitements inhumains et dégradants notamment dans les opérations d’arrestations massives, de déportations et de détentions. L’expérience prouve que ces craintes sont loin d’être théoriques : à l’issue d’une enquête menée sur le traitement des migrants en Ukraine en 2010, l’organisation Human Rights Watch rapporte que « les migrants et les demandeurs d’asile, notamment les enfants, courent le risque de subir des traitements abusifs et la détention arbitraire aux mains de la police et des garde-frontières ukrainiens », en déplorant que « les États de l’UE renvoient les gens en Ukraine où ils subissent des exactions  » [7].
On ne sait quasiment rien des accords conclus par Frontex, sinon qu’ils ne respectent pas les règles applicables pour la conclusion de traités internationaux, pas plus que celles de l’UE dont la procédure de négociation prévoit l’intervention de la Commission, du Conseil, du Parlement et éventuellement de la Cour de Justice. Aucune de ces instances n’est impliquée lorsque Frontex négocie des accords extérieurs, ceci s’expliquant, selon son directeur, par le fait que l’agence n’établirait pas de partenariat avec un pays tiers ou un gouvernement, mais avec les autorités de contrôle aux frontières de ce pays tiers [8]. Raisonnement spécieux, qui laisse beaucoup de questions dans l’ombre, relatives notamment au cadre légal applicable. Par exemple, qui répond des engagements Frontex ? Sont-ils opposables aux États membres, à l’Union européenne, aux pays tiers ? Qui peut les invoquer ? Des questions que le Parlement européen s’est posées en demandant, dans une résolution du 18 décembre 2008, « un renforcement du contrôle démocratique de Frontex par le Parlement [et en invitant] Frontex à informer le Parlement des négociations visant à conclure des accords avec les pays tiers » [9]. À ce jour, et alors qu’une réforme de Frontex a été proposée par la Commission européenne en 2010, il n’a pas été entendu.

auto-contrôle pour des pouvoirs accrus

En principe, une armée est sous l’autorité d’un État, qui en contrôle et en commande les opérations. Avec Frontex, les choses ne sont pas si simples : dotée de la personnalité juridique, distincte de l’UE et des États membres, l’agence est dans le même temps institutionnellement reliée aux organes de l’UE comme des États. Alors qu’elle n’est censée être qu’un organe de coopération et de coordination, l’étendue de ses compétences à toutes les étapes de la chaîne des opérations lui en confie de fait la maîtrise. C’est ainsi qu’aujourd’hui Frontex peut d’elle-même prendre l’initiative d’opérations conjointes et de projets pilotes à mener en coopération avec les États membres, décider du déploiement de ressources humaines et d’équipements techniques et du financement des opérations conjointes, et procéder à ses propres recueils de données individuelles dans le cadre de ces opérations. Dans le projet de réforme de l’agence qui devrait être adoptée en 2011, elle se verra en outre confier le soin d’évaluer les résultats des opérations conjointes et de projets pilotes. Un mécanisme d’auto-contrôle qui ne rend Frontex comptable de ses actes que devant elle-même, dans une totale absence de transparence. Car ni les modalités de mise en place d’opérations conjointes (définition d’un plan opérationnel, aspects organisationnels tels que les notifications d’incidents et les exigences spécifiques aux opérations en mer), ni, comme on l’a vu, les rapports entre Frontex et les États tiers avec lesquels elle coopère, ne font l’objet d’information du Parlement européen.Le flou entretenu entre indépendance et contrôle conduit inévitablement à une dilution des responsabilités. Alors que l’agence jouit d’une quasi-totale autonomie pour décider de lancer ou d’interrompre des opérations de contrôle aux frontières, les agents qui y participent restent « soumis aux mesures disciplinaires de leur État membre d’origine », dit le règlement de Frontex. Un montage qui semble organisé pour conforter le déni de responsabilité en renvoyant sur les fonctionnaires nationaux et les États membres celle qui découlerait d’éventuels dysfonctionnements. Cette sorte de blanc-seing, qui permettait récemment au directeur de Frontex d’affirmer : « en ce qui concerne les droits fondamentaux, Frontex n’est pas responsable des décisions en la matière. Celles-ci relèvent de la responsabilité des États membres », est d’autant plus préoccupante que le projet de réforme de l’agence vise à augmenter ses prérogatives dans de nombreux domaines. Or Frontex n’est pas inoffensive (voir encadré sur les charters d’expulsion). Mais telle est sa fonction : jouer le rôle de parapluie pour les États membres, en privilégiant la fermeté de la lutte contre l’immigration dite « clandestine » sur l’obligation qui incombe pourtant aux membres des équipes coordonnées par l’agence, aux termes de son règlement, « de s’acquitter de leurs tâches dans le plein respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine ».

les charters d’expulsion de Frontex

En 2006, pour la première fois, Frontex a mis sur pied une « opération de retour commune », autrement dit un charter collectif. En 2007, elle organisait quinze opérations pour quatre cent ving-huit expulsés, et en 2009 trente-deux opérations pour mille six cent ving-deux expulsés (source Frontex, février 2011). Depuis 2010, l’agence a la capacité pour affréter ses propres avions charters. Ces opérations — visant à renvoyer dans leur pays d’origine des personnes contre leur gré — sont souvent sources de violences. Pour chacune d’entre elles, plusieurs États membres sont impliqués, en conséquence certains avions sont amenés à faire des arrêts dans plusieurs aéroports européens. Il est rare de pouvoir recouper des informations sur leur déroulement, puisque les personnes sont éloignées de force et qu’on ne connaît généralement pas le sort qui leur est réservé à l’arrivée. Il est donc difficile d’établir ou de maintenir avec elles un contact. Cependant, régulièrement, certains expulsés rapportent les humiliations, les insultes, l’agressivité, les coups jusqu’au tabassage qu’ils ont dû subir durant les tentatives d’embarquement. Ces sévices mènent les étrangers rencontrés à vivre dans une profonde angoisse : jambes sanglées et poignets menottés, la bouche parfois recouverte pour empêcher la personne de parler ou hurler, quand ce n’est pas l’usage de sprays paralysants qui empêche de crier [1].Des témoignages d’étrangers expulsés restés en contact avec des amis en Europe, qui font état de mauvais traitements subis lors de vols groupés coordonnées par Frontex, ont été mis en ligne sur des sites militants [2]. L’un d’eux relate les circonstances d’une expulsion dans un vol groupé le 3 février 2010, depuis la Grande-Bretagne vers le Nigéria. Le narrateur raconte qu’il a été transféré en bus, avec d’autres personnes, depuis le centre de rétention de Tinsley House pour gagner l’aéroport, il y est resté de 11 heures à 18 heures, sans pouvoir sortir du véhicule, avec interdiction de se lever, chaque détenu étant escorté par deux agents de sécurité, avant d’embarquer dans l’avion. Selon lui, « des enfants pleuraient (…) en voyant la façon dont leurs parents étaient traités. [Des] mineurs séparés de leurs parents portaient la tristesse sur leur visage. » Il ajoute qu’à l’escale de Madrid, « beaucoup de personnes ont été maltraitées, (…) les détenus étaient insultés, la police les agressait verbalement et les battait ». Lors d’une autre expulsion le 10 mars 2010, un témoin raconte qu’il a été embarqué à l’aéroport de Schiphol : les policiers lui ont mis des menottes aux mains et l’ont entravé avec un « bodycuff » à la taille. À l’aéroport, ils lui ont aussi attaché les pieds et l’ont ensuite expulsé dans un avion privé pour Paris avec une escorte de trois policiers et un médecin. Entre les escales et les temps d’attente, le voyage entre Amsterdam et Lagos a au total duré presque 24 heures. À Lagos, on l’a sorti de l’avion sans lui remettre de certificat médical ni lui donner de médicaments comme cela avait été promis à son avocat au départ.
Claire Rodier est membre du Gisti gisti.org et du réseau Migreurop migreurop.org
[1] Claire Rodier, « Frontex, l’agence tout risque », Plein Droit, décembre 2010.
[2] Emmanuel Blanchard, Anne-Sophie Wender (coord.), Guerre aux migrants. Le livre noir de Ceuta et Melilla, Syllepse, 2007.
[5] Jean Ziegler, « Réfugiés de la faim », Le Monde diplomatique, mars 2008.
[6] Frontex, rapport 2009.
[7] Human Rights Watch, Buffeted in the Borderland : The Treatment of Asylum Seekers and Migrants in Ukraine, décembre 2010.
[8] C’est ce qui ressort des propos d’Ilkka Laitinen, directeur exécutif de l’agence, interrogé dans le cadre de l’enquête parlementaire menée par la House of Lords britannique pour le rapport « Frontex, the EU external borders agency », 5 mars 2008.
[9] Parlement européen, Résolution sur l’évaluation et le développement futur de l’agence Frontex et du système européen de surveillance des frontières Eurosur, 18 décembre 2008 (2008/2157(INI).
[1] L’Institute of Race Relations (IRR) a recensé trente-huit cas de décès de migrants ou demandeurs d’asile survenus entre janvier 2009 et juin 2010, dans l’Union européenne, en Suisse et en Norvège. Cf. IRR (2010), Accelerated removals : a study of the human cost of EU deportation policies, 2009-2010, 29 p. Cf. http://www.irr.org.uk/pdf2/ERA_BriefingPaper4.pdf.

http://www.vacarme.org/article2015.html

A dignidade nas nossas mãos

Honório Novo

Hoje apetece contar a história de um povo que não se deixou vergar. Na Islândia houve dois referendos quase seguidos que rejeitaram o pagamento de uma (pretensa) dívida do país a bancos holandeses e ingleses. Vamos lá aos detalhes. Um banco privado captava depósitos e prometia pagar juros muito acima do "normal do mercado" (no BPP e no BPN também faziam isso...). À boleia deste "paraíso", captou mais de 4 mil milhões de euros de ingleses e holandeses. Para resolver o ("pequeno") problema de pagar juros tão altos, a criatividade especulativa islandesa (como a dos congéneres gestores do BPP e do BPN), aplicava os depósitos em "produtos de alto risco" sem qualquer sustentação na economia. O resto da história é conhecido: a espiral especulativa atingiu o abismo, a crise surgiu (como se fosse um acaso...), o tal banco deixou de pagar os juros mirabolantes, o valor do dinheiro "investido" nos produtos "altamente rentáveis" passou a ser ... zero! E o banco privado islandês entrou em insolvência...
Perante a falência, entram em cena bancos holandeses e ingleses que liquidam os depósitos dos seus nacionais clientes do "eldorado islandês", combinando com o Governo islandês que este devolveria "o empréstimo"!
Encerrado o banco e conhecida a marosca, foram todos condenados a prisão efectiva, gestores e governantes cúmplices (parece Portugal...). Faltavam os quatro mil milhões pedidos pelos bancos. É aqui que entra o povo, dizendo ao seu governo e aos bancos estrangeiros que não era a Islândia nem o seu povo que deviam dinheiro. Apesar da pressão, apesar das ameaças de bloquearem a sua adesão à UE, o povo islandês encontrou uma solução, não se vergou.
Está também nas nossas mãos levantar a cabeça e dizer não à ingerência e rejeitar a submissão.

http://www.jn.pt/Opiniao/default.aspx?content_id=1832817&opiniao=Hon%F3rio%20Novo

O estado a que Portugal chegou, porque chegou a ele, e como sair dele (1ª Parte)

Eugénio Rosa

Numa altura que Portugal vive a crise mais grave depois do 25 de Abril, em que está em curso uma gigantesca operação de manipulação da opinião pública, levada a cabo pelo governo, pela direita, e pelos comentadores que têm acesso privilegiado aos grandes media, para levar os portugueses a pensar que existe apenas uma “solução” – a dos PEC´s e agora a da U.E., BCE e FMI- que devem aceitar e resignar-se, é fundamental mostrar que existe uma alternativa que, para ser mobilizadora, terá de ser global, coerente, consistente e exequível, não podendo se limitar a meras palavras de ordem, ou a propostas ou reivindicações isoladas ou desarticuladas. Mas para isso é necessário saber como se chegou e porque se chegou à actual situação. - O ESTADO A QUE PORTUGAL CHEGOU E POR QUE CHEGOU A ELE

http://www.eugeniorosa.com/Page/1050/%C3%9ALTIMO-ESTUDO.aspx

17/04/2011

It's the (German) Banks, Stupid!

Yanis Varoufakis

Or what's behind Germany's hesitant statements on Greek debt restructuring, Ireland's move against subordinated bondholders, and the ECB's stance on interest rates. . . .
Europe is at it again, trying to pretend that it has stemmed the tide of insolvency through its program of lending huge amounts of money (at high interest rates) to . . . insolvent member-states.  The official line, currently, is that the rot has stopped with Lisbon.  As at the advent of the EU-IMF €110 billion loan to Greece (almost a year ago, in conjunction with a nominal €750 billion fund, the European Financial Stability Facility, standing by for other fiscally stricken countries), which was meant to ring-fence the rest of the eurozone, inhibiting contagion from Athens, now we are being asked to hope (against hope) that Spain has "decoupled."  It has done no such thing.  As long as the banking crisis is left alone to fester, contagion will be unstoppable.
For a year now many of us have been arguing that, to paraphrase good old Bill Clinton, It is the banks, stupid!  Having started in their guts in 2008, the crisis spread to the sovereign debt realm and then returned more viciously to where it had started: the banks.  The result is that Europe's zombified banks are now great black holes that absorb much of Europe's economic energy (from the surpluses produced in giants like Germany to the loans taken out by struggling minnows, like Greece and Portugal).  Quite remarkably, while the insolvent states are visited upon by stern IMF and EU officials, constantly reviled by the "serious" press for their "profligacy" and "wayward" fiscal stance, the banks go on receiving ECB liquidity and state funding (plus guarantees) with no strings attached.  No memoranda, no conditionalities, nothing.
This is not to say, of course, that the powers that be do not discuss the banking catastrophe.  I am sure that they are talking about little else.  Only they do so in secret, behind closed doors, struggling to find a solution to the Great Banking Conundrum behind the European people's backs and away from the spotlight of publicity.  Their deliberations are now in a new phase, taking their cue from the Greek debt crisis.  Lest I be misunderstood, the Greek crisis, however monstrous by Greek standards, is in itself no more than an annoyance for Europe's surplus countries.  A gross sum of €200 to €300 billion could be restructured quite easily or at least dealt with somehow.  Its significance lies in the opportunity it offers Germany to revisit the European banking disaster in its entirety.  The Greek debt restructure, with its repercussions on Europe's banks, is a useful case study; a dress rehearsal; an excuse to begin the process of taking the broader Great Banking Conundrummore seriously.
So, what is the Great Banking Conundrum that Europe is now facing?  Put bluntly, Germany's banks have not been cleansed of much of the worthless toxic paper of the pre-2008 era and, on top of that, are replete with bonds issued by the now insolvent peripheral member-states.  French banks are in a similar state, with even more of an exposure to Spanish debt.  Spanish banks are fibbing about the extent of their potential losses from falling real estate prices (which need to be added to their exposure to Spanish and Portuguese sovereign debt).  Meanwhile, the ECB system is massively exposed to the totality of this combination of stressed sovereign debt and unrelenting bank losses (actual and potential).
Question: What is to be done when a currency area (such as the dollar zone, the sterling area, or, indeed, the eurozone) is saddled with a mountain of debt plus banking losses at a time of sluggish growth both internally and externally?
Answer: Make this mountain shrink through macroeconomic means.  These means fall mainly under two categories.  First, there are the blessings of mild inflation.  Allow average prices to rise, and the mountain's real value will shrink.  Secondly, effect haircuts on debts and write-offs in the case of banking losses.
In the USA as in the UK, after re-capitalizing the banks at a great cost to taxpayers, the authorities opted for both strategies at once: bank write-offs, large scale haircuts (e.g. a 90% cut into the debts of General Motors), plus quantitative easing for the purposes of pushing inflation to a modest level that will, in the long run, cut into the national debt.  In sharp contrast, Europe has not moved in either direction.  The lack of a common fiscal policy and the coordination failures that come with an ill-conceived monetary union played a central role in this dithering, but that is, I wish to argue, not the whole story.
So, what else is there, lurking in the shadows and prolonging Europe's reluctance to act decisively?  The answer, I submit, is: Germany's twin angst regarding (a) its competitive edge in Asia and (b) the state of its banks.  Germany's relative success at weathering the crisis, after its own precipitous fall in 2008, has been due to the healthy demand for its capital goods from Asia: i.e. Japan and China.  With Japan out of the picture (for reasons that were manifesting themselves even before the tsunami), China is Germany's sole source of optimism.  But China's own growth is based on the policies that Germany refused to countenance: i.e. massive infrastructural investments, which have, interestingly, suppressed the country's consumption share from 45% to 38% of GDP at a time of 10% GDP growth.
With the USA entering a period of renewed contraction, following the budget cuts agreed between President Obama and the Republican Congress, China's export growth (at least to the US) will dip.  Given the inability of its domestic sector to replace the lost aggregate demand, and in the context of an inflation rate racing ahead at 5.4% (March 2011 datum), with house prices continuing to soar at a breathtaking rate of 24%, China is heading for a recession -- one that will either be induced by the authorities or, more worryingly, simply happen spontaneously and rather brutally.  Against this backdrop, it would be unwise, and particularly anti-Lutheran, of Mr. Wolfgang Schauble, Germany's finance minister, to imagine that his country's smooth 2010 run can continue during the next few years.  The rise in the interest rates of Germany's own bonds, from 2.8% to 3.45%, surely weighs heavily on his mind.
So, back to the debt crisis and Europe's Great Banking Conundrum.  If Europe were to allow inflation gently to eat at the sovereign debt (especially of the periphery), it would make some sense to keep lending Greece, et al. until the problem fades sufficiently.  Indeed, it would be, other things being equal, equivalent to a haircut: there is, at least on paper, no difference between (a) imposing a 30% haircut in nominal values to Greece's €300 billion debt when inflation is around 1.5% to 2% and (b) imposing no haircut but allowing inflation to edge up to 2.8% to 3% for seven to eight years.  From a political viewpoint, and from the perspective of the banking sector that hates haircuts as much as Dracula hates a rising sun, option (b) would be vastly preferable to option (a).  But then again, others things are not equal!
To see what is not equal, just look at the fresh downgrade of Irish bonds.  What was the rationale?  That the austerity imposed in order to compensate for the state's support of Ireland's banks weakens the state's finances, making it necessary to bring on more austerity.  (See here for my prognostication of a similar fate for Greece.)  The implication is clear: the vicious circle is unbroken.  The EFSF lending to the Irish state is making no inroads into the crisis.  In effect, the debt mountain is rising and so are the banking losses not just of the Irish banks but of the whole eurozone.
This realization, though never acknowledged openly by the German Finance Ministry, is what lies behind the not-so-subtle change in Germany's position vis-à-vis debt restructuring.  That they only talked about Greece was merely a case of hinting at the general by focusing on the particular.  In short, the temptation to hope that the mountain of debt will shrink through mild inflation was purged by the belated realization that the crisis's dynamic is stronger than any mild inflationary process.  And in view of developments in China and the USA, Germany is now eager to consider Plan B: debt restructuring, beginning with Greece.
In the last few days, the first official mention of restructuring came from Ireland where the new government, with a fresh mandate to do all it can to shift the burdens off the weakened shoulders of the taxpayer, announced (via Ireland's finance minister Michael Noonan) a haircut of around €6 billion that would hit the banks' subordinated bonds.  Ideally, the government wanted to hit the banks' senior creditors.  In view, however, of staunch ECB resistance (in defense of those great sharks), Ireland is making a start with the medium-sized fish that have, in the past, lent money to the private banks.  As they say, the culling has to start somewhere.  First, the weakest of all (the taxpayers), secondly the second weakest (the subordinated bondholders).
Another sign that the combination of inflation and EFSF bailouts is no longer seen as a viable "solution" to the crisis is the ECB's determination to push official eurozone interest rates to about 2% by the end of the third quarter.  Do they not know that this would push the insolvent peripheral states over the edge?  Are they not aware that, for example, the interest rate reduction (on the bailout loans) that Greek PM George Papandreou so boisterously celebrated on 25th March has withered away as a result of the ECB rate hikes?  Of course they do.  But that is the point.  Whether the hapless ECB Governor, Mr. Jean-Claude Trichet, knows it or not, Germany's motivation to push for an ECB rate hike is crystal clear: to start the process of debt restructuring instead of relying on mild inflation to do the job that austerity in the peripheral countries could never do.
If I am right, though, why is Germany still not coming out with a clear statement that reflects its new mind frame?  The sad answer is: They have not yet worked out the form that the restructure will take, unsure of its costs to the German banks!
Before turning to the German banks as Germany's main concern, what of the other prospective victims of a debt restructure?  Is the German Finance Ministry not worried about Europe's pension funds, about the hedge funds, about the ECB (which is holding about €100 billion of dud peripheral bonds, the result of its bond purchase program that started in May 2010, following the Greek IMF-EU loan)?  My answer is no, no, and no.  But let me take these three no's in turn:
Pension funds: It is true that here in Greece, as elsewhere, many people worry about the costs of a restructure on pension funds.  Allow me to speculate that Mr. Schauble and Mrs. Angela Merkel do not share these worries.  If need be, they concluded long ago, pensioners will have to do with less.  What alterative do they have?  Perhaps (from Berlin's perspective) this is a good thing, as southerners will now have an incentive to retire later and to save more during their working lives.
Hedge funds: Similarly with hedge funds.  German politicians have always taken a dim view of these outfits (except when their failure brought down German banks, like IKB -- but that is another story).  In any case, Mr. Schauble (I have it on good authority) thinks that hedge funds are not likely to lose much from a debt restructure at this juncture because over the past year (after the Greek crisis erupted) they managed to de-leverage considerably.
ECB: It is clear that Europe's Central Bank is vehemently opposing a debt restructure for a number of reasons.  One is that since last May it has purchased close to €100 billion of peripheral sovereign bonds and, thus, worried about its own books in case of a haircut.  Another is that bankers do not like haircuts; it is in their nature to resist it.  A third reason, the most powerful of the three, is that the ECB is already cross with European politicians because it feels the strain of drip-feeding the banks with huge amounts of liquidity.  A haircut, the ECB feels, will increase this dependency.  Does Germany not share these fears?  It does, but, according to my understanding of the consensus in the German Finance Ministry, Germany's economic strategists are beginning to fear the effects of the crisis more.  In the final analysis, (they seem to think), the ECB's position can be bolstered fairly easily if push comes to shove.
So, the only thing stopping Germany from announcing here and now a wholesale debt restructure is the banks.  Thus my term the Great Banking Conundrum.  The reason why banks are such a large problem is that they have their tentacles everywhere.  Their profit is theirs to enjoy but their bankruptcy is everyone's loss.  Unable to cash in their "assets" at a time of crisis, i.e. to retrieve their loans from their debtors (homeowners, businesses, governments), if they are forced to come clean regarding the true value of these assets, bank insolvency looms.  So, Europe is not forcing serious stress tests upon them.
In other words, the reason the German government remains undecided on the Greek debt is that it is still struggling to compute the losses to German banks from a restructure of Greek, Irish, and Portuguese sovereign debt.  There are two issues here: First, it is simply impossible to calculate the knock-on effects.  For instance, while we know almost to the last euro the exposure of European banks to peripheral debt (here is a great interactive guide), it is impossible to predict precisely how, say, a 50% haircut of that debt will reverberate throughout a financial system whose opacity and inter-connectivity is notorious.  A recent figure that was given to me confidentially, by a well-known German banker, is that a 50% haircut on EU peripheral debt would translate into an extra €850 billion of fresh capital that would need to be put into French and German banks alone to compensate them for the losses they will end up incurring.
Secondly, there is an international dimension that an export-oriented country like Germany cannot afford to ignore.  For example, many of these bonds are owned by non-European banks.  If they lose a lot of money, these losses can trigger another round of government infusions (in places like Japan, China, Korea, etc.), which may affect local investment in projects that would otherwise require German capital goods.  What is the likely magnitude of this problem?  The Bank for International Settlements tells us that the total exposure of non-EU banks to Greek, Irish, and Portuguese debt is a mere $363 billion.  This is peanuts, by the standards of the 2008-11 crisis.  But then again it does not take into consideration (a) the amounts owed to UK banks and (b) the more-than-likely Spanish sovereign troubles.
In view of the serious problems that a horizontal debt restructure would cause to Germany' banks and to its external trade relations, the German Ministry of Finance is therefore reluctant to come out, once and for all, in favor of a debt restructure.  On the one hand, they have concluded that it is inevitable.  On the other, they know it will bring huge costs to bear upon primarily Germany's own banks but also, and this is equally daunting, its export sector.  The result is a new round of . . . dithering.
Epilogue
Germany is experiencing a surge in self-confidence which, paradoxically, comes hand-in-hand with a realization that its current good fortunes may be on borrowed time.  For a year now, Berlin kept hoping that the euro crisis would, given sufficient time, go away of its own accord.  Mild inflation played a major role in that dream of gradual recovery.  However, the complete and utter failure to end the debt crisis by means of austerity-plus-loans in the European periphery has caused the German Finance Ministry to conclude that there is no way of avoiding Plan B: a debt re-structure.  Alas, the Great Banking Conundrum is causing much consternation, the result being more procrastination and a series of conflicting statements from the German government that, understandably, push spreads up and intensify both the debt crisis and the banking conundrum.
This is the bad news.  Is there a silver lining?  I believe so.  In our Modest Proposal Stuart Holland and I suggest a simple way out: A tranche transfer of part of the sovereign debt (which effectively restructures the Maastricht-compliant part of the debt without imposing a haircut), a selective haircut on zombie banks that rely on the ECB for liquidity (which does not affect the pension funds), plus (and this is important) the recapitalization of banks by the EFSF in a manner that allows Europe, once and for all, to cleanse its banks of worthless titles and, soon, to return them to the private sector squeaky clean and ready to do business (as opposed to their current function as the EU's black financial holes).  Ignoring the Modest Proposal or some such policy intervention, and continuing with the current, punitive bailouts instead, will lead to the worst of all possible worlds: a deterioration of the debt crisis, a further escalation of the banking crisis, and, in the end, a weakened Germany at a time when its good fortunes in Asia will be waning fast.

http://mrzine.monthlyreview.org/2011/varoufakis170411.html

Portugal perde 100 empresas por dia

INE revela que em 2009 fecharam 36 250 empresas. Especialistas dizem que o problema se agravou.

Entre falências e abandono da actividade, encerram cem empresas por dia em Portugal. Mas se em 2009, ano em que a crise económica começou a agravar-se, fecharam 36 250 empresas, segundo um estudo do Instituto Nacional de Estatística (INE), em 2011 será pior.
"O encerramento de empresas é uma tendência que, lamentavelmente, tem vindo a acentuar-se", afirma ao DN o presidente da Confederação da Indústria Portuguesa (CIP) .

http://www.dn.pt/inicio/economia/interior.aspx?content_id=1832289
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